‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 23 sur 83 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ÉCRITS CONCERNANT l'HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE.

Les ouvrages de cette catégorie, comme ceux de la précédente, sont tous inédits, excepté le suivant.

I. — Dissertation touchant l'auteur du Symbole Qiiicumquc, etc., par un UcentU (sic) de Sorbonne. A Lyon, de l'imprimerie de Pierre Bruyset, rue Confort, pris l'Hôpital ; 17 }o, in- 12 de 54 P^g^ s^ns l'Approbation qui est à la fin.

Le manuscrit original est au Séminaire de Saint-Sulpice de Paris. C'est un in-folio de 21 feuillets.

L'auteur du Dictionnaire des ouvrages anonymes avait reçu de M. de Monraerqué un exemplaire de cet ouvrage, « portant le nom de l'auteur écrit par lui-même, et enrichi de plusieurs notes de sa main, qui nous apprennent que cet écrit a ét^ imprimé sans sa participation (i). »

(i) Dictionnaire des Ouvrages attonymes, 2« édit., n. 4420. La note de Barbier n*a pas été reproduite par ses nouveaux éditeurs.

ÉCRITS COKCERKAKT L*HISTX>ttE ECCllsiASTIQiaE 37

L*Approbation donnée à Lyon, le 2 a\Til 1730, par Antoine Sicault, évèque de Sinope» suffrogont, déclare cette Dissertation « solide et remplie d*érudition ».

D'après le titre répété à la troisième page, elle fut « composée et diaée dans une école de théologie en 1711 ».

Après avoir exposé les sentiments des savants sur l'auteur du symbole Quicumquc (an. i), M. Le Gerc établit successivement qu'il n'est point de Vigile de Tapse (art. 2), ni de \^cent de Lérins (an. 3), ni de Fonunat (an. 4), et que rien ne prouve qu'il ne puisse être de saint Athanase (an. 5). Ensuite il montre que le symbole est de ce saint docteur (an^ 6), et il confirme cette assertion en faisant voir l'antiquité du symbole par les manuscrits (an. 7) (i), par d'autres monuments, tels que b coutume ancienne de le réciter à l'office, de le £iire apprendre aux clercs et aux laïques, de le leur expliquer par des commentaires, et enfin par les auteurs qui l'ont cité (an^ 8). Puis il éclairât quelques difficultés (an. 9), et termine sa conclusion (an. 10) par ce raisonnement :

c En bonne critique, on est bien fondé à attribuer à un » auteur un ouvrage que Ton peut prouver avoir été connu » sous son nom, ou de son temps, ou dans le siècle suivant, » et dans l'espace de moins de deux cents ans, à moins qu'on » n'eût d'ailleurs de fones preuves, et sans réplique, pour dé- » montrer que cet ouvrage ne saurait être de lui. Or nous » avons prouvé, et b plus grande partie de nos adversaires » conviennent que, moins de 80 ans, ou au plus tard de » 120 ans après b mon de saint Athanase, le sjrmbole Qui- » cumqtu portait son nom; nous avons prouvé d'ailleurs qu'il » n'y a point de difficulté qui puisse déterminer à le lui ôter,

(i) Le P. Lazeri réfute cet article tout en citant avec éloge la Dissertation de M. Le Clerc : « Unum vidi , qui non sine hude pro Athanasio S)'mboli auctore certat, auctorem Dissertationis Gallicè script» et Lugduni anno 1730 éditas {Dissertation, etc.). Verùm, ut hoc quoque dicam, argumentum quod toto art. 7 versât de mss. codd. et quo praedpuè niti \ndetur, ei nocere podùs quàm favere puto, etc. » {De antiquis formuîis fidei eanimque usu exer^ ciUUio, n. 4, ap. Tbeoh curs. complet, éd. Migne, t. VI, col. 424, 425.)

38 èdlTS CCfSŒMXàXr L'ffiSTOHE VOOÈSiÂSmQPE

9 à bquelle on ne puisse répondre d^one manière très-rai- » sonnable. On peut donc s*en temr à Fanden sentiment, si 9 autorisé depuis mille ans dans FÉgiise» qm donne le sym- » bole Quicumqui à saint Athanase. — Voilk les raisons qui

> me déterminèrent, il y a huit ans, à coucher ainâ mon

> sentiment dans ma Majeure ordinaire que je soutins en » Sorbonne, le 16 d*août 1703; Symèolum Quicumque nulli

> probabiliùs iribuitur quàm sancto Aîbanasio. •

Quoique, selon Fessier (i), les savants conviennent aujourd'hui que ce symbole n*est pas de saint Adianase, l'opinion de M. Le Qerc, soutenue avant lui par Pamélius, Génébrard, Estius, Possevin, Baronius, Bellarmin, Sirmbnd, Labbe, D'Achery, Bona, Moréri, Doujat, Lupus, etc., l'a été encore depuis par Mérati, Sandini, Kilber, Azevedo, et autres non moins distingués par leur profonde érudition que par leur saine critique.

n. — Histoire abrégU des plus célèbres écrivains ecclésiastiques, suivant l'ardre des temps auxquels ils ont écrit et ils sont morts.

Le manuscrit original du Séminaire de Saint-Sulpice de Paris, in-folio de 171 feuillets, comprend les cinq premiers siècles et les noms de 360 auteurs. Un passage de l'article Clément d'Alexandrie nous apprend que l'ouvrage a été composé en 171 1. La copie qu'en possède le Séminaire d'Orléans (2), a 104 feuillets in-4% et renferme, de plus que le manuscrit de Paris, les écrivains des \t*, \ti*, ntu* et i\* siècles. Le nombre total des auteurs auxquels M. Le Clerc a consacré ou voulu consacrer un article, est de 443.

Sa méthode est celle des ou\Tages de ce genre. A une courte biographie de l'écrivain, succède la liste de ses ouvrages, et la discussion, quelquefois assez longue, des questions de critique historique, auxquelles ils ont donné lieu ;

(1) Jnstitntiones Patrohgûe; Œniponte, 1850, t. I, p. 410.

(2) Elle a |X>ar auteur un élève de M. Le Clerc, nommé Etienne Putouillé, et est datée d*Orléans, 171 1.

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par exemple, l'authenticité de la Lettre de N. S. à Abgare, de l'Épitre de saint Barnabe, des Lettres de saint Clément Pape, des ouvrages de saint Denys TAréopagite, des Actes de saint André, des livres Sybillins, etc. L'article Hormisdas est particulièrement digne de remarque, parce que M. Le Oerc y discute l'authenticité du célèbre Décret attribué au pape Gélase. Plus tard il reprit ce travail, et le développa dans une disserution spéciale dont nous parlerons bientôt.

Quoique imparÊiite et inachevée, cette Histoire laisse déjà voir dans son auteur une vaste lecture, et une critique sage et judicieuse. Aussi le Père Lelong témoigna-t-il à M. Le Clerc qu'il « goûtait fort son travail, » et le jugeait « trèsutile, » en même temps qu'il lui donnait d'excellents conseils pour le perfectionner et le rendre supérieur à celui du doaeur Dupin. (Lettre du 13 novembre 1720.)

ni. — De Concilii Antiochmi dccrtto contra Paulum Samosa- Unum, in quo reprobatum vulgo creditur Homoousion.

Le manuscrit original de cette Dissertation et des trois suivantes forme un seul volume in-folio portant le n** 655 à la Bibliothèque de la ville de Lyon où il est aujourd'hui déposé (i). L'écrit dont nous allons parler a 35 pages.

M. Le Clerc s'y propose de réfuter une opinion assez commune de son temps parmi les Théologiens et les critiques. Suivant eux, un Concile tenu à Antioche, l'an 269 ou 270, à reflfet de condamner les erreurs de Paul de Samosate, aurait rejeté le mot homoousios ou consubstantiel^ employé pour exprimer la consubstantialité du fils de Dieu avec son Père dans la Très-Sainte Trinité. Cette assertion paraît à M. Lp Clerc dénuée de fondement et très-probablement erronée.

La principale preuve qu'il en apporte est tirée du silence

(i) Delandine donne à ce recueil le titre factice de Dissertationes historien, et il ajoute : « Manuscrit d'environ 400 pages in-folio. Ces Dissertations sont de Josse Le Clerc, supérieur fsicj du Séminaire de Saint-Irénée de Lyon, où il mourut, le 6 mai 1736, avec une réputation de savoir et de piété qu'on se rappelle encore. » (Manuscrits de la Bibîiotfjèqui de Lyon, t. 1, p. 181 , 182.)

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gardé sur ce sujet par les Ariens et par les cadioliques pendant près de 90 ans. Cette condamnation , en effet, est alléguée pour la première fois par les semi-Ariens, au Concile d'Ancyre en 358. Cependant un fût si &vorable à Arius n'est rapponé ni par le même Arius dans sa lettre à Alexandre d'Alexandrie, qui l'avait accusé d'être disciple de Paul de Samosate ; ni par Eusèbe de Césarée, qui cite longuement la lettre des Pères d' Antioche au pape saint Denys ; ni par les cent évèques Ariens, réunis dans cette dernière ville en 341 ; ni enfin par les 318 Pères de Kicée qui, s'ils avaient cru cène expression réprouvée avant eux par un Concile, n'auraient pas été aussi unanimes à l'adopter et à la consacrer comme portant à l'hérésie Arienne un coup mortel.

M. Le Clerc résout ensuite avec beaucoup de sagacité et de justesse les difficultés tirées de saint Hilaire, de saint Athanase et de saint Basile, sur l'autorité desquels s'appuient les critiques qui soutiennent le sentiment opposé. Mais nous ne pouvons le suivre dans ces développements qui échappent à l'analyse. Du reste, cette discussion a été reprise plus tard et conduite avec succès par D. Prudent Maran (i), par Fassoni (2), et, de nos jours, par Palma (3). Tous embrassent l'opinion soutenue par M. Le Qerc , et Wouters aflSrme que c'est aujourd'hui le sentiment des meilleurs cridques (4). C'éuit bien apparemment aussi celui de l'abbé Papillon qui, après avoir lu la dissertation de M. Le Qerc , trouvait

(1) Divinitas D. N, J, C. manifesta in scnpturis d traditùme, optrd et studio unius ex Manacbis C, S, M. ; Lib. IV, cap. 9 , et Dissert, de Semiarianis.

(2) De voce Homousion Dissertatio in qud ostendilur txxxm ittam ab Antio^ chenis Patribus proscriptam tW repudiatam non esse ; anctore Uherato Fassonio...; Ronue, 1755, et apud Zaccaiia, Thésaurus Tfcw/<çihtf...Venetiis, 176a, t. Hl' pages 211-238.

(3) Pralectiones Historié eccîesiastica quas in VnhtrsitaU Romand babuit Joannes Bapiista Palma-, edit. 3*, Romae , 1870, t. I, p. 96-102. Cet auteur remarque avec raison que Targument tiré du silence des Ariens équivaut id tout à fait i un argument positif.

(4) Dissertationes in sekcta Hisloria ecdesiastica capita , cura H.-G. Wouters ; Lovanii, 1868, 1. 1, p. 329-331. — Malheureusement, le P. De Smedt qui est ceruinement un bon critique, incline vers Topinion contraire, qu'il

ions coKCEiiiAKT l'histoire bcclêsiastksje 41

« la pièce bonne et les preuves bien choisies » (i)» et du P. Oudin qui la Êdsait transcrire pour son uss^e, comme nous le verrons par ses lettres.

IV. — Decrdum, Gdasii vulgo dictum, mftis critids ïllustratum.

Le manuscrit original a 184 pages in-folio. La copie qu'en fit Êdre le Président Boohier est un in-4^ de 3 3 feuillets, conservé au)ourd*hiû à la Bibliothèque de b ville de Troyes (2).

Un passage des Ranarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle (art. Tappcr, 11^) peut servir à fixer Tépoque vers bquelle M. Le Qerc composa cette dissertation. « J'ai £iit, dit-il, il y a environ vingt ans (par conséquent en 171 3, puisque M. Le Qerc parlait ainsi en 1733), une longue disserution où presque chaque ligne de ce décret me fournit des preuves pour montrer qu'il ne peut venir de ce Pape (Gélase) ».

Le décret dont il est ici parié est connu généralement sous le titre De libris recipiendis et non recipiendis (3), et la

lient comme très-probable : « Secundiam regvlas saïue critiae, dit-il, ut voUi froèuhilis admittemda est. » {Dissertât, sel. in primam étlatem Histor. ecdes.; Gandavi, 1876, p. 297.) Mais le P. Colombier, rendant compte de son livre, avoue qull a « peine i partager cet avis. » {Études réti^., Ve série, t. X,

P- 149) (i) Lettre i M. Le Qerc du 12 août 1727.

(2) Catalogue général des OtCauuscrits des BiMiotbiques pMiques des Départewtents; Paris, 1855, t. II, p. 536, n. 1354. Le Préâdent a modifié ainâ le titre : « Laurentii fjodocij Le Clerc, Tbetdogi Parisiensis, Dissertatio de Décréta fuod GeHano Fapét I vulgo adscribilur, » Sur la marge de la première page, il a écrit la note suivante : « Hanc auctor edere decreverat ad calcem Koiarum in Lud. Morerii Lexicom Histaric., /. ///, quem vide, p. ^^. » Voir la fin du chapitre V de cette Notice.

(3) On en peut voir le texte dans le Décret de Gratien <Distinct. XV) , dans la collection des Conciles de Labbe (t. IV, p. 1260-1266), du P. Hardouin (t. n, p. 938-942), et de Mansi (t. VIII, p. 14S-176, ou Migne, Patrologie latine, t. LDC, col. 163 et suiv.); mais surtout dans EpistoU Romanorum Pantificum genuime et qme ad eos script4e sunt à S. Hiîaro usque ad Pelagium II. Ex sthedis clar. Pétri Coustantii aliisque editis, adbihitis prastanlissimis codicibus Italia et Gemumi/e, recensuit et edidit Andréas Tbid. "Brunsbergéf, 1868, in-80, pages 454-47»- C'est là une édition vraiment critique du texte, renfermant, en outre, la réponse aux principales difficultés iu imées contre le Décret.

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question est de savoir quel en est Tauteur ou, en d'autres termes, s'il est authentique. Ainsi qu'il le dit lui-même dans son préambule, M. Le Clerc a pour but d'exposer simplement les difficultés que Ton peut Êiire valoir contre ceux qui attribuent ce Décret au Pape Saint Gélase (492-:|96)y ou même au Pape Saint Hormisdas (514-523). Il espère et il attend des savants la réponse aux doutes qui l'embarrassent (i). Abordant donc immédiatement le texte même du Décret à commencer par le titre, il propose sur chaque point ses objections. Mais on comprend qu'il nous est impossible de le suivre dans tous ces détails. Il suffira à notre dessein de résumer brièvement ses principales raisons en tâchant néanmoins de n'en pas trop atténuer la force.

M. Le Clerc observe d'abord b grande diversité qui existe entre les différents manuscrits contenant le Décret. Les uns, en petit nombre, l'attribuent, du moins pour une partie, au Pape Damase; d'autres, bien plus nombreux, au Pape Gélase; d'autres enfin au Pape Hormisdas. Cette divergence entre les manuscrits en produit une semblable parmi les érudits partagés aussi en trois sentiments. Il existe même une quatrième opinion en quelque sorte conciliatrice. Elle consiste à dire que le Décret a été d'abord poné probablement par le Pape Damase, bien certainement par le Pape Gélase en 494 ou 496, et enfin réédité avec de nouvelles additions par le pape Hor-

(ï) • De prasentis Decreti auiheniicitaU odeo auibores pkrique asseveranier à nongenlis annis sunt loctdi, ut absque temerilaU in dubium jàm revocari non posse pluribus videaiur. Nemo tamen, credo, inficiaUniur quin varias, qtue in contrariam partent formari queunt, difficultaUs proponere liceai, quarum ab eruditis tôt, quijàmfiorent, seu criticis, seu aniicriticis , eïucidatio exspectetur. Hoc pacificè prastabimus, pracipua Decreti hujus capita, quàm fieri poterit breviter, expendendo, » Delandine donne de cette Dissertation une idée qui a de quoi surprendre. « Le Pape Gélase, dit-il, convoqua, en 494, un Concile dans lequel on dressa le catalogue de tous les livres regardés comme authentiques et faisant partie des Écritures saintes. M. Le Qerc a consacré 34 chapitres à dbtinguer les écrits ;ipocryphes de ceux qui ne le sont pas 1 » {Manuscrits de la Bibliothèque de Lyon, t. 1, p. 182.) Évidemment, Delandine ne connaissait pas mieux le Décret du Pape Gélase que la Dissertation de M. Le Gerc, qu*il avait pourtant sous les yeux.

iCUTS COXCERMAKT L'hISTOIKE ECCLËSUSTKIUE 43

onsdas en 520. Baluze parait avoir le premier formulé ce sentiment adopté depuis par beaucoup d'écrivains postérieurs (i).

G; partage des savants, joint à d'autres considérations drées du fond même du Décret, a déterminé quelques protestants, cridques d'ailleurs modérés, tels que Pearson (2), à le r^arder comme l'œuvre d'un auteur inconnu qui a écrit après le cinquième Gmcile oecuménique, tenu à Constantinople ài 553. Parmi les cadioliques, le P. Poisson, de l'Oratoire, a pensé que les raisonnements de Pearson suffisent au moins à rendre la question douteuse. « Joannes Pearsonius, dit-il, nuper htcertum rdiquit an à Gelasio editum sit boc decreium, ex boc quod ^us nemo memintrit, nisi eircitcr octavum à Cbristo stculum, et Hincmarus Rcmensis, aut primus, aut i primis fturit qui bttjus dtcreti'mmtionem fecerit (3). »

C'est aussi le premier argument que £iit valoir M. Le Qerc. G>mment expliquer, dit-il, qu'on n'ait commencé à parler que

(i) BaJta^, NoU m Epia. 128 B. Servati Lupi PreshyUn d Ahbatis Ferra riauis; Pariais, 1664, in-S», pages 456, 457. — Panni les auteurs postérieurs à Baluze et à M. Le Gerc nous citerons : Mansi \Kot, in Natal. AJexand. Hisi. eccla. sec. V. art. X; Bingîi ad Rhenum, 1787, t. IX, p. 22, 33 , 356, et Conciî., t. VIII, p. 151 et suiv., ou Migne, Patrol. lot., t. LIX, col. 163-166); ^ D. Coustant et André Thiel (oper. cit., p. 50, 51 , 118- 120); — Mgr Héfelé (Histoire des Conciles d'après Us documents originaux, trad. de Tallemand par M. Tabbé Delarc; Paris, 1870, t. III, p. 219 et suiv.) ; le P. Franzelîn, qui néanmoins, contrairement à Mg^ Héfelé , pense que le Catalogue des livres canoniques faisait partie du Décret de Gélase (Tractatus de Divind Traditione et Scripturd; Romas, 1870, p. 376); enfin, le P. De Smedt qui, sur ce point, pense comme le cardinal jésuite de Rome. (Dissert. XIX. De Decretàti sub Gtlasii I. S. T. nomine vulgo édité).

(2) Il est à remarquer, en efTet , que Pearson tente de prouver la non authenticité du Décret de Gélase dans Touvrage même où il démontre si victorieusement, contre le ministre Daillé, Tauthenticité des Lettres de ssdnt Ignace, martyr. (Vindida Ignatiana, part, i, cap. IV, apud Cotelerium, Patres ApostoUci, Amstelaedami, 1724, t. II, part. 2, p. 292-296.) Mp Freppel appelle cet ouvrage « un vériuble chef-d'œuvre de science et d'érudition. » (Les Pères Apostoliques et leur époque, Paris, 1859, in-80, p. 339.) Ricfater dit aussi : « Non desunt qui apocryphum totum putent. » (Décret. Gratiam emendat. et notât, illustr., apud Migne, Patrol. latin., t. 187, p. 74.)

(3) Delectus Actorum Eulesia univer salis, cum notis ad canones; Lugduni, 1706, t. 2 ; Nota ad canones, page 267.

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vers Tan 830 d*ua décret poné par 70 évêques ayant 4 leur tète le Souverain Pontife, d'un décret que ces mêmes évèques durent communiquer à leurs églises respectives, d'un décret statuant sur des matières aussi importantes que le Canon des Saintes Écritures, les Conciles et les écrits que tout catholique doit recevoir ou rejeter? Comment ce même décret a-t-il pu être ignoré ou négligé par tous les coUeaeurs de Canons qui se sont succédé pendant 300 ans, par Denys le Petit qui, peu de temps après la mon du pape Gélase , avait recueilli avec tant de soin, à Rome même, les Épitres et les Décrets des Souverains Pontifes; par Denys le Petit qui £iit un si grand éloge du même pape Gélase dans b pré&ce de !sa collection où il dit ces remarquables paroles : « Pratcritarum Sedis Apostolica Prasulum canstituta quâ valut cura diligmtiâque collegi..., ità ut... singulorum Pontificum^ quotquot à me pra^ cepta reperta sunt, suh unâ numerorum série terminarcm » (i). A la vérité, cet argument n'est que négatif, dit M^ Le Clerc, mais on ne peut nier qu'il ne soit d'un grand poids (2).

En second lieu, dans la dernière partie du Décret, les livres qui ne sont pas reçus sont tous désignés par un seul et même nom, celui d^apocrypbes. Selon M. Le Clerc, ce terme signifie ici condamné, rejeté par l'Eglise. En effet, la liste s'ouvre par le Concile de Rimini (pourquoi celui-là seulement? demande M. Le Clerc). Le Décret déclare cette assemblée ex tune et nunc et usque in aternum damnatam; et il ajoute aussitôt : « Item (3) Itinerarium nomine Pétri Apostoli... apocryphum ».

(i) Sacro-Sancta Concilia, éd. Labbe, t. I, page 3.

(2) D. G)ustant y répond en disant que le Décret de Gélase n'entrait pas dans le plan de Denys le Petit. « Ipsi (Dionysio) id consiîii fuit ut prima coîUciionis sua parji canones pridem receptos, ac postremas Romanorum Pmtificum Epistolas, non synodalia gesia, qua formam epistolarem minime pra se ferrent, insereret, adeoque in neutram convmiebat hoc (Gelasii) Decretum. Nom neque inter canones oUm receptos, neque inter antistitum Romanorum Epistoias cenuri paierai, sed inter synodalia gesta. » (Epist. RR. Pont, éd. dt., p. 48.)

(3) Quoique ce mot item ne se lise que dans trois manuscrits, selon D. Coustant , néanmoins , de Taveu du docte Bénédictin, il est dans tous les imprimés, ce qui suffit à justifier la bonne foi de M. Le Clerc. (Epistola RR. Pont, éd. cit., p. 462, not. 9.)

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L'ouvrage indculé Itinéraire de saint Pierre est donc aussi bien condamné, et de la même manière que le Concile de Rimini^ Ainsi d^ailleurs l'ont entendu Burchard et Yves de Chartres qui, tous deux, ont donné à cette partie du Décret le titre suivant : « De Notitid librorum apocryphorum qui à SS. Patribus aternâ damnatione damnati sunt. » Mais, de plus, n'est-ce pas le titre imposé par le Décret lui-même ? Après avoir indiqué les ouvrages des Pères que reçoit la sainte Eglise Romaine, il annonce en ces termes ceux qu'il va qualifier ^'apocryphes : « Cotera, qua ab hareticis sive schismaticis conscripta vel pradicala sunt, nullatenus recipit Catholica et Apostolica Romana Ecclesia. Ex auiBUs pauca, auis ad memoriam venerunt et a CATHOLicis VFTANDA SUNT, crcdidimus esse subdenda. » La fin du Décret concorde tout à fait avec ce commencement : « Hitc et his similia (c'est-à-dire les livres semblables à ceux dont nous venons de faire le dénombrement) qua Simon Magus... necnon et omnes haresiarcha eorumque discipuli sive scbismatici docuerunt vel conscripserunt , quorum nomina minime retinentur, non solum repudiata, verùm etiam ab omni Romand Catholicd et Apostolicd Ecclesid eliminata atque cum suis AUCTORiBUS auctorumque sequacibus sub anathematis insolubili vinculo IN iETERNUM confitemur esse damnata (i). » Ainsi sont

(i) D. Coustant range les deux dernières phrases du Décret sous un seul alinéa précédé d*ua numéro d*ordre, en ceue manière : « 10. Phylacteria omnia, qtut non Angelorum, ut ilîi conjingunt,,,, apocrypha. Hoc et his similia,,, confitemur esse damimia ». Puis il ajoute cette remarque : « Neian^ dum pronomina hxc et h\s ad proxima verba, scilicet phylacteria, non ad ea omnia, qwe superius apocrypha pronuntiantur, referri. In his ettim plurima sunt^ qua Gelasius non usquequaque renuenda censebai, ut nominatim de Eusebii bisloria mentem suam aperuit, et quorum auctores anathematis insolubili vinculo damnare noluisset ». (Loc. cit., p. 469, not. 82.) Sans prétendre contredire cette observation, à laquelle on ne saurait refuser le mérite d'être ingénieuse , Timpartialité nous fait un devoir de remarquer que tous les textes imprimés, et D. G)ustant lui-même, dans Tédition qu*il donne de ce passage, en unt que venant du pape Hormisdas (1. cit., p. 937), séparent la dernière phrase de la précédente , non-seulement par un alinéa , mais même quelquefois par un chiffre distinct. Voir toutes les éditions des Conciles et du Décret de Gratien, notamment celles de Labbe, Hardouin, Mansi, Poisson , Pithou , Richter, etc.

46 KBITS OOOCDDLAST L^UISTOUE BOCLÉSUSnOUE

paiement dèdarès ëpocrjpia et coodaimiés , Doa-seukment les écrits de Fauste le Manichéen, de MontaD, de PrisciUe et de Maximille, nub ceux de Oémem d'Alexandrie» d*HeniiaS| d'Eusèbe, de Mctocin» etc.

Dira-t-on que par apocrypba le Décret entend seulement les ouvrages qui ne sont pas ii première autorité, d'une autorité telle que serait par exemple celle de saint Augustin ou de sûnt Jérôme? Mais alors, ainsi que Ta déjà observé le cardinal Kôris (Appenà. ad Hist, Pelag., p. 117), « il £iudra donc dire aussi que les ouvrages de Montan et de Fauste le Mani* chéen ne sont pas hérétiques, mais seulement qu'ils ne sont pas de première autorité? > — Dira-t-on que par ouvrage apocryphe le même Décret entend successivement, pro subjectâ materiâ, tantôt un écrit dont l'auteur est inconnu et incertain, tantôt un écrit qui n'a pas d'autorité reconnue, tantôt enfin un ouvrage hérétique. Mais n'est-ce pas là s'ériger en juge du Décret et vouloir déterminer le sens de ses paroles par l'opinion que Ton a préalablement conçue des ouvrages dont il parle, au lieu de recevoir du Décret l'opinion que Ton doit avoir de ces mêmes ouvrages? Une telle façon de parier de la part du Souverain Pontife n'aurait-elle pas pour effet d'éterniser les disputes mêmes que son Décret doit avoir pour but de terminer? « Kart improvidi », dit le pape Hormisdas dans un passage de la lettre à Possesseur, évèque d'Afirique, où Ton a cru voir une allusion au Décret de Gélase (i), non improvidi vmeranda Patrum sapientia fideli posteritati qna essent canonica dogmaia dtfiniit, urta librorum etiam vtterum in auciO"

(i) Après avoir examiné en détail tous les termes du texte entier d*Hormisdas, et Tavoir confronté avec celui de Tévèque Possesseur, Fauteur d'une remarquable Disserution sur Fauste de Riez, publiée à Munich en i8S4, conclut que les paroles citées par nous ne contiennent ni la condamnation des doctrines de Fauste, ni la moindre allusion au Décret du pape Gélase, Nous regrettons de ne pouvoir, à cause de son étendue, reproduire ici cette discussion, qui nous a paru pleine de sagacité et de justesse. V, Fausti Eigiituit Galîiarum Episcopifida in expanendd gratid Cbristi illustraia djoannê Héller, preshyiero Passavienti et Doctore Tbeologo\ Monachii, 1854, in*8o,

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ritatem recipimda, Sancto Spiritu instituente, prafigens : ne opi^ niani sua lector indulgens, non quod étdificationi ucksiastica convenir et, sed quod voluntas sua concepisset, assereret (i). »

On ne peut du moins disconvenir que la partie du Décret qui regarde Fauste de Riez ne saurait être du pape Gélase. En effet, Jean Maxence et ses confrères, que Ton nomme ordinairement les Moines Scythes^ accusés d'erreur sur l'Incarnation, crurent se justifier en dénonçant à leur tour les livres de Fauste comme infectés de Pélagianisme. La dispute s'échaufiant de jour en jour entre les adversaires et les défen« seurs de l'évèque de Riez, un évèque d'Afrique, nommé Possesseur, écrivit au pape Hormisdas pour le prier de décider la controverse par .son autorité apostolique. Le Pape répondit par une lettre du 13 août 520, et il ne décida rien, se contentant de déclarer qu'il importait peu de savoir ce qu'un simple évèque avait pu penser touchant des questions sur lesquelles on avait les décisions des Conciles. — Or, dans tout le cours de cette dbpute qui dura près de deux ans, il ne fut jamais, d'aucun côté, dit un seul mot du Décret du pape Gélase qui eût néanmoins suffi pour donner satisfac-

(i) EfUtcil. (iR. Pontif., éd. cit., page 930. — La dernière solution, rejetée ici par M. Le Oerc comme peu conforme au texte du Décret, est cependant celle à peu près de tous ceux qui en soutiennent Tanthenticité , et elle nous parait, en efTet, nécessaire dans leur sentiment. Outre les auteurs cités , voir encore Honoré de Sainte-Marie , Réflexions sur les règles et sur Vusage de la critique, t. II, liv. IV, Disserut., II, p. 371-372. Le P. Joseph Van Hecke est aussi de cette opinion; >4c/a SS, octobris, tom. XII, Bruxellis, 1867, p. 452-455. — L*avis du P. De Smedt paraît différent et même contradictoire : « Neque dicendum est cum quihusdam, dit-il, Ixmc vocem varia sensu accipi in Gelasiano Décréta. Omnibus enim libris, quitus in ea bac censura inuritur, convenit nata quam mada indicavimus, » (scilicet, liber non habens canonicam auctoriutem, seu ex quo testimonia efïicacia desumi non possunt ad comprobanda dogmata 6dei vel régulas juris ecclesiastici) ; « quod sufficit ut juxia sensum antiquum apocryphi appellentur, quamvis utique 6b diversas ratianes, Alii scilicet, quia non sunt ejus scriptaris cujus namen praferuni ac proindi non Ijobetit aucloritaiem qud bujusmodi serina gauàent ; alii quia ab hereticis vel suspectis bominibus compositi aut adulterati sunt, vel etiam quia nonnilnl iis admixtum est baud satis purum et int^rum nec ab amni suspiàottc Uberum, » (Dissert., cit., cap. III.)

48 ÉOtlTS COSŒKXAXT l'HISHTOIKE ECOisUSnOSSE

don à Maxence. « Pose assurer, dit M. Le Oerc, que c'est une preuve sans réplique que ce Décret , que Ton date de 494, était absolument inconnu vingt-cinq ans seulement après, et conséquemment qu'il n'existait point encore (i)- » M. Le Clerc Éiit encore- sur les premières parties du Décret plusieurs critiques de détail , ou plut6t pose plusieurs questions que nous ne pouvons qu'indiquer. Ainsi il demande s'il est à croire qu'un pape a pu traiter dibérétique l'opinion de saint Augustin, de Prudence, d'Arator, de saint Grégoire de Tours et de bien d'autres, qui ont soutenu que saint Pierre et saint Paul avaient été martvrisés à Rome le même jour, à la vérité, mais non la même année (2). — H demande quel auteur ecclésiastique, soit avant, soit après Gélase, a donné aux Décrets des Conciles œcuméniques le nom Récritures. « Romana Ecclesia, dit le Décret, post illas Vetaris vel

(i) Remarques crùiquts sur îe Did, de BayU, art. Taffer, 1 10. — Le P. Stiltmg, partisan i la fois de l*audienticité do Décret attribué au pape Gélase et de Torthodoûe de Fauste de Riez , croit que les mots ofmscmla Fausti Regiensis apocrypba n'avaient pas encore été insérés dans le Décret au temps du pape Hormisdas. « Mihi probtûnlius vidttur, dit-il , imo quasi cerium bac de Fausti opusculis postmodum Decreto addita esse, prout alia qwtdam.,. Si vero apocrypba /ttûi»!/ declarata à Geiasio Fausti opéra, ueque 'Possessor Episcopus, tteque Hormisdas Papa, nequejoaunes Maxemtius id iguorassettt. Si tamtn omnes de libris Fausti sic ïoquuntttr, uteddere nibil prorsiu videantur itUdlexisse. » Qpant à Tautcur de cette addition, void ce qu'en pense le P. Stilting : « Nescimus cujus auctoritate idfactum sit. Certo non videtur idfactum légitima potestate. » (De S. Fausto commentarius historiens, n. 106-1 17 ; Acta 55. Sept., u VII, éd. Antuerp., p. 671-673). — Le P. Antoine Pagi (Crii. in Annal. Baronii, ad ann. 494, n. 3), affirme, au contraire, que les paroles concernant Fauste de Riez étaient déjà contenues dans le Décret de Gélase et que le pape Hormisdas s'est borné à l'envoyer, sans y rien changer, aux évoques qui le consultaient. — Mais D. Constant ne partage pas cet avis. Il soutient que l'addition a été faite par Hormisdas, précisément à la stiitc des controverses élevées au sujet des ouvrages de Fauste de Riez. En conséquence, il date du même jour que la lettre à Possesseur, c'est-à-dire du 13 août S20, l'édition augmentée que ce Pape donna, selon lui, du Décret de Gélase et des 70 Êvéques (V. EpistoLe RR, Pmtif., p. 50, 51, 120).

(2) Mp Héfelé trouve aussi cette phrase du I>écret « assez surprenante » et il ajoute que Windiscbmann cherche, dans ses Vindicia Petrina (p. 66)* à l'expliquer par la remarque suivante : « Gelasium magis perversam hétreti-

ECRITS CONCERNANT l'hISTOIRE ECCLÊSUSTia^'E 49

Novi Testamtnti, quas regulariter susdpimus, eliam bas suscipi non probibel (c'est bien peu dire lorsqu'il s'agit de Conciles œcuméniques) scrifturâs, id est, sanctam Synodum Kicœnam, etc. -).

— n demande pourquoi le pape Gélase compose d'un si petit nombre de Pères la liste de ceux qu'il déclare reçus et approuvés par l'Eglise Romaine, lui qui, dans son Traité des deux natures, en cite quantité d'autres, et de bien plus célèbres que sdnt Prosper et saint Théophile d'Alexandrie , par exemple sûnt %nace, saint Irénée, saint Hippolyte, saint Amphiloque, saint Damase, saint Grégoire de Nysse, etc.

— n demande s'il est vrai, conmie le dit l'auteur du Décret, que les Actes des Martyrs n'étaient pas lus publiquement dans l'Eglise Romaine, et si la réponse de D. Ruinan (qui restreint la prohibition à l'Eglise de Saint-Jean-de-Latran et aux Actes dont les auteurs sont inconnus) n'est pas en contradiction et avec elle-même et avec le texte du Décret (i).

— n demande si saint Jérôme a écrit une vie de saint Antoine distinae de celle de saint Paul, premier ermite ; si les longues disputes de ce saint Doaeur avec Ruffin ont jamais eu pour objet la question du libre arbitre ; s'il n'y a pas contradiction à déclarer dt/orr)'^ l'histoire d'Eusèbe^ après l'avoir simplement blâmée sans la condanmer (a); si Posthumius et Gallus sont deux auteurs, et non pas deux

corum qui ed traditione abutdanlur, intetttionem reprebendisse creâimus, quàm quod ipsam iîlam traditionem htrdkam esu censuerit. » (Hist. des Conc., 1. cit., p. 222.) — De nos jours encore, le R. P. Gams, Religieux Bénédictin, conclut ainsi un travail qu*il a composé sur ce sujet : « L*apôtre saint Pierre a été mart^TÎsé le 29 juin de l'an 6$ après Jésus-Christ ; l'apôtre saint Paul, le 29 juin de l'année 6j après Jésus-Christ. » {Année du Martyre des saints apâires Pierre et Paul, trad. de M. l'abbé P. Bélet ; Paris , 1867, in-^o, p. 79).

(i) D. Constant avoue que la défense de lire les Actes des Martyrs s'applique à toute l'Église de Rome, mais non aux fidèles, à qui cette lecture est permise en leur particulier. {Epistol, RR. Pont, genuin^, p. 458).

(2) « Il y a évidemment là une contradiction, dit Mf Hcfelé, à moins que VHistaria EusAii Pampbili, mentionnée dans la cinquième division, soit, en e£kt, un ouvrage apocr^-phe, n'aj-ant rien de commun avec la vériuble Histoire authentique d'Eusèbe. ^ (Hist. des Conciles, tom. III, p. 226.) Mais voy. D. Cousunt, Epist, RR. Pont,, p. 466-467, ncrt. 69.

50 Êcirrs comcernakt l'histoire ecclesiastiqpe

interlocuteurs d*un dialogue composé par Sulpice Sévère, etc. (i).

Voilà, dépouillée des raisons plus ou moins probables qui leur servent d'appui, quelques-unes des difficultés de M. Le Oerc. Les réponses faites à la plupan d'entre elles, réponses souvent ingénieuses, souvent aussi opposées les unes aux autres, ne sont peut-être pas toutes de nature à lever tous les doutes, à dissiper tous les nuages. Néanmoins nous pensons qu'aujourd'hui on ne peut guère s'écaner de l'opinion commune, qui attribue le fameux Décret aux papes Gélose et Hormisdas. Ce serait, en effet, récuser l'autorité de plus de quarante manuscrits vus , collationnés , minutieusement examinés par les critiques les plus compétents et par eux déclarés antérieurs à tous ceux qui contiennent la collection du &UX Isidore (a). Or^ cet argument qui, au temps de M. Le Clerc, n'avait pas toute la force et l'évidence qu'il a de nos jours (3), grâce aux travaux de D. Constant, des Ballerini et surtout de Thiel (4), cet argument, disons-nous, doit être prépondérant dans la matière présente, et c'est bien ici le cas de dire avec Gfœrer : « Lorsqu'il s'agit de discuter Torigine et l'authenticité d'un ouvrage, je préfère de beaucoup Targu-

(i) D. Coustant répond affirmativeraent et ajoute que saint Jérôme avait remarqué dans ce Dialogue des erreurs qui, aujourd'hui, n'y sont plus. (Epist, RR, Pont,, p. 467, not. 71).

(2) Sur le nombre et l*antiquité de ces manuscrits, voir Ballerini,, De AfUiquis coUectùmibus et cdtUctoribus canonum, part, a, cap. XI, parag. V. Appeotiix ad. S. Leonis Magni opéra; Venetiis, 1754, tom. III, pag. cu- CLvn. D. Coustant et Th\c\ ^ EpisioU RR. Pontif, genuina^ p. 45-50, 53- 58. — L'antiquité du Codex vaticanus TaJat., n. 493, paraît néanmoins avoir été exagérée par Mabillon. Arevalo, qui avait vu ce manuscrit , le croyait du ^Xi«, ou tout au plus du x« siècle. V. Prol^omena in Sedtdii opéra, apud >iigne,tPa/ro2qf . Lot., tome XDC, col. 495-496.

(3) Heller disait encore en 1854 : « Decretum Gehuianum ea est conditione ul diîigenti crilicorum curd adbuc indigeat, » (Fausti Regiensis... fidcs...

(4) « Neque hactenus, dit le P. De Smedt, satis ea controversia dirimi poierat deficUi^ argumento quod pracipuum esset, ilîud nempè quod ex coîJathne codicum fftss, variarumque eorum Uctimum desumettdum erat. Hune làborem denique sm^ cepU Cl Tbid ann, 1866 et 1867 ». (Diss. cit.)

ECRITS CONCERNANT L HISTOIRE ECCLESIASTiaUE 5I

ment du témoignage aux conclusions tirées du livre même. Ces derniers ne dépassent guère la vraisemblance et se réduisent» en général, à des résuluts plus négatif que positif; tandis que les raisons extrinsèques, surtout quand les raisons intrinsèques viennent les confirmer, permettent une décision certaine en indiquant le véritable auteur du li\Te. C'est pourquoi tout critique sérieux n*hésitera pas à donner le premier rang aux preuves tirées du témoignage » (i).

V. — Appendix. S. Fausti hmountia, safictitas et boita prtesertim fides, contra ejus, sive antiques, sive neottrUos, obtrectatares demonstrantur.

Manuscrit original d'environ 80 pages.

Le sujet traité dans cet Appcndix l'avait été déjà avec quelque étendue dans la Dissertation précédente où il ne remplit pas moins de 68 pages. M. Le Clerc y promettait aussi de montrer dans un Appendice séparé que saint Césaire copiait souvent Fauste de Riez. Ces deux écrits ont donc été composés après le travail sur le Décret de Gélase, et selon toute probabilité, vers 17 14 ou 1715- Sur la fin de sa vie, M. Le Clerc compléu cette dissertation dont 01: trouvera l'analyse au chapitre XXVI. Là, sous ce titre général. Apologie de Fauste de Rie:^ nous présenterons l'ensemble de ce que notre • savant critique composa pour défendre l'illustre évèque des Gaules contre ses imposants détracteurs.

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