‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse Le ClercChapitre 52 sur 70 · REMARQUES SUR LES MÉMOIRES DE NICÉRON · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LES MÉMOIRES DE NICÉRON

de répliquer, et, pour le faire avec plus de force et de solidité, il eut encore recours à M. Le Clerc (1). La nouvelle critique parut sous ce titre : « Seconde Lettre de Dom P. Le Richoulx de Norias à un de ses confrères sur la Bibliothèque historique et critique des auteurs de la Congrégation de Saint-Maur, composée par Dom Philippe Le Cerf de la Viéville, etc., Orléans, 1727 » (2). Elle contient les nouvelles Remarques communiquées par M. Le Clerc; mais, au jugement de celui-ci, elle a, comme la précédente, le défaut de n'être pas écrite « dans un style assez serré » (Lettre à Bouhier, du 23 décembre 1727).

La même année 1727 vit paraître les premiers volumes des Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la République des Lettres, par le P. Nicéron, Barnabite. Ce fut un nouveau champ ouvert à la critique de M. Le Clerc, un nouvel élément fourni à sa correspondance avec ses amis de Dijon. Il écrit, en effet, au Président Bouhier le 16 août 1727 :

« Le dessein du P. Nicéron est beau , mais il n'est pas exécuté comme il faut. Ce Père ne me paraît pas homme à discuter, avec toute l'application et tout le discernement nécessaires , les matières qu'il embrasse. J'en ai dit ma pensée au libraire Briasson , lequel m'en avait écrit pour avoir quelques particularités touchant mon père, duquel le P. Nicéron avait dessein de donner un article dans son troisième volume. Je lui ai marqué que cet article me paraissait superflu. Il y en a un dans le dernier Moréri, et je l'ai rendu le plus exact qu'il m'a été possible... J'ai pris de là occasion de lui faire observer que son livre n'aurait pas grand' vogue tant qu'on y verrait quantité d'articles ne disant que ce que tout le monde sait , ou peut aisément trouver ailleurs ; qu'il ne devait y parler des savants très-célèbres qu'en donnant à leur sujet des particularités remarquables et peu connues, ou bien en corrigeant les fautes des Dictionnaires , Recueils ou Elogistes qui en ont parlé ; qu'il devait particulièrement s'appliquer à déterrer des gens de mérite touchant lesquels on ne trouve presque rien nulle part, et dont on est obligé

(1) Lettre de M. Perdoulx de La Perière à M. Le Clerc, du 26 juillet 1727. L'autographe porte 1721 , mais c'est évidemment un lapsus qui a causé une erreur dans le classement et fait donner la première place à cette lettre, qui devait occuper la dernière ou l'avant-dernière.

(2) Elle est analysée par D. Tassin, Hist. littèr. de la Congrégation de Saint-Maur, page 648.

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