‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 34 sur 83 · COMŒSPOKDAKCE AVEC LE P. LELONG · texte numérisé non relu

COMŒSPOKDAKCE AVEC LE P. LELONG

» dans ma Préface sur Moréri, page 2, que c'est depuis long- » temps mon inclination. »

Étonné de tant de richesses si promptement acquises et si libéralement répandues, le P. Lelong ne peut assez exprimer toute la vivacité de sa reconnaissance. Il écrit le 5 septembre : « J'aurais bien de la peine. Monsieur, à tenir le marché que » vous me proposez. Je ne me sens ni ne me connais pas 9 assez riche pour pouvoir remplir toutes les conditions. Vous » m'avez déjà envoyé plusieurs grands mémoires tous fort » instructif et qui m'ont été fort utiles, et à peine vous ai-je » envoyé deux notes qui vaillent quelque chose. Je vous prie, » du moins, d'agréer ma bonne volonté. »

Le courrier qui avait apporté cette lettre remportait, le lendemain 6 septembre, de nouvelles et nombreuses Remarques de M. Le Qerc, lesquelles, le 10, provoquent de nouveaux remerciments et de nouvelles observations de la part du P. Lelong. Vingt-huit jours à peine s'étaient écoulés depuis celui où le Bibliothécaire de l'Oratoire écrivait pour la première fois à celui du Séminaire d'Orléans, et déjà ils avaient échangé plus de huit lettres! Et quelles lettres, sous le rapport de l'étendue et plus encore de la matière ! La correspondance, interrompue à la dernière date par la réponse que M. Le Clerc fit à la Discussion de D. Méri, est reprise le 20 octobre pour continuer, toujours sur le même plan, les 28 octobre, 13 novembre, i" décembre 1720, 11 et 16 janvier, 6 mai, 4 juillet 1721, etc., c'est-à-dire jusqu'à la mort du P. Lelong, arrivée le 13 août, jour anniversaire de celui où ses rapports directs avec M. Le Clerc avaient commencé.

Nous croyons inutile de reproduire, même partiellement, les Remarques qui remplissent cette correspondance, parce qu'elles ont dû passer dans la seconde édition de la Bibliothèque historique, donnée par Févret de Fontette. Les notes de M. Le Clerc, nous n'en doutons pas, fabaient partie de ces Lettres de divers savants, mêlées aux recherches du P. Lelong, dont parle l'éditeur dans sa Préface (p. vu), et qu'il dit lui avoir été communiquées par le P. Jannart, bibliothécaire de la maison de l'Oratoire de Paris.

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Le successeur immédiat du P. Lelong dans cette même charge de Bibliothécaire fut le P. Desmolets, qui renoua bientôt et continua avec M. Le Clerc le commerce Uttéraire commencé par son illustre prédécesseur (i). Dès le 4 octobre 1721, il envoyait au Séminaire d'Orléans une lettre dont voici

quelques passages :

« J'aurais eu plus tôt l'honneur de répondre à votre obh- » géante lettre, si je n'avais été, lorsque je jla reçus, dans les » embarras d'un déménagement qui m'empêchait de me re- » connaître, mes livres et mes papiers ayant été remués en » mon absence et brouillés de manière que j'ai eu besoin de » sept ou huit jours pour les rassembler, ce que j'eusse fait » en vingt-quatre heures, si j'avais présidé à l'ouvrage, pai )) hérité de la charge du P. Lelong, comme de sa chambre » et de ses manuscrits. La Bibliothèque sacrée est déjà fort )) avancée ; il y a fait des additions considérables et quelques » corrections. Les commentateurs paraissent ici pour la pre- )) mière fois ; le Catalogue est exact et nombreux , mais il est » sec et décharné. U ne porte aucun jugement; j'en donnerai » les raisons dans une Préface, qui est tout ce que je pourrai » ajouter, avec la vie de l'auteur, que je donnerai assez courte, » n'y ayant rien eu dans toute sa vie que de très-uniforme. » J'en ai fourni un abrégé à MM. les Auteurs du Mercure; » c'est tout ce que j'en sais pour le présent.

» A l'égard de la Bibliothèque historique, j'ai le manuscrit du y> P. Lelong, sur lequel il y a beaucoup de corrections et des » augmentations considérables qui peuvent aller à un tiers; » mais comme le livre n'est pas encore achevé de vendre, et » que l'édition n'est pas prête à se faire, j'espère, moyennant

(I) Pierre -Nicolas Desmolets naquit à Paris vers la lia de 1678. 11 lit sa théologie au Séminaire de Saint-Magloirc, et entra dans la Congrégation de rOratoire le 2 septembre 1701. Son assiduité aux exercices de la maison, sa rare modestie , sa complaisance et s.3n affabilité lui concilièrent raffcction de tous ses confrères. Il mourut le 26 avril 1760, dans sa 83c année. Ses nombreux travaux consistent principalement dans des éditions et des recueils laits avec soin, et dont on peut voir la liste dans la Bi<^raphie unhxrsellc de Michaud, art. Deswokts.

CORRESPOXDAKCE A\'EC LE P. DESMOLETS 8l

» Dieu et Taidc des habiles gens qui voudront bien m'aider » de leurs lumières et m'indiquer les manuscrits qui sont con- » serves dans les provinces , donner une édition exacte et par- » laite de ce livre. »

M. Le Clerc satisfit selon son pouvoir aux désirs du P. Desmolets, et lui envoya plusieurs Remarques en 1722 et 1723, c'est-à-dire Tannée qui précéda et celle qui suivit sa translation au Séminaire de Lyon. Le nouveau Bibliothécaire de rOratoire avait aussi hérité des sentiments reconnaissants de l'ancien, et il en donne de nombreux témoignages à M. Le Qerc : a Vous voyez, Monsieur, que je profite avec plaisir > de vos savantes Remarques ; j'aurai soin de vous en faire » honneur dans la Préface de la seconde édition que je mé- » dite , et m'oflBre, en revanche, de vous communiquer toutes » celles qui pourraient vous intéresser, autant qu'elles seront » en mon pouvoir » (9 mars 1722). — « Vos lettres me font » un plaisir infini; je trouve dans chacune une moisson abon- » dante d'instructions et de choses agréables » (20 mai 1722). — « Je vous remercie de la bonté avec laquelle vous continuez » à m'avertir des fautes dans lesquelles est tombé le P. Lelong » et des corrections qu'on pourrait faire à son ouvrage » (19 juillet 1722). — a Je vous rends mille grâces de la bonté » que vous avez de vous souvenir toujours de moi en me 9 communiquant vos judicieuses Remarques sur la Bibliothèque » historique » (22 janvier 1723). — « Je vous rends mille grâces » des Remarques que vous avez eu la bonté de m'envoyer, et » encore plus des perquisitions que vous faites dans le Lyon- » nais par rapport à vos desseins et à celui de la Bibliothèque » historique. J'espère être en état de travailler tout de bon à » cet ouvrage dans l'année prochaine et les suivantes, et d'en » commencer une nouvelle édition en 1726 ou 1727, si Dieu » me prête vie jusqu'à ce temps. Je me flatte qu'avec les re- » cherches que je ferai de nouveau dans les Bibliothèques de » Paris, et les Remarques que quelques personnes savantes et » obligeantes ont bien voulu me conununiquer, entre lesquelles » vous tenez une des premières places, ce livre deviendra et plus » parfait et plus dighe de l'attention du public » (sans date).

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