CHAPITRE XXVI
La vocation, ou au moins l'occupation spéciale de M. Le Clerc pendant ses dernières années, semble avoir été d'écrire des Apologies. Ses Remarques sur Bayle et son Traité du Plagiat ne sont souvent, comme on l'a vu, pas autre chose. A peine avait-il achevé de composer, pour défendre la mémoire de son père, le plaidoyer dont nous venons de parler, qu'il entreprenait de soutenir la cause d'un illustre Evoque des Gaules, de Saint Fauste de Riez. La lettre suivante, du 22 mars 1736, la dernière probablement que M. Le Clerc écrivit au Président Bouhier, nous apprend quelle fut l'occasion de ce nouveau dessein :
« Je profite du départ de M"e Le Clerc pour vous assurer que mes sentiments ne diminuent point à votre égard. Ma santé est toujours chancelante et ne me permet pas de faire grand'chose. J'ai pourtant envoyé aux Journalistes de Trévoux une Lettre pour servir d'Apologie à mon père contre la Lettre de M. d'Alleman. Je me suis amusé à lire divers endroits de Y Histoire
batailles du 16 et du 18 août 1870, où il reproduit le chef-d'œuvre de M. Bogino récemment inauguré à Mars-La-Tour, et la médaille qui rappelle aux Messins les douleurs du blocus et représente le monument élevé aux victimes par les soins de la ville. Aussi M. Bellevoye a-t-il été choisi pour frapper la médaille d'or de grand module que les habitants de Metz ont offerte comme témoignage de leur reconnaissance a leur dernier Maire, l'honorable M. Bezanson, injustement révoqué par l'administration Prussienne. Nous signalerons également aux amateurs son Album des environs de Met\, magnifique collection qui parait tous les six mois. Ces belles gravures à l'eau forte pourront servir à faire davantage encore regretter aux Français le cher et beau pays qu'ils ont si malheureusement perdu.
littéraire de la France, et je ne suis pas fort content de la manière dont les auteurs, ont traité l'histoire de nos prétendus demi-Pélagiens de Provence du Ve et du vie siècle. Ils ont fort copié le Cardinal Nôris et M. de Tillemont, que j'ai réfutés dans mes Remarques sur Moréri , aux mots Cèsairc, Fauste , Florus et Fulgeuce. »
M. Le Clerc avait aussi touché la double question de la sainteté et de l'orthodoxie de Fauste de Riez dans ses Remarques critiques sur le Dictionnaire de Baylc (art. Tapper, 7°-i2°). Bayle ayant dit que Tapper « crut que Faustus Regiensis était orthodoxe, » M. Le Clerc avait prouvé que ce n'était pas là une « belle merveille, » vu que quantité de-savants et de saints l'avaient cru avant et depuis le célèbre Chancelier de l'Université de Louvain. En même temps, M. Le Clerc résolvait brièvement l'objection tirée du Décret du Pape Gélase, regrettant que l'étroit espace dans lequel il était renfermé ne lui permît pas de donner à ses preuves tout le développement dont il les savait susceptibles.
Déjà, en effet, et même bien avant l'impression des Remarques sur Moréri, M. Le Clerc avait composé la Dissertation que nous avons indiquée au chapitre IV : S. Fausli innocentia, Sanctitas et bona prœscrtim fides, contra cjus , sive antiqiws, sive neotericos, oblrectalores démons trantur. L'objet de cet écrit, suffisamment déterminé par le titre, l'est encore mieux par le petit préambule dont il est précédé : « Non hic inquirimus , dit M. Le Clerc, an Faustus calholkè per omnia senserit de gratiâ an non. Unum hoc demonsirarc jàm aggredimur , eum, sive erraverit (quod non credimus), sive non erraverit, seusa sua bond fide et prompsisse et propugnâsse ». Le travail est divisé en sept paragraphes dont voici le sommaire.
M. Le Clerc rapporte d'abord les accusations intentées par les adversaires de Fauste, soit anciens, soit modernes, et il remarque que le plus grand nombre d'entre eux parle d'après des préjugés de secte ou d'école (i). Ensuite il fait voir
(1) « Ne mirais, lot crtiditione illustres viros Fausto inaledixisse. Alii decepti sunt pseudo Gelasiauo TDccrelo; alii retn diligenier non cxpeudcrunl , vtstigiis aliorum inhérentes. Alii pr.rjudiciis et studio parti uni ocaqxiti. sentenliam
que, en suivant les règles de l'équité naturelle et de la saine critique , on ne peut rien conclure de ces témoignages , bien moins encore de celui de Maxence qui appelait aussi le saint Pape Hormisdas un hérétique et un ennemi de la vérité catholique (1), ni même de l'autorité de Saint Fulgence qui, lorsqu'il réfutait Fauste, avait évidemment sous les yeux un texte altéré de son ouvrage (2). D'autre part, Fauste soupçonné pour la première fois de Semipélagianisme trente ans après sa mort (3), a été honoré et estimé par tout ce que l'Église de France avait de célèbre et de pieux au vc siècle, et il est encore regardé comme saint même par des savants qui ne croient pas à la pureté de sa doctrine. Enfin la division même qui existe sur l'objet précis de l'accusation entre les adversaires de Fauste, achève de le justifier et de prouver Y orthodoxie ou la sainteté de sa personne.
Tel est le résumé bien succinct de cette dissertation jugée par le P. Desmolets « curieuse et bien détaillée » (Lettre à M. Le Clerc, du 3 janvier 1722). M. Le Clerc la compléta plus tard en montrant que le saint évèque ne fut pas moins orthodoxe dans sa doctrine. Mais avant d'en venir à ce complément d'apologie et à l'écrit qui le précéda, il nous faut dire quelques mots d'une ébauche dont nous avons également donné le titre au chapitre IV de cet ouvrage : S. Casarii Arclalcnsis Augustinianismus discutitur et excutitur.
Le Cardinal Noris, pour prouver que Fauste de Riez a été Anti-Augustinien, cherche à établir qu'il a rejeté toutes les
suam de gratuità prédestinât ionc et de efficaci ex se gratin à Fausto impugnalam attendenles. Alii dolentes se suunique errorem prostratos in tibris Faust i , in eum toto animi furore dèbacchati sunt; bi sutit Jatiseniani ». Le P. Stilting, célèbre Bollandiste, dit la même chose : « Video quideni mulios ex neotericis accusatores esse Fausli, sed plerosque vix scire qnarè ipsum accusent, et solis abreptos esse prajudiciis » (Acla SS. Sept. tom. VII. Comment, prrev. de S. Fausto, n. 14; éd. Antucrp. p. 654). Ne voulant pas refaire un travail déjà fait et parfait, nous renverrons pour les détails à cette dissertation du P. Stilting, et nous indiquerons seulement les assertions et les preuves de M. Le Clerc.
(1) Stilting, loc. cit. n. 1 18-121, pag. 673, 674.
(2) Stilting, loc. cit. n. 122-135, pag. 674-676
(3) Stilting, loc. cit. n. 107, pag. 671.
interprétations données par le saint Évêque d'Hippone aux textes de l'Écriture touchant la grâce. De même, dit M. Le Clerc, nous aurons prouvé que Saint Césaire a pensé comme Fauste touchant la mort de Jésus-Christ pour tous les hommes, la grâce offerte ou accordée à tous, la réprobation, la prédestination et les autres questions se rattachant à celles-là, si nous montrons que le saint Évêque d'Arles a généralement suivi les interprétations et les sentiments, et s'est même quelquefois approprié les propres paroles de l'Évêque de Riez.
M. Le Clerc réduit ensuite la doctrine catholique sur la grâce à trente et une propositions suivies et liées entre elles, et sur chacune il fait un parallèle entre la doctrine de Saint Césaire et celle de Saint Fauste, dans le but de démontrer que sur tous les points ils ont pensé absolument de la même manière. Sanctorum Faust i et Cœsarii de Gratiâ, libcrtate et prœdestinatione doctrina ac systemata inter se comparata; tel est le second titre général, plus clair que le premier, de sa Dissertation. Malheureusement, ce travail est à peine ébauché; en plus d'un endroit, ce n'est même qu'une esquisse.
Ces travaux, qu'il avait composés pour lui seul, comme il le dit dans sa Lettre critique manuscrite (p. 208), et qu'il avait abandonnés depuis longtemps, M. Le Clerc les reprit en 1735, lorsque parurent les tomes II et III de YHistoire littéraire de la France. Voyant avec peine comment on y traite Fauste de Riez, et se croyant suffisamment armé pour le défendre, il résolut de venger publiquement sa mémoire contre les attaques de D. Rivet et de ses collaborateurs. Il le fît sous la forme d'une Lettre adressée aux Mémoires de Trévoux, dont les sentiments lui étaient connus et la gracieuse hospitalité en quelque sorte assurée d'avance. Cette lettre, qui n'est pas signée, porte à la fin cette date : « Ce icr Mars 1736. » Si l'indication est vraie et authentique, M. Le Clerc avait déjà achevé son travail le 22 du même mois, lorsqu'il écrivait au Président Bouhier la lettre citée au commencement de ce chapitre; et il faut en conclure ou qu'il n'était pas encore décidé à le publier, ou qu'il ne voulait livrer son secret à personne, pas même au confident ordinaire de ses études et de ses décou-
su
vertes. Quoi qu'il en soit, la nouvelle apologie de Fauste de Riez parut dans les Mémoires de Trévoux (seconde partie du mois de juillet 1736, p. 1 541-1582), sous ce titre : Lettre de M..., Prêtre du Diocèse de Rie~, à M..., chanoine d'Arles, sur ce qui est dit des saints Fauste de Rie- cl Césaire d'Arles, dans l'Histoire littéraire de la France. Dès les premières lignes , M. Le Clerc indique nettement l'état de la question et le point spécial qu'il se propose de traiter.
« Il s'en faut beaucoup , Monsieur, que je ne sois aussi content que vous me paraissez l'être du second et du troisième volume de Y Histoire littéraire de la France. C'est, à ce que j'entrevois par votre lettre, le pompeux éloge que l'on y fait de Saint Césaire, l'un des plus illustres de vos Prélats, qui vous a porté à juger favorablement de tout le reste de l'ouvrage. Vous diraije , Monsieur, que c'est en partie ce même éloge qui a contribué le plus à m'affermir dans un préjugé tout contraire? Je me révolte aisément contre tout éloge qui n'est pas fondé sur la vérité la plus exacte, surtout quand on n'y relève la gloire de celui qui en est l'objet qu'aux dépens d'autrui . L'Histoire littéraire, dans ce qui concerne votre Saint Evêque et le nôtre, fait un contraste des plus frappants dans les différents portraits qu'elle nous fournit de ces deux Saints. Fauste y parait comme un ennemi juré de Saint Augustin, et, qui pis est, comme le chef des Semi-Pélagiens des Gaules au cinquième siècle. Saint Césaire nous y est dépeint , au contraire , comme un homme suscité de Dieu pour terrasser Fauste et son école, et, en un mot, comme V Augustin de l'Eglise Gallicane
La bonne méthode, Monsieur, est d'examiner les faits par soi-même, surtout quand il est question de certains points où l'on s'aperçoit sans peine que des Historiens sont prévenus pour ou contre. Il y a trente ans que j'aurais approuvé sans la moindre répugnance tout ce que nos savants Historiens nous disent ici à l'avantage de Saint Césaire et au désavantage de Fauste. Et pourquoi? C'est, Monsieur, que je condamnais Fauste pour lors, ce que font encore cent et cent Théologiens ou critiques aujourd'hui sur le simple témoignage de tant de gens qui l'ont accusé (1). Je n'avais jamais pensé à l'écouter dans ses défenses , c'est-à-dire que je ne m'étais point avisé d'examiner ses ouvrages, ceux de Saint Césaire, ni, en un mot, aucune des pièces
(1) Le P. Stilting, qui fut associé aux Bollandistes à la fin de 1737, avait aussi d'abord été imbu des mêmes préjugés. Peut-être cette protestation des Mémoires de Trévoux contre l'opinion alors dominante fut-elle l'occasion qui l'amena à examiner aussi par lui-même la cause du saint Évêque de Riez.
qui seules pouvaient m'aider à porter à son sujet un jugement équitable. Dans la suite je le fis, il y a plus de vingt ans, et depuis j'ai toujours rendu justice à. notre saint et .savant Évèque de Riez. Par la discussion exacte que je fis alors, autant que j'en pouvais être capable, de tous les faits entassés contre cet Evèque par le Cardinal Nôris, et depuis par M. de Tillemont, je demeurai convaincu que ces deux savants n'avaient fait, à son égard, aucun usage de l'équité, de la bonne foi et de la sagacité critique dont ils étaient d'ailleurs fort bien pourvus. Nos doctes Bénédictins s'en sont trop fiés à ces deux critiques, et j'ai remarqué que, dans ce qu'ils nous disent de nos deux saints, Fauste et Césaire, il y a au moins une cinquantaine de faits que je me crois en état de faire voir être contraires à la vérité. Vous les marquer tous en détail, je ne le pourrais, Monsieur, sans faire un gros livre. Mais vous ne me pardonneriez pas, si je prétendais vous obliger à m'en croire uniquement sur ma parole. Il faut donc que je vous donne un échantillon de ma critique. Je me borne à peu de faits, et encore appréhendai-je d'être bien long » (p. 1 541-1545).
M. Le Clerc démontre ensuite que les auteurs de l'Histoire littéraire ont tort d'avancer que Saint Césaire écrivit contre Fauste un Traité que nous n'avons plus malheureusement , et qu'en citant, pour témoin de ce fait, Gennade, au chapitre 86 de son Traité des hommes illustres, ils commettent des fautes palpables (p. 1545 -1549) (1). Puis il fait voir que Saint Césaire eut toujours beaucoup de vénération pour l'abbaye de Lérins où il avait été élevé, et qu'il appelle l'île des saints, la pépinière des bons évêques et des bons prêtres, ainsi que pour Fauste de Riez auquel il donne le nom de saint qui lui
« Existimo, dit-il, libros Fausùt(etiamsi ipse minus recti de iis senscritn, anle quant omnes contra Faustum objectiones expenderam, et cum libris ipsis contuleram), existimo, inquam, libros Fausti, clogio Gennadii prorsùs esse conformes» (ActaSS. Sept., tom. VII, éd. Antuerp., p. 671, n. 105).
(1) Voir conforme le P. Stilting, Aeta SS. Augusti, tom, VI. Dt S, Casario Episc. commentarius pravius^ n. 35-37, |x>, edit. Antuerp. pag. 57, 58, ou Migne, Patrologie latine, tome LXV11 , col. 1253-1286. — Le P. Jacques de Bue, dans l'éloge qu'il a donné du P. Stilting en tête du tome I du mois d'octobre, dit que cette partie a lectoria .utetuionem diligentiamque meretur ». — Voir encore les n<" 55, 56, page 6l, OÙ le P. Stilting prouve que Saint Césaire ne mourut qu'en y\2. C'est aussi ce qu'affirme M. Le Clerc.
a été retranché par ses nouveaux adversaires : Faustus Episcopus sanctus (p. 1549-15 5 2).
Enfin M. Le Clerc avance à son tour que l'ouvrage de Fauste est la source principale où Saint Césaire a puisé quand il a eu occasion de traiter de la Grâce, de la Prédestination et du Libre Arbitre, et qu'il ne se fait aucun scrupule de copier l'Évèque de Riez. Comme preuve de cette assertion, M. Le Clerc choisit le 22e sermon de l'Evèque d'Arles, inséré dans l'Appendice au tome V des Œuvres de Saint Augustin de l'édition Bénédictine, et faisant un parallèle entre ce qui y est dit sur l'endurcissement du cœur de Pharaon , et ce que contient le second livre de Fauste, De Gratiâ et Jibero arbiîrio, il montre avec l'identité de la doctrine, la fidélité avec laquelle Saint Césaire, si zélé pour les vrais principes sur la Grâce, suit en tout Fauste comme un humble disciple (p. 1554-1581).
Tout le reste de la Lettre (environ vingt-cinq pages) est consacré à ce parallèle que M. Le Clerc termine par ces mots :
« Je réserve pour une autre lettre, ou plutôt pour plusieurs autres, car je sens bien que j'ai de la matière de reste, je réserve, dis-je, le grand nombre de points importants dans lesquels je ne saurais souscrire à ce que disent nos doctes Bénédictins, soit en faveur de Saint Césaire, soit au désavantage de Fauste. Ils ont ou supprimé entièrement, ou au moins diminué les éloges que beaucoup de saints avaient donnés à celui-ci, et ils ont ramassé et adopté contre lui comme vrais beaucoup de faits qui ne le sont pas. Je vous donnerai, Monsieur, de bonnes preuves de tout ceci » (p. 1 581 , 1582).
C'était là, si nous ne nous trompons, s'engager devant le public à prouver : i° que, sur la Grâce, la Prédestination et le Libre Arbitre, Saint Césaire et Saint Fauste pensaient absolument l'un comme l'autre ; 2° que celui-ci avait été regardé comme saint par les meilleurs évéques de son temps ; 30 qu'il n'était pas moins orthodoxe dans sa doctrine, faussement accusée de contenir l'erreur Semipélagienne. Or les éléments des deux premiers points existaient déjà dans l'esquisse intitulée : Sancti Cœsarii Arelatensis Augustinianimus discutitur, et surtout dans la Dissertation : S. Fatisti innocentia,
sanciitas et bona prasertimfides... denwnstratur. Restait le troisième point, celui de la doctrine de Fauste. M. Le Clerc en entreprit alors l'examen approfondi, et ajouta à ce dernier écrit un second chapitre divisé en quatre paragraphes.
Dans le premier, — Referuntur S. Fausti défaisons, — M. Le Clerc cite les principaux défenseurs de Fauste, parmi lesquels il n'a garde d'oublier Simon Bartel (i) et le P. Sirmond (2). Au second paragraphe, — Fanstus ex suis libris absolvitur, ou Pro Fausto, — M. Le Clerc cite vingt-cinq passages tirés des livres de Fauste, tous conformes à la doctrine catholique sur la Grâce. Dans le paragraphe troisième, — Fausti verba ad sensum caîholicum rite exponuntur, ou Contra Faustum, — il expose, explique et discute tous les textes objectés par Maxence, le Cardinal Nôris, Noël Alexandre, Jansénius, et enfin par les Bénédictins dans le tome II de l'Histoire littéraire de la France. La discussion de ces textes remplit trente pages in-folio (3). C'est, on le comprend, tout
(1) Le livre de Simon Bartel est intitulé : Historica et chronohgica Pi\rsnlum sancta Regiensis Ecclesia nomenclatura ; Aix, 1636, in-8°. A la fin, on lit une apologie de Fauste de Riez dont M. l'abbé Féraud parle en ces ternies : « Cette apologie , à laquelle tous les historiens et les biographes renvoient les curieux , mérite à tous égards d'être lue. Avec beaucoup d'érudition et un style élégant , on y voit réunie une masse de preuves bien propres à désarmer et à confondre les détracteurs de la doctrine et de la sainteté de Fauste » (Les Saints tutêlaires de V Église de Rie{, ou Vies des saints Èvèqius Maxime et Fauste, et de Sainte Tbècle, vierge et première martyre... Digne, Repos, 1850, in-8°, p. 64). Beaucoup mieux que les notes du protestant Basnage, cette apologie, qui est rare, aurait enrichi le tome LV1II de la Patrologie latine éditée par M. Migne.
(2) Le texte du P. Sirmond est surtout fort remarquable et nous regrettons de ne pouvoir le citer à cause de sa longueur. Il faut le lire dans son Historia pnedestinatiana, chap. 8 (Patrologie latine de M. Migne, t. 53, col. 685, 686) ou dans le P. Stilting qui prouve fort bien, contre le cardinal Nôris, que l'autorité du savant Jésuite est ici d'un grand poids, a cause de la profonde connaissance qu'il avait des anciennes hérésies, et de l'étude attentive qu'il avait faite de toute l'histoire de Fauste. (Acta SS. Stpt. t. VII, éd. Antuerp. p. 690, 691).
(3) Dans un endroit, M, Le Clerc dit : Vide Epistolun primam mutram; preuve manifeste que ce travail est postérieur à U composition de la Letlrf imprimée dans les MhiiQirçs fa Trévoux,
ce que nous en pouvons dire, renvoyant ceux qui voudraient approfondir ce sujet à l'excellente dissertation du P. Stilting qui a expliqué et justifié tous les passages de Fauste objectés par Suarez et le Cardinal Kôris avec une clarté et une solidité qui nous paraissent ne laisser rien à désirer (i).
Au quatrième et dernier paragraphe, — Censura veterutn et recenticrum de Fausli doctrine discuîiuntur , — M. Le Clerc fait voir qu'on ne peut rien conclure contre la doctrine de Fauste, i. ni du Décret du Pape Gélase déclarant ses écrits apocryphes; 2. ni de ce que Saint Avit, Évêque de Vienne, aurait écrit un Traité contre les deux Livres de Fauste touchant la Grâce et le Libre Arbitre. Enfin dans une conclusion qui n'est pas dépourvue d'éloquence et qui témoigne que, si sa main s'affaiblissait, il n'en était pas de même de son esprit, M. Le Clerc énumère et pèse les autorités alléguées pour et contre l'orthodoxie de Fauste de Riez, et montrent que les premières l'emportent de beaucoup sur les secondes.
Tel est le vaste plan que le prétendu prêtre du Diocèse de Ric^ (2) se proposait de développer dans la suite de ses Lettres au Chanoine d'Arles. Cependant plus de deux mois s'étaient écoulés depuis la publication de la première, et le P. Souciet n'avait pas encore reçu la seconde. Il voulut probablement savoir la cause de ce retard, et il écrivit à M. Le Clerc. La réponse qu'il reçut, émanée probablement de M. Fyot de Vaugimois, lui apprit que la lettre apologétique imprimée en juillet était une œuvre posthume de son auteur. Le P. Souciet voulut en informer le public, et peut-être aussi exciter ses légitimes regrets en lui révélant quelques-uns des travaux manuscrits de M. Le Clerc, travaux dont la lettre donne une idée sommaire, et que nous avons décrits en détail dans ce chapitre et dans le IVe de cet ouvrage. Cette réponse fut insérée dans le cahier de décembre 1736 (p. 2677-2679). Nous en citons les premières lignes.
(1) Jeta SS. Sept. loc. cit., § ix-xi, n. 139-224, tom. VII, éd. Antuerp. pag. 677-695.
(2) Ce masque a trompé le Journal des Savants qui a cru M. Le Clerc piètre du 'Diocèse de Rie^ (V. Juin 1738, édit. in-40, p. 329).
« Extrait d'une lettre écrite de Lyon au P. Et. Souciet le 8 octobre. — Mon Révérend Père; j'ai été surpris, à la lecture de voire lettre du 2 de ce mois, de ce que vous ne saviez pas encore la perte que nous avons fane de notre aimable confrère feu M. Le Lkrc. 11 y eut avant-hier cinq mois que nous le perdîmes, après une maladie de huit jours. Les **** pourront désormais attaquer sa Lettre sur la catholicité de Fauste de Riez sans crainte d'être réfutés par l'auteur même ; mais j'espère qu'ils ne répondront jamais à la force de ses preuves , et qu'ils ne viendront pas à bout de faire consister le Semipélagianisme dans la doctrine opposée à la quatrième proposition de Jansénius. M. Le Clerc, dans ses premières études, suivait, comme la plupart des autres, les Théologiens à la piste sur Fauste et autres questions ; mais , dans la suite , il secoua le joug. »
Le public sut alors le nom de ce prêtre du Diocèse de Rie%, qui s'était fait l'apologiste de Saint Fauste contre les auteurs de Y Histoire littéraire. Ceux-ci répondirent en 1738 dans l'Avertissement qui précède le tome IV (p. i-xxxii). D. Rivet, qui le composa, avoue que le a nouveau censeur » est un « homme d'érudition » (p. xix), « connu avec quelque avantage dans la République des Lettres » (p. 1), et qui « avait acquis un assez grand fonds de littérature dont il a fait usage pour publier divers écrits de sa façon, presque tous anonymes, où l'on voit qu'il n'était pas exempt de préjugés » (p. ni). — On sait ce que signifie ce mot sous la plume de D. Rivet. — Quant à lui-même, qui se sent libre de tout préjugé, de ceux au moins qu'il impute au défunt, et « infiniment éloigne » d'ailleurs de vouloir donner « la moindre atteinte à la réputation de M. Le Clerc, que son caractère et sa vertu rendent respectable » (p. m, iv), il n'entreprend cette discussion que dans le pur intérêt de la vérité. Il essaie ensuite de réfuter les accusations de son adversaire, qu'il réduit à trois chefs : i° à l'inexactitude que celui-ci reprend dans l'histoire de Saint Césaire; 2° à l'injustice qu'il se plaint qu'on a faite à la personne de Fauste et à sa doctrine; 30 à la conformité qu'il prétend trouver entre la doctrine du premier et celle du second sur la Grâce et la Prédestination (Ilist. litlér. t. IV, p. iv-xxx).
Malgré la force apparente de ses raisonnements et une
certaine véhémence de style, D. Rivet ne réussit pas à convaincre les Journalistes de Trévoux. Dans le cahier d'octobre 1736 où ils examinaient le tome III de Y Histoire littéraire, ils avaient en quelque sorte approuvé la Lettre de M. Le Clerc publiée trois mois auparavant. Ils s'étaient, en effet, déclarés a prévenus sur ce qui regarde la prétendue réfutation que Saint Césaire a faite de la doctrine de Saint Fauste, à laquelle, disaient-ils, on a solidement prouvé qu'il avait été, au contraire, inviolablement attaché » (p. 2205). Aussi l'abbé Goujet, ami de D. Rivet, lui écrivait-il le 18 juillet 1738 : « Les Mémoires de Trévoux n'ont point encore parlé de votre quatrième volume; je ne sais s'ils ne se croiront pas obligés de prendre la défense du feu abbé Le Clerc. Plus votre réponse est solide, plus elle doit leur déplaire » (1). Le Journal de Trévoux du mois de novembre suivant prouva à l'abbé Goujet que ses conjectures étaient fondées. Dans l'intérêt de la vérité et de la justice, nous en extrayons ce qui se rapporte à la Lettre de M. Le Clerc.
« Nous n'avons jamais prétendu, disent les Mémoires, nous rendre garants de tous les écrits que nous insérons. Ce sont quelquefois des pièces d'un procès auquel nous ne prenons point de part, et dont nous laissons le jugement au public. Ainsi ce n'est point à nous à répliquer à la réponse que les auteurs de Y Histoire littéraire de la France font... à une lettre de feu M. Le Clerc... Nous nous contenterons d'y faire quelques réflexions.
» On convient que Saint Césaire, Évoque d'Arles, a constamment enseigné la doctrine catholique contraire aux sentiments attribués à Fauste de Riez ; mais il nous paraît que cela ne suffit pas pour dire crûment que Saint Césaire a écrit contre Fauste un Traité de la Grâce et du libre arbitre ; et que M. Le Clerc, pour l'avoir nié, ne méritait pas d'être traité de discoureur qui cherchait à se tirer d'affaire par un faux-fuyant. Nous croyons même que pour bien établir, comme nos auteurs entreprennent de le faire, que le saint Évèque d'Arles fut suscité de Dieu pour s'opposer à Fauste de Riez, il faudrait avoir bien démontré que ce Prélat fût Semipélagien ; il y a sans doute de grandes autorités contre le sentiment qu'avait embrassé M. Le Clerc,
(1) Documents inédits concernant l'Histoire littéraire de h France; Paris, 1875 , in-40, page 45,
APOLOGIE DE FAUSTE DE RIEZ 3 r 3
mais il y en a aussi qui le favorisent, et l'affaire n'est rien moins que jugée en dernier ressort.
» M. Le Clerc avait insisté sur ce que Saint Césaire donne à Fauste la qualité de saint Evêque, et en avait conclu qu'il ne le regardait pas comme auteur d'une doctrine erronée ; nous tombons d'accord que la conséquence n'est pas des plus justes, puisque, en supposant même que Fauste de Riez pensât sur la Grâce et le libre arbitre comme les Semipélagiens, qui ne furent condamnés qu'après sa mort, il se trouverait dans le cas de plusieurs saints, dans les écrits desquels on a trouvé des erreurs ; mais nos auteurs, en combattant ce raisonnement de leur adversaire, n'ont pas bien choisi leur preuve... » (p. 2133-2135).
« Quant à ce que M. Le Clerc avait avancé que Saint Césaire , dans le sermon où il explique l'endurcissement de Pharaon , marche comme pas à pas sur les traces de Fauste et le prend pour son guide , il faut reconnaître de bonne foi qu'il s'est trompé, et que nos Historiens ont très-bien observé que ces deux Prélats ont puisé tout ce qu'ils ont écrit sur ce sujet dans la même source, c'est-à-dire dans Origène. La seule lecture de ces trois auteurs met la chose dans une évidence à laquelle il n'est pas permis de se refuser. Mais quand les deux Évêques Gaulois diffèrent ou semblent différer entre eux sur les matières de la Grâce, de la prédestination et du libre arbitre, Fauste de Riez est-il aussi répréhensible que le prétendent nos Historiens ? Les erreurs qu'ils reprochent à ce Prélat sont-elles aussi réelles qu'ils le veulent persuader? C'est ce que nous laissons discuter aux défenseurs de Fauste, que nous savons n'être pas encore convaincus par les arguments de leurs adversaires » (p. 2138, 2139).
Au reste, la faiblesse ou même la nullité d'une preuve n'entraîne pas la ruine de la thèse lorsque celle-ci est d'ailleurs appuyée sur d'autres raisons vraiment solides. De ce que Saint Césaire n'a pas emprunté à Fauste le Discours sur l'endurcissement de Pharaon, il ne s'ensuit pas qu'il ne lui ait absolument jamais rien emprunté. M. Le Clerc avait d'autres exemples qu'il se proposait sans doute de mettre en lumière, mais qui sont seulement indiqués dans sa Dissertation manuscrite, et D. Rivet avouait que si ce point était démontré contre lui, c'en était fait de toutes ces assertions sur l'opposition de Saint Césaire à la doctrine de Fauste. « Qu'on nous montre, dit-il, que Saint Césaire, comme on veut de nouveau le faire accroire sur le simple titre de cet écrit encore secret,
a parlé sur tous ces points de doctrine comme Saint Fauste, et nous rendons les armes pour nous ranger du côté de M. Le Clerc, et reconnaître le Saint Évêque d'Arles pour l'humble disciple de l'Évéque de Rie^ sur les matières de la Prédestination, de la Grâce et du libre arbitre » (p. xxxn).
Il nous semble assez inutile à la fin que se proposait M. Le Clerc, de chercher à le suppléer dans cette démonstration. Saint Césaire peut n'avoir pas été l'humble disciple, le fidèle copiste de Fauste ; de là à conclure qu'il a été son adversaire, il y a loin. Le P. Stilting a prouvé, au contraire, que Fauste n'a jamais eu contre lui ni Saint Césaire ni le concile d'Orange, présidé par ce saint Evêque. « Vix dubito, dit-il, quin idem fuerit (ac Gennadii qui Libros Fausti vocat opus egrcgiuni) antistitum Gallorum seculi V et vi, imo et ipsius Cœsarii et Patrum concilii Arausicani, qui Semipelagianos damnârunt, de libris S. Fausti judicium » (1).
C'est peut-être parce qu'il ne croyait pas cette preuve de M. Le Clerc nécessaire, ou, si l'on veut, assez solide, que le docte Bollandiste n'a pas pris la peine de la discuter, ni fait à la réponse de D. Rivet l'honneur même de la nommer. Les savants Bénédictins en conçurent du déplaisir, si l'on en juge par une lettre de D. Colomb datée de Saint-Vincent du Mans, le 13 septembre 1761. Voici comment il s'exprime à propos du commentaire du P. Stilting sur Fauste de Riez :
« Il faudrait plus de patience que j'en ai pour avoir le courage de le lire en entier, tant il est rempli de choses inutiles et de répétitions. Il me suffit de vous dire que ce Jésuite y justifie ou prétend justifier Fauste contre tous et envers tous, pour sa doctrine ; qu'il se déchaîne contre le Cardinal Nôris, mais surtout M. de Tillemont à qui il dit les injures les plus grossières ; qu'il le traite sans ménagement comme ont fait ses prédécesseurs dans quelques-uns des tomes du mois d'août. 11 n'est pas jusqu'à Suarez dont il réfute ce qu'il a dit de Fauste. Je remarque qu'il ne dit rien qui n'ait été réfuté par avance. Ce qui m'a surpris est que, quoiqu'il cite en trois endroits Y Histoire littéraire Je la France, dont deux sont indifférents, il ne dit pas le
(0 Acla SS. Sept. loc. cit., n. 105, 136-138, pag. 671, 676, 677.
moindre mot de la réponse à M. Le Clerc qui est à la tête de notre quatrième volume, qui suffirait seule pour réfuter son long commentaire, etc. » Ci).
S'il lui avait été donné de le lire, M. Le Clerc l'eût apprécié bien différemment. Avec quelle vive et profonde joie il eût vu la réfutation victorieuse de tout ce qui avait été dit contre le saint Évêque de Riez ! De quel cœur n'eût-il pas applaudi au triomphe d'une cause à laquelle il avait consacré une part considérable de sa vie, et pour laquelle il combattait encore au moment de sa mort. Et, à nos yeux, ce n'est pas un de ses moindres mérites, d'avoir, bien longtemps avant le célèbre
(1) Documents inédits concernant l'Histoire littéraire de la France, page 133.
— L'excellente Dissertation du P. Stilting n'a pourtant pas changé le courant de l'opinion sur Fauste de Riez. Pour nous borner aux historiens du xixe siècle , Fauste est encore traduit comme Semipélagien par les auteurs suivants : — 1. Parmi les Français : 'Biographie universelle de Michaud, art. Fauste. — Guizot, Hist. de la civilis. en Fiance; Paris, 1829, tome I, pages 211,212. — Fauriel, Hist. de la Gaule méridionale sous la dominât, des conquérants romains; Paris, 1836, tome I, page 404. — Ampère, Hist. litt. de la France avant le douzième siècle; Paris, 1839, tome II, page 30. — Receveur, Hist. de l'Église; Paris, 1842, liv. XIV, tome III, page 185. — Rorhbacher, Hist. univ. del'Égl. catholique; liv. XLII, Lyon, 1872, page 42.
— Gorini, Dèj. de l'Église; chap. IV, Lyon, 1853, tome I, page 76. — Henrion, Cours d'hist. ecclés. ; Paris, Aligne, 1860, tome XVI, col. 323-326.
— Montalembert, Les Moines d'Occident; liv. II, 4e édit., Paris, 1868, tome 1, page 260. — L'abbé L. A. Chaix, Saint Sidoine ^Apollinaire et son siècle; Clermont-Ferrand , 1867, tome I, page 249, et tome II, page {41,
— M. Richou, Hist. de l'Église à l'usage des Séminaires; Paris (sans date), tome II, page 348. 1 — ■ Mgr Jager a conservé le texte, défavorable à Fauste, du P. Longueval : Hist. de l'Égl. cathol. en Franc; Paris, 1802, tome II, page 58. — Le dernier éditeur de D. Ceillier n'a pareillement amendé par aucune note le texte si hostile à l'Lvéque de Riez , de Y Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques. ■ — 2. Parmi les Allemands : Fessier, Institut. Patrologia; Œniponte, 1851, tome II, page 837. — Mcehler, Hist. del'l Paris, 1868, tome I, page 527. — Héfelé, Hist, des Conciles, tr.ui. par l'abbé Delarc; tome III, pages 201, 331. • — Dût. encychp. de la Thiol. catholique, du Dr Wetzer, trad. par Goschler, art. Fauslus.
Mais tandis que ces écrivains affirment en passant, sans preuves et sur la foi d'autrui, que Fauste fut Semipélagien, les rares savants qui ont (ait de cette question une étude spéciale inclinent manifestement vers le sentiment opposé. Selon l'abbé Alliez, « il est probable que Saint Fauste a évité
Bollandiste, osé secouer le joug de l'opinion régnante, et, sur une question difficile, d'avoir pensé, raisonné, discuté avec une force et une science semblables, sinon égales, à celles de l'un des auteurs les plus distingués (i) du plus beau monument littéraire élevé à la gloire des saints, et, par conséquent, de l'Église qui fait les saints, et qui, seule, a qualité pour juger en dernier ressort les vertus, la doctrine et les apologistes de Fauste de Riez.
l'erreur semipélagienne », et si, comme cela parait « hors de doute » d'après cet auteur, elle est contenue dans l'ouvrage publié sous le nom de Fauste, c'est qu'elle y a été « glissée par des faussaires ». Le Chanoine de Fréjus en donne quelques raisons dans son Histoire du Monastère de Lèrins (Paris, 1862, tome I, p. 170-173).
Plus profond et plus étendu est le travail du docteur Heller que nous avons déjà eu occasion de citer (Fausti Regiensis Gaïïiarum Episcopi fuies in exponendd gratid Christi ilhistrata à Joanne Heller, Presbytero Passaviensi et Doctore Theologo ; Monachii , 1854, in-8° de 95 pages). Cette apologie est divisée en deux parties composée chacune de deux chapitres. Dans la première, qui est historique, Heller raconte la vie de Fauste dont il démontre la sainteté (Cap. I : Quis qualisque Faustus fuerit , p. 9-25), et fait voir que l'autorité de ses adversaires se réduit à celle du seul Maxence (Cap. 2; Quid diversi auctores de Fausti fuie judicaverint , p. 26-44). La seconde partie qui est dogmatique , est consacrée à établir la thèse suivante : Faustus neque frauduîenter et cousulto Semipelagianorum partes suscepit neque invitus à veritate catholici descivil , sed semper et in catholicd veritate manere intendit, et rêvera mansit; licet concedere cog.vnur illum niinio]contentionis ardore et veritatis exponenda studio verba et loculiones adhibuisse, qua in Semipelagianorum usu erant et in hoc pravo sensu inlelUgendte forent , ni et intentio et contextus et nexus doctrinarum auctorem catholicè sensisse suaderent et indicarent (Cap. I : Quid consilii Fausto in scribendo fuerit ; p. 45-64; cap. II : Qui ratione ambigua quadatn et suspecta explicanda esse videanlur; p. 64-95). On peut appliquer à cette dissertation l'éloge que l'auteur fait de celle du P. Stilting sur le même sujet en l'appelant prastantissimam defensionem. Malheureusement l'édition est épuisée, et les exemplaires en sont rares.
(1) Dans le distique placé sous son portrait, le P. Stilting est appelé
Cura Sollerius, scriptis Tapebrochius aller.
(Açta SS. Octobris, tom. I).