‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 39 sur 83 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

RAPPORTS DE M. LE CLERC AVEC LE PRÈSmENT BOUHIER, LE POÈTE SENECÈ ET LE BARON BLMARD DE LA BASTIE.

On a écrit que « l'amitié de Bouhier fut l'honneur et le charme de la dernière moitié de la vie de Marais » (2). Dans

(i) Voltaire, Discours de réception à V Académie Française. (2) M. de Lcscure, Matlneu Marais, sa vie et ses outrages ; Journal , tome I, page 63.

Toiw leîs apparieiiKMits uctuelloineiu disponible.'? >o\\{ occupés (laas lea trois maisons qui viennent d*ètre ouvertes; il a été impossible de satisfaire aux demandes de tous les élèves, et il nous est afçréable de constater que, parmi ces dernières demandes, plusieurs venaient de jeunes gens qui suivent depuis un an ou deux ans les cours de ITniversite. T'ne quatrième maison de famille sera ouvert^^ au commencement ciu second trimestre.

MIBLIOUHAVHIK

Vie. écrite t>t correNpoudanco littéraire de liaureni Josse Lf* rierc, par L. Bertrand. pr»'*(ie de Saint-Sulpice (1).

Quiconque se donnent le plaisir do lire, comme Je viens de ieî faire, ce livre, cheWomvre d'ailleurs de typographie, le redira avec moi : In race i\{i>i grands êrudits n'esta pas éteinte en l^'rance. 11 y a toujours de ces vaillants chercheurs qui font, non pas vingt mille lieues sous les mers, comme les héros imaginaires de Jules Terne, mais des milliers et des milliers de kilomètres sur la route et sur les échelles des bibliothèques.

Que voulez-vous? Le monde de Térudilion a ses mirages romme le monde physique. I^a curiosité littéraire tiscine certains esprits; ils courent après rAtlantide de leurs pensées roinine d'atitres ont chenhè les sources du Nil ou le passage au pôle n(»rd: et croyez le bien, avec autant do «'ourage. Autour d'eux la révolution s'agite, les empires croulent, le monde tremble, sans les détourner de leur but. En les voyant, on 'ionge à Archimède p<mrsuivaut ses calculs sous Tépée du soldat ennemi: on rêve des bienheureux qui participent là haut à l'imperturbabillté même do Dieu.

Quand nous parlons de la sorte nous avons en vue à la fois Tauteur et le héros de ce livre.

Parlons d'abord du héros.

Lourent Josse Le Clerc fut un des dix-huit enfants du fameux Sébastien Le Clerc, ingénieur, géographe, professeur de géométrie, membre de l'Académie royale de peinture, dessinateur et graveur du cabinet du roi, chevalier romain. Tous ces titres sont énumérés sur une médaille qu'on vient de frapper a Metz en rhonneur de celui qui fut* incontestablement sa plus grande illustration artistique. >

Sébastien Le Clerc fut chrétien, pieux et père vigilaiit autant qu'habile artiste. Pendant plus de soixante ans, il récita chaque Jour Tofllce de la Vierge. Avec autant de soin qu'il dessinait les flgures d'anjges et de saints, il forma l'Ame de Laurent Josse. L'enfiintmit a profit cette sollicitude : non content d'être à Jésus-Christ comme chrétien, il voulut lui appartenir comme prêtre. Ktaot entré dans la Société de Saint-Sulpice, il devint

'~(i) Parm iHjH. «• Rn vtnte chex Vérêi, ii Bol-deauv, i vol. in-H*, tiré è àso cwmpltirtn.

nrofesseur et directeur de Séminaire à Tulle, à Orléans et enfin a Lyon où il mourut.

La théologie qu'il enseignait exerça â*abord sa plume. Ses traités de la Grâce, de la Justification, de la Prédestination, de TEucharistie, de l'Ordre, de la vie des Clercs, des privilèges de Marie, sont savants, bien digérés, écrits dans un latin souple et élégant.

De la théologie, Tabbé Le Clerc passa à l'histoire ecclésiastique qui en est comme la sœur. Ses divers travaux sur cette matière vinrent s'encadrer dans une histoire deSs auteurs ecclésiastiques malheureusement inachevée, et dans une histoire des Papes plus malheureusement perdue.

De l'histoire ecclésiastique, le savant professeur glissa insensiblement à la critique historique et littéraire. Ce genre secondaire, où l'on ne marche pas tout seul, comme écrivait le père Oudin, convenait mieux au caractère modeste de l'abbé Le Clerc. Ce fut là le champ de ses plus amples travaux.

Les Dîciionnaîres de Mof'érî, de Bayle, deRicTielet, la Bibliothèque de D. Le Cerf, les Mémoires du P. Nicéron^ VHisiah^ dp l'Académie, par Vabbé d'Olivet, l'Histoire littéraire de la ville de Lyon, par le P. de Colonia, les Éléments de l'abbé de Vallemont servirent tour-à-tour de thème à ses remarques critiques.

Ces remarques étaient bourrées de renseignements curieux, de faits inédits comme tout ce qu'écrivait en ce genre, l'abbé Le Clerc. < On ne saurait croire, rapporte l'abbé d'Artigny,

> combien il avait recueilli d'anecdotes et de détails intéi'es- » sants sur les livres et les auteurs. Aussi était-ce un homme » d'une vaste érudition servie par une mémoire prodigieuse; il » ne laissait rien échapper. » Mathieu-Marais, lui aussi, tout en maugréant contre le docte sulpicien, ne peut s'empêcher de s'écrier : « Certainement, c'est un des plus gi'ands critiques de

> nos jours. » Même admiration de la part de cette multitude de savants avec lesquels il entretenait une correspondance aussi curieuse qu'érudite : La Monnoye, le Président Boukier, le poète Senecé, le baron de la Bastie, l'abbé Papillon, les PP. Liron, bénédictin, Echard, dominicain, Oudin, jésuite, Lelong et Desmolets, de la congrégation de l'oratoire, etc.

Entre temps M. Le Clerc corrigeait la chronologie de l'histoire de France et composait son traité du plagiat lîttét^aîre où défilaient les histoires les plus curieuses. Figurez-vous donc le P. Hardouin, ce célèbre original, le P. HorùoMmquine se levait pas tous les jours à trois heures du 'iiiatin pour penser coimue les autres, s'y trouvait pris en flagrant délit de plagiat dans ses meilleures originalités!... Et la bonne Mme Deshouliêre< dont la fameuse Idvlle :

Dans ces près fleuris Qu'arrose la Seine,

n'était plus que le calque d'une pastorale d'Antoine Coutel !.... Ce terrible plagiat, Laurent Josse allait le découvrir là-dedans comme un loup entré dans la bergerie.

Ce n'est pas qu'il y eut la moindre malice dans son cœur. Il ne critiquait un aufeur qu*afin de le perfectionner et qu'avec joie il lui livrait tous ses renseignements afin de le mettre à même de se corriger lui-même; au contraire, il ne demandait pour lui qu'une critique impitoyable. Tel était son amour pour la vérités Dès qu'il s'agissait d'elle, il n'y avait plus à ses yeux de minuties. Volontiers il eut dit comme le père Lelong à Malebranche : < La vérité est si aimable qu'on ne doit rien négli-

> ger pour la découvrir, même dans les plus petites choses. > Cet amour de la vérité fut la passion de sa vie; elle excitait

l'admiration de ses adversaires : < J'aime Tabbè Le Clerc s'ô- » criait Mathieu Marais, parce qu'il aime la vérité. »

Oui! il aimait la vérité; c'est elle qu'il sei'vait en taisant de la critique littéraire comme c'est elle qu'il enseignait dans son coui*s de théologie, elle qu'il prêchait dans ses sermons... car, sachez-le : jamais ses recherches curieuses ne nuisirent à l'accomplissement de ses devoirs d'état. Il instruisait, il dirigeait les jeunes gens confiés à ses soins avec une sollicitude sans borne. Et pourtant, ce temps qu'il employait d'une façon si intéressante, il savait le prodiguer à propos. « On le voyait, dit » une Gazette d'alors, passer des heures entières avec des gens » de la lie du peuple, les écouter, entrer dans leurs peines,

> les c:)nsoler... consolations toujours accompagnées d abon- » dantes aumônes. » Je le crois bien : il alla jusqu'à leur sacrifier sa bibliothèque; il vendit pour eux ses livres aimés, recueillis au prix de tant d'argent et de pérégrinations, aloi's qu'il passait des semaines entières à € se crotter » dans Paris en cournnt de tous cotés les étalages des libraires. Quelques jours après avoir accompli ce sacrifice héroïque, il mourut dans les sentiments d'une piété exquise à l'âge de 50 ans.

N'est-ce pas là une charmante figure de savant et de prêtre?... M. l'abbé Bertrand l'a décrite avec amour; avec une plume qui rappelle souvent le burin du père de Laurent Josse. Quant à l'érudition déployée dans ce beau travail, on ne saurait l'imaginer ; il faut lire l'ouvrage. Il y a là, cités ou rappelés des centaines et des centaines d'auteurs dont beaucoup sont inédits et manuscrits, vu que M. l'abbé Bertrand a fouillé partout ; nonseulement dans les grandes collections françaises, mais encore dans les bibliothèques des établissements publics ou fermés ; voire même dans des archives particulières. Jusqu'à Stockolm, il a fait prendre le calque d'un travail manuscrit de M. Le Clerc, afin de s'assurer si l'écriture était ou n'était pas de sa main. C'est à faire changer l'adage et à dire désormais : savant comme un Sulpicien ; puisque le bénédictin a fait son temps. C'est là, dirons-nous au moins, écrire en conscience; et peut-on mériter aut^'ement le nom d'historien?...

Du reste, M. Bertrand semblait prédestiné à écrire la vie de' Laurent Josse; trop d'affinités le rapprochaient du pieux érudit du dix-huitième siècle : mieux que personne il devait le comprendre et le goûter.

Prêtre attaché à la Société de Saint-Sulpioe, professeur de

^ théologie %i directeur de «éuiinaire comme l*ahb4 Le Ol^e ; ,1 conuiutt ami obligeant, chercheur infatigable et «avant mo- ' dej=»te ; comme lui, il aime les livr(*s passionnément :

Les livres, c-c« amis qui ne chanffent jamais,

Gomm« lui il a la dictimi nette et précise, avec une légère pointe de malice en plus: juste le grain <le sel necesssaire pour relever un lonpr récit : ^j ...Tu toi^*ht»agno rnr^ifjre tiilca salis.

' Voyez plutôt par vou<< même, ami lecteur, et vous m*en diiei des nouvelles.

Lauiiéb (Alph<mse),

Curé fie Si^Paniôf du Carhon^Blctuc,

TAbbave, 3.

nuestiou par

toire. de la critique et de la fdiiinsiiphie, à la considérer au point de vue des principes, à faire ressortirles droitsdi? TEgUî^e et la sagesse de sa conduite travestie par Tignœ'anceet la mauvaise foi. Kii discutant les faits, en dissipant les malentendus, en réfutant les objections, en combattant les prc'juè'és, il a su transformer en élément (Vaijologciiquc ce fametix procès oui avait été si longtemps une arme ollensive entre les mains des ennemis de la Religion. L'auteur a cherché à rendre son travail complet, tout en le resserrant par une méthode sévère dans les limites d'un cadre assez restreint. 11 s'e^t efl'oné enfin, tout en le faisant substantiel pour le fond, de lui donner loâ agréiuôEti) de là forme par un style limpide, sobre, élégant, plein d« rigu%?ûi* et de Uerté chrétienne.

ÉPHÉMKRIDKS

lu décembre 185a. -*• Le rarrliiul Ijduuet, dans unt lettre où de manifestent U foi et U cbarilé qui raniment, félicite le vcnérabie archovéaue de Fribourg, du coiirago liéroïqu:e e( de la fermele invincible dont il fait preuve au milieu des pei*sécuUons qui Tatiei* nent, lui et ses dignes collaborateurs.

4 Ignorent-ils donc les perséculionâ, ajoule le vénéré nantife, que le feu de la persécution a toujours n^lrempé les Ames ; ta souffi^tnee régénère, et ce aui, dans de coupables préméditaiions, aemblaîl devoir anéantir I œuvro do Dieu, la fortifie et la ri^nd intinciblc.

« Kouy-Yang-Fou, le 20 août 1817.

^ A Monsieur F. Gardez, prociireur de la Mission (M Kmiy*

Tcheoûi iL cours PortaL Hord^aucc. .

)► Bien cher monsieur, » J*ai reçu votre dernière lettre de uiui dernier. J>i tardé à y répondre alin d'avoir quelque nouvelle imére»sante à ^ous iinnoncer. Du moins, ce n-ei*t pns comme Tan pa*is^, à ran^e de ma vue, qui avait buiiSsô d'uno manière effrayante, mais par la •^râ<-e de Dieu, et ^ràce aussi a rexcellonte juédeclue que veu^ rioi.i« env( »yez chaque ann^e (je veux parlerduvinde Bordeaux). rii<i vue a repri* se^i. ruiictiuns,.mêma mieux qu'auparavant, au |Kjiiit quo je puis dire lu- laesse sans lunettes, «»e qu« je rié pouvais faire depui-^ plusiem^ années; or;J*attribuacc puitmii'aclft au vin ù*\ Bordeaux. Voici le Taît : Tannée dernière, vers là lin de rautomne, je partis pour une visite pastorale dans les parafes de N?^n^f4îouen-Fou : Je ne pouvais alors ni dire mon bréviaire ni la messe seul, à oauî^ tle ma vue ; mais voilà que pendant que .>e parc^vrais .l>t, Qontréft,. votre .Ç»voi annuel arrive, or, vous^ pensez .bien que las. Missicmnair^is. des pamges susdits se faisaient un plait+ir de ine*servir chaque jour un pou y\i^ ce liquitle gcuéreux, sans trop consulter leurs modestes pi-ovisions.. lia rèsiiltat, c'est que peu à peu ma vue b'est améliorée et j'y vois de plus en plus clair.

» C'est donc le petit miracle dont je voulais vous parler en vuus remerciant cordialement, aintii que tous les biehfititeui^ du Kouy-Tcheou. — A d'autres, ce n'est pas la vue. mais une î>anté plus ou moins délabrée que cet excellent vin rétablit. Vos dernièroM letti^s rious apprennent que non^^ \\\Um% reoeymv bientôt un envoi... Qii<^ le boo Dieu vous bénisse ainsi que /tous nos bienfaiteurs ; nous ne pouxons répondre à tous leurs

bieîifaits et aux vôtres autremeut i|iie imr nos prières auprès de Njàtr^ Souverain Seiy:uour. » . .

uy, vicaire à Sauveterre, est nommé vicaire i Saint-

Lo^ttd u^'àvient ^ue pour la fête de 2ioel on trouvera chez 'Iui^(iH[ chapelet d Vr,' cours d'Alsace-et-Lorraîne, 65), un grand (]h|bixa'oT&jefs po^r crèdies : enfants Jésus, bergers, rois mauei,'6tc«,^«téi Vrix- très-motléi^s (I>é{»k du Sacré-Cœur Bon-

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