‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 35 sur 83 · CORRESPONDANCE AVEC LE P. DESMOLETS · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE AVEC LE P. DESMOLETS

« J'ai lieu de croire, dit Févret de Fontette, que le P. Desmolets avait abandonné ce projet et qu'il n'y a plus songé jusqu'à sa mort, arrivée en 1760, puisque, quelque recherches que j'aie faites, je n'ai rien pu trouver de lui qui eût rapport à cet objet » (^Préface, p. vu). Ce que le P. Desmolets n'a pu ou voulu exécuter, l'a été par le même Févret de Fontette qui, de 1768 à 1778, publia à Paris, en cinq volumes in-folio, la seconde édition de la Bibliothèque historique de la France (i).

(i) Nous trouvons dans les lettres du P. Desmolets i M. Le Clerc de curieux détails sur un nommé Martel , avocat au Parlement de Toulouse , auteur de plusieurs ouvrages , entre autres des Mémoires Instoriquts et littéraires, publiés à Genève en 1721 (2 vol. in-12). Selon Tabbé d*Artigny (Nouv. Mém., tom. VU, p. 8) , ils n*ont presque rien d*intéressant que la vie de Jean-Étienne Durantî, premier président au Parlement de Toulouse, avec l'apologie de ce magistrat célèbre contre les critiques qui ont prétendu lui enlever son excellent ouvrage De Ritibus EcclesiiC CatJjolica. Cette Apologie avait déjà paru séparément en 1686 , à Toulouse , in-12 , sans nom d'auteur. Barbier et ses derniers éditeurs ne font pas connaître cet anonyme.

« Ce M. Martel, dit le P. Desmolets, est un Toulousain dont l'esprit est tout plein de chimères. Comme il croit son livre excellent, il en a £iit tirer deux mille; encore est-ce une modestie étonnante, car il en voulait avoir cinq mille. Ce n'est pas tout ; il prétend le faire traduire en latin, en italien, en espagnol, et compte d'en distribuer cinq mille de chaque langue. Cependant, c'est ici la troisième édition de son ouvrage, et il n'y en a peut-être pas eu cent de vendus de chaque édition. Il est vrai qu'à chaque édition le livre a été revu , corrigé et augmenté et par lui et par d'autres. Vous avez pu connaître, par le prospectus que j'ai eu l'honneur de vous envoyer, combien il roule de desseins dans sa tête. Le fâcheux, c'est qu'il n'est propre qu'à les imaginer et est infiniment au-dessous de chacun de ses projets. Un autre de ises projets, c'est comme il vous l'a déclaré, de publier le Moréri, corrigé et augmenté, en langues italienne et espagnole; et si le ciel le favorise, il le mettra en persan, en copte, en moscovite, en arabe, etc. Mais tout cela n'est que dans son imagination. Il croit qu'on peut imprimer et traduire 5 volumes in-folio en un an, et qu'on les lui traduira pour 500 fr. Il ne lui en coûterait pas plus de promettre cent mille écus , car il puerait autant l'un que l'autre, n'ayant pas souvent de quoi diner. Voilà un article curieux pour le nouveau Moréri , car je crois qu'il s'est peu trouvé d'originaux de cette espèce » (19 juillet 1722).

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