‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 17 sur 83 · SES AMITIÉS LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

SES AMITIÉS LITTÉRAIRES

» qu'un autre le divulgue que moi. J'avais pensé à ne le » dater que par Tannée et à ne point faire mention du regis- B tre, mais je n'ai pas suivi cette première pensée, parce » que je tire de cet aae le nom de Ccsar, le lieu de nais^ » sance, la qualité de son père, etc., dont il faut que j'ap- » porte la preuve. Un savant à qui j'ai dit la circonstance de » la dispense des trois bans, en a conjecturé tout d'abord 9 qu'il y avoit quelque raison de conscience : mais je ne lui » ai point avoué que la conséquence fût juste, et je ne lui » ai point découvert le fait. »

M. Le Clerc suivit le parti dicté par sa conscience et approuvé par le Président Bouhier (i), et dans les Mémoires pour servir à l'histoire des poètes français^ où fut inséré son article sur Richelet, ce point de la vie de l'auteur du Diction^ mire est entièrement passé sous silence.

Des qualités si rares attirèrent à M. Le Clerc de nombreux et d'illustres amis. Aussi ses liaisons ne sont-elles pas la moins belle partie de son éloge. Parmi les savants qu'il con* nut à Orléans, nous citerons en particulier le P. Germon, M. Perdoulx de La Perière, et le docte Baluze.

Le P. Germon, né à Orléans le 17 juin 1663, était de la Compagnie de Jésus. Il écrivait en latin avec pureté et même avec élégance ; il cultiva aussi l'érudition, et y acquit des connaissances fort étendues. « On ne peut, ce me semble, dit M. Le Clerc, ne pas admirer la politesse avec laquelle il noua et poursuivit la dispute sur la Diplomatique avec le

(i) « Votre découverte sur le mariage de Richelet est tout à fait curieuse. Je suis charmé de savoir cette aventure, et vous ferez bien de faire mention de ce mariage dans l'article que vous préparez sur son compte. Mais je crois, comme vous, qu'il n'est pas à propos de parier de l'anecdote des enfants, quoiqu'on sache bien que le mariage subséquent couvre tout. Mais , enfin , à quoi bon révéler cette turpitude ? Soyez sûr que je vous garderai le secret sur cet article » ( 5 janvier 1730). — Néanmoins, le Président prit ses précautions pour que l'anecdote ne se perdît pas. A la suite du Mémoire concernant la vie de Pierre Richelet (qui précède immédiatement la Bibliothèque du Richelet), il écrivit de sa main l'extrait de l'acte communiqué par M. Le Qerc, sans oublier, bien entendu, la circonstance de l'enfant née le 23 juin

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