‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 18 sur 83 · SES · texte numérisé non relu

SES

P. Mibîlon » (i). Ce doc» jésche que M. Le Qcrc nomme son anîi, moumt i Orléans le 2 octocre 17:8 (2)-

M- Perdoulx de La Perière ètiir xzssi ne ï Orléms, où il/ mouTJt ea 1755. Il publia quelques êcrîrs relarifs à sa province natale, et laissa en manuscri: une Bibliothèque des écrivains nés dans le diocèse d'Oriêans, à laquelle, en 1733, il travaillait depuis plus de trente-cinq ans (3). c Homme savant et curieux » , il devait, à ce double titre, èzrc l'ami de M. Le Qerc qui lui fournit plusieurs remarques, comme nous le dirons dans b suite. Aussi lorsque M. Le Clerc eut été cnvové à Lvon, M. Perdoulx de La Perière fut » tout à lait sensible à > son éloignement, et lui demanda c instamment la continuation * de son c souvenir > (4). Les deux amis cherchèrent alors une consobtion à Tabsence dans le moyen si élégamment exprimé par Saint Jérôme écrivant à Rufin : Si viâssitudiwlitterarum imagirum ncHs prxs^ti4jt maitircnutr (5). De b ces lettres où l'on voit bien quel était l'objet de la conversation des deux érudits avant que la distance les eût séparés. Les bibliothèques données ou vendues, les ouvrages récemment publiés, les découvertes faites dans quelque vieux livre, les travaux entrepris et la demande de services réciproques pour les mener à bonne fin, tel est le cercle, assez vaste d'ailleurs, d'où l'on ne son g^ère que pour dire en commençant ou en finissant un mot aimable, et se souhaiter, par exemple, tôt saintes quoi simt aUfïuia inter pascha et Pcntecosten (6).

(i) Bibiiotlxque du RicbeUt, art. Germm.

(2) Lettre au Président Bouhier du 5 niai 1726.

(^) Rnnarques critiques sur le Dict. de Bayk, art. Gourtun.

(4) Lettre à M. Le Clerc du 28 janvier 172}.

(5) Epist. I ad %ufinum monacimm, Opcr. cd. Martianay; Paris, 1-06, t, IV, pan. 2, p. 2.

(6) Lettre de M. Perdouk de La Pericre à M. Le Qcrc du 12 janvier 1 72 5 - Nous lisons dans b lettre de M. Le Qerc au P. Cômc de Saini-Étienne, auteur de l'excellente BibJiotJjtca carmeUlana : « Je n'ai point reçu de lettres de M. Perdoulx depuis plus d'un an qu'il me doit une réponse... Dans ma dernière lettre , je lui décou\Tais un auteur Orléanais qu'il ne connaissait pat, nomme luhin Daîlier ou d'Allier. AMurez-le aussi que M»* Barbier,

SES AMmès LITTÉRAIRES 2$

Un troisième savant qui n'était pas Orléanais, mais que M. Le Qcrc \'it et connut beaucoup à Orléans, est le célèbre Baluze. Laissons notre confrère raconter lui-même l'origine de ces rebtions, et nous expliquer en même temps un passage intéressant de sa Lettre critique sur h Dictionnaire de Bayle. On lit dans ce dernier ouvrage : « Il est très-vrai que des gens d'ailleurs savants, et savants même de réputation hors de chez eux, ont été fort peu estimés de leur vivant dans les lieux de leur naissance. Je sais un fait là-dessus qui aurait de quoi vous surprendre, et je le sais de visu, mais je ne veux point décrier une \nlle où il y a d'ailleurs des gens d'esprit, et où peut-être depuis la mort de ce savant que j'ai en vue, l'on a changé d'opinion à son sujet. » — Interrogé par le Président Bouhier quel était ce savant, M. Le Clerc répondit le 7 juillet 1732 : « Le savant dont je parle à la page 402 est M. Baluze, dont j'ai eu l'honneur d'être l'ami pendant son exil à Orléans (i), et qui l'était de mon père depuis plus de trente ans (2). Â Tulle, sa patrie, il était très-peu considéré pendant le temps que j'y demeurai. On l'y regardait comme un bonhomme, et pour le distinguer des autres Baluze, on l'y appelait le petit Anti-

dont on a un volume de poésies, est Orléanaise et fille d*un tapissier d'Orléans... Cest Baraton, natif de Sancerre, auquel i*ai donné un court article (dans la Bibliothèque du Richelet) , qui Tavait formée à la poésie. » (21 juin 1729.)

(i) L'occasion de cet e^dl fut V Histoire généalogique de ta Maison d'AuiYr- ^, que Baluze composa pour le cardinal de Bouillon, qui l'honorait de son amitié. Quelque temps après la publication de cet ouvrage, en 17 10, le cardinal étant sorti du Royaume où il avait souffert un exil de dix ans, son ami fut enveloppé dans sa disgrâce, et accusé auprès du Roi de s'être ser\-i de pièces fausses pour favoriser les prétentions du célèbre réfugié. Un arrêt du Parlement condamna le li\Te, et peu après Tauteur fut envoyé en exil. Baluze se rendit d'abord à Rouen , puis à Blois , ensuite à Tours, et enfin à Orléans, où il demeura jusqu'à la fin de l'année 171 3, époque ù laquelle son innocence fut reconnue. (Biblioth. hist. de la France, t. 3, p. VII.) Sébastien Le Clerc avait gravé les jolies vignettes qui décorent V Histoire généalogique , mais on eut le bon esprit de ne pas l'inquiéter.

(2) Sébastien Le Clerc grava le Grand Concile, une de ses plus rares vi- Knettes, pour la Nçva colleciio Conciliorum, que Baluze donna en t68^

26 ÉCRITS THfeOLOGiat'ES

Fri::pnius (i). Quand» dans l'occasion, je parlais de lui comme d'un homme savant et fort estimé à Paris, on me riait au nez et l'on se moquait presque de moi. »

D'autres savants non moins distingués eurent aussi avec M. Le Clerc des relations littéraires et intimes, mais avant d'en raconter l'histoire, nous avons à faire connaître les écrits qu'il composa durant son séjour à Orléans.

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