‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 48 sur 83 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Né à Vignory en Champagne, le i'' novembre 1673, François Oudin avait fait ses études à Langres sous la direction d'un oncle chanoine en cette ville. Lorsqu'il eut terminé le cours de son instruction , il entra chez les Jésuites qui l'envoyèrent dans plusieurs de leurs maisons pour y professer les humanités et la théologie. Légataire de son oncle sous la condition de fixer son séjour à Paris ou à Dijon, le P. Oudin préféra Dijon. Il y brilla surtout dans les conférences académiques tenues chez le président Bouhier et l'aménité de son caractère autant que son mérite personnel

lui ménagea de nombreux amis. Plusieurs fois on chercha, mais sans succès, à l'enlever à la maison de Dijon; il ne répondit à des instances réitérées qu'en consentant à trois voyages dont deux à Paris et un à Lyon (i). L'abbé Papillon écrivait à propos du voyage à Lyon :

« Permettez-moi de vous féliciter par avance sur la visite que vous allez recevoir de deux de nos savants de Dijon. Vous ne serez pas surpris de trouver une érudition vaste et un goût excellent dans le P. Oudin , jésuite, mais vous serez surpris agréablement que M. Bazin, Conseiller en notre Parlement , i Tâge de 24 ans , puisse entrer en parallèle avec ce que la République des Lettres peut fournir de plus habile. La connaissance de quatre ou cinq langues savantes, une critique fine et délicate de tout ce que l'antiquité a de meilleur en grec et en latin, voilà une partie de ce que M. Bazin a déjà acquis à son âge. Le P. Oudin, qui lui a ser\'i de Mentor et de guide dans ses études, vous apprendra ce qu'il en pense, et je ne saurais trop m*étendre sur le mérite de Tun et de Tautre. Une ou deux conférences vous apprendront que je suis en reste sur leurs articles. Si jamais vous faites de nouvelles additions sur Moréri, voilà de quoi embellir Tarticle de Dijon. Ne croyez pourtant pas qu'il y ait grand nombre de savants de cette espèce dans notre ville. Ajoutez à cela M. Bouhier et deux ou trois autres, cela suffit pour prouver que les sciences ne sont point négligées ici , et qu'on y peut soutenir la réputation des Saumaise et des Bossuet. Mais peut-être que l'amour de la patrie m'emporte trop loin. Revenons et avouons de bonne foi que le P. Oudin n'est pas Dijonnais ; il est de Vignory, proche de Langres^ mais il nous appartient par des lettres de bourgeoisie que nous lui avons accordées il y a plus de 23 ans. Une autre fois, nous pourrons en apporter d'autres raisons » (10 septembre 1726).

Le 2 octobre suivant, Papillon remerciait M. Le Clerc d'un exemplaire des Remarques sur Moréri que le P. Oudin lui avait remis de sa part, et il ajoutait : « Je suis ravi que vous ayez trouvé que je n'ai pas trop loué nos deux savants amis. Us ont l'un et l'autre un mérite supérieur, et les qualités de leurs cœurs vont de pair avec celles de l'esprit ».

C'est donc entre les dates de ces deux lettres, entre le 10 septembre et le 2 octobre 1726, qu'il faut placer le voyage du P. Oudin à Lyon, et le commencement de ses rapports

(i) BiograpJne universelle de Michaud, art. Oudin,

avec M. Le Clerc. Profondément versé dans l'étude de la philosophie et de la théologie qu'il avait enseignée avec distinction pendant plus de quinze ans; possédant la science des saints livres et des trois grands docteurs qu'il affectionnait le plus, saint Chrysostôme, saint Augustin et saint Thomas; doué d'un talent pour la versification latine universellement admiré, et devant lequel s'inclinait Santeul, si infatué pourtant de son mérite poétique ; philologue entendant presque toutes les langues de l'Europe; critique, antiquaire, bibliographe, le P. Oudin cultivait les sciences les plus diverses avec une égale facilité, et presque toujours avec succès. Ses débauches intellectuelles faisaient le désespoir de ses amis. « D aurait bon besoin d'un bon directeur dans ses études,* disait l'abbé Papillon ; il ne consulte que son inclination, et sur cet article il fait des débauches qu'on ne peut vous expliquer. Je lui en fais cent fois des reproches, mais l'inclination prend le dessus. Naturam expellas furcây îamm usque recurret » (i). Ajoutons à tous ces talents et à toutes ces qualités la passion des livres dont M. Le Clerc était également dévoré, et il nous sera facile d'imaginer quels durent être l'objet et le charme de leurs entretiens. Si quelqu'un de nos biographes modernes tenait la plume à notre place il nous raconterait avec précision, en un style élégant et facile, tous les détails de ces conversations intimes et littéraires. Mais nous n'avons pas reçu du ciel le don de suppléer par l'imagination au défaut des documents. Tout notre talent consiste à transcrire ce que nous avons lu, et c'est ce que nous ferons encore ici, en mettant simplement sous les yeux de nos lecteurs les lettres du P. Oudin à M. Le Clerc. Elles sont la suite et comme le prolongement de leurs entretiens. On y verra l'estime du célèbre Jésuite pour le Directeur de Séminaire, et l'on y apprendra peut-être bien des choses inconnues sur quelques écrits de l'un et de l'autre. Toutes ces lettres sont inédites;

(i) Lettre à M. Le Clerc du 12 août 1727. Voir la liste des nombreux écrits du P. Oudin dans la 'Bibliothèque des Ecrivains de la Compagnie de Jésus, par les PP. De Backer et Sommervogel.

mais elles n'ont pas besoin de ce titre pour se recommander à l'attention et au goût délicat de ceux qui les liront (i).

« Dijon, ij déambre ijaô. — Je vous supplie très-humblement que le départ du ballot ne me prive pas des belles et bomies choses que vous avez la bonté de me vouloir communiquer. Puisque vous êtes encore maître du paquet , mettez ici les exemplaires de vos Remarques sur Moréri, desquelles vous cherchez à vous défaire. Je trouverai des curieux qui les prendront pour le prix que vous marquez. Si je puis en tirer davantage, je vous en tiendrai compte. Joignez encore aux autres écrits la Dissertation sur le ConciU d'Antioclx, et les Notes sur le Décret de Gélose, et puisque vous voulez flaire plaisir à M. Bazin , mettez aussi le manuscrit qui concerne la Chronologie de nos Rois. Ce paquet vaudra bien le port , et j'aurai soin qu*il vous soit rendu fîdèlemeitt , dussé-je moi-même vous le reporter ; le point est de le faire venir. S*il était confié à quelque personne allant i Chalon, qui le remit au recteur du Collège , ce Père aurait soin de le remettre au carrosse. Le P. Mercier pourrait bien nous aider en ceci ; mais en vérité , Monsieur, je serab très-fâché que pour le plaisir signalé que vous me faites, vous eusâez l'embarras de tout ce détail de l'envoi.

» Pierre Duval est bien une faute que les journalbtes devaient corriger en faisant imprimer mon Mémoire sur Oregius (2). J'ai recherché par plaisir ce qui m'a fait rebaptiser ce théologien célèbre ; j'ai trouvé que, l'année que je fis cet écrit, j'avais en rhétorique un écolier nommé Pierre Duval, et, comme je voyais tous les jours Petrus Duval i la tète des papiers qu'il m'apportait , Pierre coula au lieu d'André.

» J'écris i Paris pour avoir quelque éclaircissement sur le sieur Martin et sur le P. Labbe (5). Au sujet de celui-ci, je trouve ces mots dans les Mémoires que M. Massuault m'a envoyés d'Orléans sur le P. Pétau. Daiis tna jeunesse, fai entendu faire des plaintes asse^ atnères par le père Lêotuird, qui était aiusi neveu du P. Pétau, de ce que quelques particuliers se faisaient uuls lx>nneur d^un grand ouvrage où son oncle avait eu bonne part ; il me semble qu'il parlait

(1) Les lettres datées des 16 février, 23 mars et 21 octobre 1727, sont reproduites d'après la copie que possède la Bibliothèque des RR. PP. Jésuites de la rue Lhomond.

(2) Mémoire concernant les Traités TlMogiques du cardinal Augustin Ort" gius, où Von examine si le P. Tétau en a tiré ses dogmes. Dans les Mémoires de Trévoux, juillet 17 18, page 124.

(3) M. Le Clerc avait demandé ces éclaircissements au P. Oudin pour les articles qu'il se disposait à donner de ces deux auteurs dans la 'Bibliothèque du Ricljelet. V. art. Martin et Labbe»

iU la collection des Conciles. Je parle de cela dans mon histoire de la vie et des ouvrages du P. Pétau (i) ; mais, quoique ce Père soit mon saint, je ne dégrade pas le P. Labbe pour relever l'autre. Si , par occasion , vous pouviez savoir de Tauteur de la Bibliothèque Orléanaise quelques singularités concernant le P. Pctau, cela me viendrait fort bien. Je voudrais savoir au juste la date de sa naissance, et A quelle époque et en quel temps il alla à Bourges après avoir achevé ses études de Théologie, avant que de se faire jésuite. Feu M. Huet m'a dit que le P. Pétau avait professé quelque chose dans TUniversite de Bourges , mais il ne pouvait rien spécifier li-dessus.

» Me permettrez-vous de saluer ici notre ami le P. Folard ? J'ai reçu les cinq volumes qu'il m'a adressés. S'il m'en avait marqué le prix, je lui ferais tenir de l'argent; en attendant, je lui fais mille et mille remerclments.

» Ne pourriez-vous point me dire pourquoi un Père Le Clerc , de l'Oratoire , a été ci-devant obligé de sortir de Lyon ? Je suis , avec respect et reconnaissance. Monsieur, etc. d

« Dijon, 16 février 1^2^. — Il y a huit jours que j'aurais dû vous avoir écrit pour vous donner avis de l'heureuse arrivée du paquet et vous en faire mes remerciments (2). Je n'y aurais pas manqué si j'avais pu; mais j'étab alors d l'infirmerie aux prises avec les restes de trois maladies compliquées qui m'assaillirent le jour même que je vous écrivis ma lettre précédente (3). Je suis hors de danger, grâces à Dieu , mais pas hors de langueur. En me rétablissant , j'ai lu une bonne panie de ce que vous m'avez fait la grâce de me communiquer. Le plaisir que j'y ai trouvé m'a fait oublier ma faiblesse, du moins pendant le temps que je vous ai lu. J'ai fait tenir les lettres â leur adresse, et les feuilles de votre premier volume â qui il fallait. Je vous rendrai bon compte des six volumes. J'ai écrit au P. Hardouin, que je connais, et avec lequel je suis en quelque sorte de commerce , pour être éclairci sur ces)ui concerne le grand ouvrage de chronologie du P. Labbe. Je ne manquerai pas de vous faire part de sa réponse. Comme je ne suis pas encore bien fort, je finis en vous assurant du parfait dévouement avec lequel je suis. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur. »

(i) Elle parut en 1737 dans les Mémoires du P. Nicéron, tome XXXVII, pages 81-234. Le texte souligné est â la page 227. Voir aussi la page 228.

(2) V Je ferme ma lettre pour la mettre dans une boîte, où il y a force paperasses, que j'adresse au P. Oudin » (Lettre de M. Le Clerc â Bouhier du 27 janvier 1727).

(3) Elle est datée du 24 janvier 1727 et se trouve dans les Nouveaux Mémoires de l'abbé d'Artigny, tome V, p. 595, 396. Nous en citerons la partie principale au chapitre XXIV.

l60 CORRESPONDANCE DU P. OUDIN

« Dijon, 14 uurs ijaj. — Voici la réponse que j'ai reçue du P. Hardouin. Je transcris les termes mômes de sa lettre :

» I . Si Ton a dit que le P. Labbe a composé ses Dissertations sur les écrivains ecclésiastiques, sur les mémoires du P. Sirmond, on s'est trompé.

» 2. L'édition des Conciles, commencée par Labbe et achevée par le P. Cossart , est l'ouvrage du P. Pétau comme il est le vôtre.

» 3. La grande Chronologie du P. Labbe est la meilleure que nous ayons, et la plus utile. Elle est devenue très-rare. Les savants l'estiment particulièrement pour l'histoire de France , je veux dire pour la chronologie de cette histoire. Je l'estime pour tout. » Ità Harduinus.

« Dans peu de jours, une de nos marchandes libraires vous remettra quelques-uns de vos papiers et quelque chose avec. La Discussion des deux moines est une des plus impertinentes choses que j'aie lues de ma vie, quoique j'en aie lu un grand nombre de telles.

» Il faut absolument que vous mettiez en ordre vos Remarques sur les deux Dictionnaires, et que vous les laissiez imprimer dans un bel in-40. Tout est subsfance dans vos écrits. J'ai dévoré ce que vous avez fait la grâce de me communiquer. A présent, je repasse à loiâr. Le gentilhomme curieux et habile qui vous remettra cette lettre mérite toute votre estime (i). J'ai l'honneur d'être , Monsieur, etc. »

« 'Dijon, 2 s mars 172J. — La personne qui vous rendra cette lettre vous remettra 30 livres pour les six exemplaires de vos Remarques. Le Bibliothécaire de notre Collège de Strasbourg, qui est ici, en a acheté deux exemplaires, et comme il a eu en ce pays-là quelque relatiou avec Monsieur votre frère, j'ai cru devoir les lui donner à un tant soit peu meilleur marché...

» Nos Messieurs, occupés sans cesse de leurs procès, n'ont pu encore lire' à loisir les recherches sur nos Rois de la première race. Ils disent comme l'ami de Phèdre : aliqua vetiient feria (2). Pour moi, qui n'ai point de tels embarras, j'ai tout lu. Mais il faut lire plus d'une fois^ il y a partout à apprendre... Je ne puis vous exprimer à quel point je ressens l'obligation que je vous ai de m'avoir fait part de tant de belles choses.

» Si l'on trouvait à Lyon la Bibliothèque de la Congrégation de Saint- Maur (3) , je vous prierais instamment de me faire la grâce de m'en pro-

(i) « J'ai reçu de M. de La Bastie les lettres du P. Oudin et de M. Bazin » (Lettre de M, Le Clerc à 'Botûner du ip tnars 172^).

(2) « Le P. Oudin a reçu beaucoup de pièces curieuses de votre façon dont je compte bien qu'il me permettra la lecture dès que j'aurai attrapé un peu de loisir » (Lettre de 'BouJner à M, Le Clerc du 26 février 1727).

(3) Bihliotljèque historique et critique des auteurs de la Congrégation de SaifU- Maur, par D. Le Cerf de la Vieille; La Haye, 1726, in-12.

CORRESPONDAKCE DU P. OUDIN l6l

curer deux exemplaires. Cette même personne vous remettra le prix et se chargera de me les rapporter.

» Priez Dieu par charité pour ceux ^ui ont mal aux yeux. Vos prières feront du bien à un pauvre homme qui est de tout son cœur, Monsieur, votre, etc. »

ce Dijon, i6 mai 1727. — Quelques incommodités, une saignée, mille petits tracas que la tenue des États nous a procurés, chute de curieux qui demandent à voir notre Bibliothèque, tout cela a retardé jusques à présent cette réponse à votre dernière lettre. Pour le dire ici en passant, je ne sais si votre lettre ne fondera point dans la suite quelque procès entre les critiques , et si elle n'en autorisera point quelques-uns à m'ôter mon nom et à m'appeler Goitdin.

» Au sujet des PP. Laubrussel et Baltus , j'ai consulté le Catalogue de notre province, qui est une pièce authentique, et voici ce que j*y ai trouvé : — P. Ignaiiiis de LaubrtisseJ, Virduni natus 27 sept, 166], ingressus in socic" totem J2 {i) Mail 167c, quatuor vota ùrofessus 2 Febr. lôçj. — P. Joannes Franciscus Battus, Métis natus SJunii i66y, ingressus in soc, ai Novembr, 1682, quatuor vota professus 1/ Aug. 1700.

m On ne sait pas communément que le P. Laubrussel est Tauteur d'une petite brochure assez jolie qui a pour titre : Nouvelle hérésie des Molinistes devenus Nestoriens, ou Éclaircissement historique et dogmatique sur le fait et le droit d'une thèse soutenue chez les Jésuites de Reims, le premier août de la présente année 1698. A Liège, etc. C'est un in-i6 de 34 pages.

» Je vous suis très-obligé , Monsieur, des soins que vous prenez pour me procurer la BibJiotJjèqm des Bénédictins de Saint-Maur ; je vous aurai encore plus d'obligation si vous pouvez me déterrer un livre que M. Passionei, Nonce en Suisse , me demande depuis longtemps. C'est V Inventaire des fautes du sieur Duplessis-Mornay , par M. Fronton du Duc, J'ai trouvé le premier et le troisième ; il s'agit du second. Fallût-il acheter les 3 volumes pour avoir le second , ne les manquez pas, je vous en supplie. Quidquid effuderis refundam, M. Passionei, homme de Lettres, Nonce Apostolique, Archevêque d'Éphèse, et qui me fait l'honneur de me vouloir du bien, mérite, et au-delà, que je n'oublie rien pour lui donner satisfaction sur ce point.

» J'ai fait vos compliments d M. le Conseiller Bazin. Recevez , s'il vous plaît , les assurances de sa parfaite reconnaissance.

» M. le Président Bouhier est à Paris en qualité de député de notre Par-

(i) Le Dictionnaire de Moréri, d'après un mémoire du P. Oudlit^ dit le 2 mai 1679. Mais n'y a-t-il pas là une faute d'impression facile à expliquer, et ne doit-on pas préférer au texte imprimé la copie faite sur le cataloguepar le même P. Oudin ?

Xé2 CORRESPONDANCE DU P. OUDIN

lement. Il a donné i son secrétaire quelques-uns de vos manuscrits pour ks transcrire. Je ne pense pas que cela soit contre vos intentions, U y a bkn du temps que je n'ai vu M. Tabbé Papillon.

» Dans les Mémoires pour servir à Vhistoire dis hommes illustres dans le Lettres, j'ai trouvé un article de Casimir Oudin qui est très-fautif. Il y a trois ans qu'étant à Verdun, je vis chez TÉvêque le Général de Prémontré et son secrétaire » homme qui avait longtemps manié les affaires de l'Ordre. J'ap* pris des^choses fort singulières touchant Casimir Oudin ; je ks insérai k jour même dans ime lettre que j*écrivis à un ami curieux. Si je puis retrouver chez lui cette lettre, il y aura de quoi faire une addition curieuse (i).

» Le P. Lombard devrait , ce me semble , faire un article sur le P. Raynaud , où il insérerait tout ce que l'on peut communiquer au public de a qui est dans l'histoire anecdote de ce savant honrnie écrite par lui-même, et vous devriez déterminer le P. Lombard à faire cet ouvrage (2).

» Je crois avoir trouvé la vraie explication de la formule Sub asda ded. que l'on trouve dans les épitaphes antiques. J'achève là-dessus une Dissertation que j'aurai l'honneur de vous envoyer. Je ne dis rien de ce que l'on a dit jusqu'ici sur ces mots.

» Mes honneurs, je vous supplie, au cher P^ Folard. Nous attendons son Phèdre (3).

» Richard Bentley va donner Manile (4). Je n'ai pas encore reçu le Lucain. J'ai l'honneur d'être, etc. »

« Dijon, 16 juin 1727. — J'ai tant fait de bruit qu'à la fin l'éditeur de mon Mémoire m'en a envoyé quelques exemplaires (5). Il y a environ

(i) Le P. Nicéron rectifia cet article dans son dixième volume (p. 4S- 53), en rapportant l'extrait d'une lettre datée du 13 novembre 1727, qu'il avait reçue du R. P. Jean Rouyer, Prémontré, Sous-Prieur et Maître des Novices de Saint-Paul de Verdun.

(2) La \'ie du P. Théophile Raynaud écrite par lui-même était conservée parmi les manuscrits de la Bibliothèque des Jésuites de Lyon. Le P. Oudin forma plus tard le projet de la compléter et de la publier avec des corrections (Michault, Mélanges philologiques , t. II, p. 346).

(3) « Le Phèdre de M. Burman fera grand plaisir à M. Bazin. Le P. Fo^ lard fait à présent une édition de cet auteur. Je ne pense pas qu'elle doive valoir grand'chose » (Lettre du P. Oudin à Ruiner du 20 uuU 1727). Est-ce pour cela qu'elle n'a pas été donnée au public ?

(4) L'édition de Manile donnée par Bentley ne parut qu'en 1739.

(5) Mémoire sur qtulques propositions dictées par un professeur de Philosophie (le P. Le Moyne , jésuite) dam le Collège de U Compagnie de Jésus, à Auxerre, pour servir de réponse à rOrdonmnce et Instruction pastorale de Af . VÈviqui d'Auxerre (De Caylus) en date du 18 septembre 172$. Paris, 1726, in-404

quinze jours que je les ai reçus , et sur-le-champ je cherchai une oçcaûon pour vous en faire tenir un. Lorsque je partis pour Lyon, je n'en avais qu*un seul exemplaire ; encore est-il imparfait. Je dois avoir un exemplaire de la Nouvelle hhrisU des MoUnistes, etc. Je Tai cherché .dans Tocéan de nos brochures , je n'ai pu encore parvenir à le trouver. Mais fût-il au fin fond des alnmes, il ne m'échappera pas et je vous l'enverrai, pour chose que ce soit. Py joindrai quelques pièces concernant la même afiEaire qui, peut-être, vous feront plaisir. Pour le présent, je ne puis joindre à mon Mémoire que trois de mes niaiseries.

» La Harangue De Pace (i) fut co^çue, faite, apprise et débitée en huit jours. Aussi est>elle bien longue. J'aurais bien £ût de l'abréger en l'imprimant, mais je voulus la donner à lire telle qu'on l'avait entendue. Si quelque jour je fais un recueil , je ne serai plus si jeune.

B La nouvelle Instruction pastorale de M. d'Auxerre ne tombe que sur la Remontrance du P. Bretonneau (2). Ce prélat déclare, page 105, qu'il a cru devoir mépriser mon Mémoire comme un ouvrage sans aveu , et il se contente de dire que je suppose aux auteurs que je cite des idées qu'ib n'ont, yunais eues, et que je leur fais dire tout autre chose que ce qu'ib disent. En preuve, il cite saint Thomas, page 28, et assure que j'en impose i saint Thomas, et que, pour s'en convaincre, il suffit de lire le passage cité au bas de la page. Que répondre à un dédamateur qui n'entend pas les termes ? Je ne répondrai pas , et je m'en tiendrai au sentiment de l'auteur de la Lettre (3) que je vous envoie, et de laquelle je vous prie de donner un exemplaire à M. l'abbé Dupuis , sans qu'il sache de quelle main il vient. Cette lettre n'est pas de moi. S'il en était besoin, je vous en dirais l'auteur. Faitesmoi encore la grâce de faire rendre ce paquet au P. Mercier. Voilà bien de h liberté que je prends ; je vous en demanda pardon.

» J'ai encore une grâce à vous demander, sans laquelle je ne puis achever ma Dissertation sur la formule Suh ascid. Cette formule est souvent accompagnée d'une figure que quelques antiquaires prennent pour la figure de

(i) De Pau, Oratio Ixibita in collegio Divio-^jodranià Soc, Jesu die i) Mail IJ14, càm pax promulgaretur. Divione , J. Ressayre , 1 7 1 4 , in- 1 2 .

C2) Instruction pastorale de 5VC. VÈvéque d'Auxerre, du i*' Mai ijjy, ad su'et de la Remontrance que les Jésuites lui ont adressée pour la défettse des pro^ fpsitions extraites des cahiers dictés au Collège d*%Auxerre par le P, Le Moyne, de leur Compagnie, que ce Prélat a condamnées par son Ordonnance du 18 septembre 172s. 1727, in-40.

(3) Lettre de Vabbé de*^,du8 Février 172s, à M, l'Èvéque d'Auxerre, au sujet, de la rétractation qu'il exige du Jésuite Professeur de Philosopîde au Collège ^Auxerre, in-80.

VAscia, Il se trouve à Lyon des tombeaux où Ton voit ces figures gravées. Gruter et les anciens les représentent d'une flacon , le P. Mcnestrier d*unc autre. Lorsque j'ai été sur les lieux, je ne {>ensais pas que je dusse avoir le loisir de lire les Inscriptions de Gruter et de bâtir un système sur VaScia. Aussi je ne m'appliquai pas à rechercher ces figures. Sur quoi je vous supplie , Monsieur, de me dire si elles sont bien représentées dans Gruter, ou si le P. Menestrier est plus fidèle. Pour faire la chose plus aisément, il suffira que vous preniez la peine de marquer dans votre lettre à quelles figures marquées dans le papier ci-joint ressemblent les figures gravées sur les tombeaux conservés à Lyon. C'est pour cela que j'y ai mis les chiffincs, et comme j'ai un double^ les chiffres me guideront et vous épargneront la peine d'une longue explication.

» M. le Président Bouhier s'est laissé mettre sur les rangs pour une place d l'Académie française. L'élection dut se faire lundi dernier. Je ne sais pus encore quel en a été le succès.

» Que je vous aie l'obligation de me renouveler dans l'esprit et le cœur du P. Folard. Ce nom fait penser d la poésie; la poésie me rappelle M. de La Monno3re qui s'en va tant qu'il peut , d ce que m'écrit M. le Président Bouhier. Il ne peut plus manger ni pain ni viande ; il ne vit plus que de biscuits trempés dans du vin. Voild setieclus aquila.

» L'ouvrage du P. Fronton est vraiment en trois tomes que j'ai ici dc\'ant moi... C'est le second tome que je cherche. J'ai trouvé le premier et le troisième ; si le second tombe entre vos mains, je vous supplie de ne le pas manquer.

» J'use de la liberté que vous me donnez de ne vous pas renvoyer vos papiers : ils ne s'égareront pas. Je n'ai pu retrouver ma lettre entière sur Casimir Oudin : il ne s'en est trouvé que quelques lambeaux. Faites-moj b grâce de m'éclaircir sur VAscia.

» Je crois que notre ami a eu raison de vous donner du scrupule. Aidât parle de son engagement avec MM. de Bourges comme d'un bail. Dans les baux , outre ce qui est écrit , il y a ce que nous appelons le pot de x-in ou le chapon ; c'est ce que marque Alciat par ces mots : coJotiarii nomine suprd cûHventiomm, et il parle en jurisconsulte. Ce génitif cohnarii vient du neutre coloharinm. Je me souviens d'avoir lu , dans les notes de Godefroy sur le Code , le fond de ce que j'ai l'honneur de vous écrire. Alciat aimait fort les louanges et l'argent. Ces traits de son caractère sont bien marqués dans S2S lettres; ainsi ce pot de vin lui faisait plaisir, etc. (i).

(i) « Je ne parle pas des 40 fr. qu'on lui avait donnés par pure gratifica' tion et par manière de poi de vin (c'est ce qu'un savant de mes amis m'a assuré que marquait le Colonarium) »• (BihliotUqiu du RicMet, art. Alciat)*

CORRESPONDANCE DU P, OUDIN l6$

D Permettez-moi de vous demander une grâce : c*cst de me procurer un exemplaire de votre Catalogue des auteurs cités dans le nouveau Richelet. Si )*achetais ce livre, ce serait uniquement pour avoir ce morceau que vous pouvez , sans faire tort à Timprimeur, détacher du reste de Touvrage. Je compte que vous ne me refuserez pas cette complaisance. Je ne manquerai pas, à la première occasioif, de m'acquitter de votre commission auprès de M. de La Bastie. Il se fait ici beaucoup d'honneur par son esprit et sa capacité. Nous nous vhnes mercredi dernier chez M. le Président Botthier que nous trouvâmes avec la goutte, et qui pis est, à la nuun droite.

» Le mercredi d*après la Trinité, j'écrirai au P. Folard ; il sera Ubre alors, et nous verrons qui de nous deux a droit de se plaindre. Saluez-le, je vous prie, très-affectueusement de ma part. J'ai l'honneur d'être etc. ».

« Dijon, ly août ij2j. — Si j'avais su que VAscia fût si éloignée de chez vous , je me serais bien gardé de vous faire une prière aussi incivile que celle de ma dernière lettre. J'aurais mieux aimé ne pas suivre l'idée qui m'est venue sur cette antiquaille , que de vous réduire à l'état où se trouva votre premier patron. Sur ce que j'avais lu dans Claude Guichard, Guillaume Paradin, le P. Menestrier, etc., je m'imaginais que VAscia était aussi commune â Lyon que la mauvaise foi dans les écrits des Jansénistes , et que j'avais pu dire lorsque j'y marchais : iibiqiie in aJiqnd Ascid pedem ponimu:. Dès-lâ, je pensais qu'il ne s'agirait que de sortir dans la rue pour que deux ou trois se présentassent d vous. Conclusion, Monsieur, je vous demande très-humblement pardon de mon indiscrétion, et je vous remercie trèsaffectueusement de votre complaisance.

» Au reste, l'observation que vous avez faite sur la forme de la prétendue Ascia me confirme absolument dans mon idée que cette figure n'est ni une erminette , ni une doloire , ni une gasche , ni un rabot , et que ce s}'mbole n'a autre rapport avec le mot Ascia, que de se trouver sur la même pierre, et que leT. Menestrier n'a pas figuré dans son Histoire de Lyon ce qui était sur les anciens tombeaux , mais ce qu'il voulait qui y fût. Je ne suis nullement surpris qu'en ce point il n'ait pas été exact ; il ne l'est en rien. Je me garde bien de m'exprimer si crûment dans ma dissertation au sujet du P. 'Menestrier. Aussitôt qu'elle sera au net, je vous prierai de la lire et de la corriger.

» Je suis bien sensible au plaisir que vous m'avez fait de me trouver un exemplaire de b BibliotJjèqtte des Bénédictins , et de m'avoir déjà marqué quelques-unes des fautes qui s'y trouvent.

» Notre P. Procureur, â son retour de Lyon , me remit très-exactement votre dissertation btine sur Paul de Samosate , que j'ai lue avec plaisir, et que j'ai fait lire â l'auteur de la Lettre écrite aux jésuites. M* Tabbé Papillon

l6< CORRESPONDAKCE DU P. OCDIK

Fa lue aosn , mais )e ne fai pas tu dqmis qpH me Fa rtn ro yéc , et )e ne

lais pas encore si tous Im avez donné da goût pour ces sortes d*ooTTagcs.

M. k Président Bodiier destine son premier loisir à lire ce qœ tous m'avez

ùit la grâce de me confier ; c*est ce qm £ût que je ne prends enooce aocone

mfHirf pour vous renvoyer vos manuscrits.

» Pacbetai dermèremem un in-i2 où je trouve de bocmes dioses. Il est

intitulé : tUfMkaim du livre des RàfUs pomr riuidl^emce des SoîmUs tcrUkres;

Paris, }. Vincem, 1727. N'en connaltriez-vous pas Tauteur ? Il traite comme

il faut le mystique et visioimaire abbé d*Asldd. (i)

» J*avais résolu d'écrire au dier Père Folard par cet ordinaire; une

colique de bile m'en empêche. Ce sera pour mercredi. Je m'en Tais baigner

ma colique et diasser ma bile i grands verres d'eau. Je suis avec res-

pea^ etc. »

c Dijm, 21 octchre 172J, — Nous fiûsons bon usage de la liberté qut

vous m'avez laissée de faire transcrire vos Dissertations. M. le Présdeot Bouhier les veut avoir en belles copies dans sa Bibliothèque ; c'est ce qui en retarde le renvoi , comme j'ai eu déjà le plaisir de vous le marquer. Cet illustre magistrat est de retour. U m'a parlé encore ce matin de la pan^ que vous lui avez donnée de venir voir notre ville. Vous trouverez au Col* lége une chambre et deux Bibliothèques. Je vous excommunierais si vous ne veniez droit au Collège comme vous iriez i un Séminaire de Saint- Sulpice.

» J*ai prié le P. Mercier de vous remettre le prix de la Bibliotbèque Béné* dictine et de recevoir de vous ce li\Te pour le mettre dans un paquet qui me viendra de la part de ce R. Père le plus tôt qu*il se pourra. Le port ne nous arrêtera pas. J'ai VApoioqit de M. de La Trappe, par M. Thiers. Je vous rends très-humbles grâces des soins que vous avez eu la bonté de vous donner pour me procurer cette Bibliothèque. C2pand elle n'aurait pas été reliée, elle aurait toujours été la bienvenue ; je Taurais fait relier ici.

» Je ne sais si ma Dissertation sur VAsda ne sera point imprimée. Je vient de fisiire dessiner les figures qui doivent y entrer. C'est faire l'auteur de conséquence.

» Je serais fort d'avis qu'après Y Histoire des Papes vous reprissiec votre projet sur le pape Libère (2).

(i) L'auteur de cette réfuution est l'abbé Martin- Augustin Léonard, fils de Frédéric Léonard, imprimeur â Paris.

(2) duel éuit ce projet? A-t-il reçu son exécution ? Ici encore nos docu« ments sont muets. Nous trouvons seulement dans une lettre écrite â M. Le Clerc, le 30 mars 1727, par F. Archange, ces paroles, où il est question d'un autre ouvTage qui nous est également inconnu : « Je vous renvoie la

CORRESPONDANCE DU P. OUDIN t6j

» Vos papiers vous retourneront propres et en bon état. Je suis plus que je ne puis dire. Monsieur, etc. »

« Dijon, ij ncvemhre ly^y. — Je reçois actuellement votre billet du 20 octobre joint aux lehres de M. le baron de La Bastie. Notre ami le P. Folard dit tout ce qu'il veut ; il est orateur et poète. La vérité est cependant que je n'ai reçu ni la BibUolbèqiu Bénédictine , ni V Apologie de l'abbé de La Trappe, par M. Thiers. La dernière lettre que j'ai reçue du P. Folard est du 17 septembre. Alors, il me fit tenir le premier tome de Polybe (i) et quelques exemplaires de Phèdre. La première fois que vous irez dans sa chambre , vous trouverez vos deux livres dans quelque coin ou sous les ficelles de son grand pupitre. Il ne faut pas cependant qu'il soient perdus. Je vois bien que ce Père n'a guères plus de disposition que moi i devenir Procureur de Province.

» J'ai eu l'honneur de vous écrire par le P. de Pierre. Par la même voie j'écrivis au P. Folard et au P. Mercier. Je priais ce dernier de recevoir de vous le livre du P. D. Le Cerf et de vous remettre le prix. Quoique j'aie déjà V Apologie par M. Thiers , je vous prie de ne point changer de volonté où vous êtes de me faire tenir cet exemplaire que vous avez rencontré. Je l'enverrai à notre Collège de Strasbourg. Le P. Mercier, par sa réponse en date du $ novembre, m'assure qu'il fera ce dont je le prie par rapport à l'avance que vous avez eu la bonté de fisûre pour ces deux livres ; mais il faut que notre Œdipe devine où il les a mis.

j> Je suis très-fâché que notre ami M. de La Basiie manque de santé. Il m'a paru d'un très-bon caractère , et je crois qu'il sera excellent s'il vient à maturité. Qjiielques petites manières jeunes et décisives s'en iront avec le feu de Tâge. Ce n'est qu'i force d'étudier que l'on apprend à douter de bien des choses. Il m'assure qu'il a vu au moins douze figures de ce que l'on appelle Ascia, toutes conformes et assez semblables à notre erminette. Ce que vous m'avez fait la grâce de m'écrire ne conduit pas là. J'ai trouvé que votre relation s'ajustait parfaitement â mon système, et j'ai renv03ré bien

Dissertation que vous avez eu la bonté de me prêter. Elle mérite mes actions de grâces. Je les redoublerai si vous me faites le plaisir de me communiquer l'ouvrage que vous composez pour la justification du même Pape Libère. » (1) Histoire de Polybe, traduite du Grec en Français, par D, Vincent Thuiîîier, Religieux Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, avec un Commentaire.,, par M. Folard, chevalier de Saint-Louis; Paris, 1727-1730, 6 vol. in-40. — Le chevalier Folard éuit firère du Jésuite de ce nom. « Il était grand amj des Bénédictins et donna deux mille écus pour faire travailler Dom Thuillier à une nouvelle traduction du Polybe » (Lettre de M. Le Clerc â Bouhier du 3 mai 1726).

l68 œRRESPONDANCE DU P. OUDIN

loin les ermînettes. Sur cela , j'ai ci-devant demandé un éclaircissement au P. Folard ; je suis persuadé que vous ne me le refuserez pas (i).

» Vous avez vu le cabinet du P. de Colonia : je Tai vu aussi « mais trop rapidement pour en avoir rapporté une idée bien nette de tout ce que j*y ai vu. Il me semble que parmi ses reliques, il montre une vieille ferraille, qui ressemble fort à un boyau , et qu'il dit être VAscia des anciens. Faites-moi la grâce de me dire si cela est \Tai , et si je ne me trompe point. Item cette ferraille a été mise, ce me semble, dans ce sanctuaire, par le P. Menestrier» à j'ai bien retenu. J'ai de quoi expliquer la raison de la différence énorme que Ton remarque entre les figures de VAscia gravées par les soins du P. Menestrier dans son Histoire de Lyon , et les figures que l'on trouve de la même chose dans les livres des autres antiquaires Au reste, comme je ne veux pas désobliger le P. de Colonia, je suis bien aise de ne pas savoir ce qu'il pense de VAscia, Il en parle , dit-on , dans le premier tome de son ouvrage. Dès-là, ma dissertation sera imprimée avant que j'aie pu voir son livre, afin qu'il ne paraisse pas que je le réfute, et dans le fonds je ne pense nulkmem à le réfuter.

» Si vous ne me mettez en état de satisfaire la passion de M. Pasâonô pour le second tome de V Inventaire de notre P. Fronton , je ne sais ce que je deviendrai. Je n'ai jamais rien vu de pareil aux instances qu'il me fait là-dessus. Je suis bien vif de temps en temps lorsque je cherche quelque livre qui m'a frappé l'imagination , mais je sens que je ne suis que glace en comparaison du feu italien.

» Recommandez-moi , je vous prie , au souvenir du P. Folard.

(i) On voit par ce passage quel est cet l)omnu d'esprit dont parle le P. Oudin à la page 305 de sa Dissertation : « Un Ixminu d'esprit, accoutumé depuis longtemps aux plus fines opérations de la critique, m'assure que dans le quartier de Lyon, où VAscia est plus fréquente sur les tombeaux, on ne l'y voit point tournée en erminette » (Dissertation critique sur l'Asda sépuJcrali des Anciens, dans l'ouvrage intitulé : Recueil de divers écrits pour servir étéclaircissement à Vlnstoire de France et de supplément à la Notice des Gaules, par M. l'abbé Lebeuf ; Paris, 1738, 2 in- 12). La Dissertation du P. Oudin est pages 281-376 du tome II. Elle ne parut pas sous son nom, probablement, comme le dit M. de La Bastie, a de peur que ceux de son ordre ne trouvassent mauvais qu'un homme actuellement occupé à enseigner la Théologie s'occupât à donner sous son nom des ouvrages qui lui sont si étrangers » (Lettre à M. Le Clerc du 29 mars 1728). Selon M. Foisset, cette Dissertation ne fit pas fortune parmi les érudits ('Bioçr, univ. de Miclxiud, art. Oudin). Elle fut surtout violemment critiquée par D. Jacques Martin dans son ouvrage intitulé : Explication de divers monuments singuliers qui ont rapport à h Religion des anciens peuples Paris, 1739, in-40, pages 112-xai.

CORRESPONDAKCE DU P. OUDIN 169*

» J'attends avec impatience le second volume du Polybe. Il y a de bonnes choses dans le Phèdre de Bentley, mais il y a bien des conjectures hasardées. Nous attendons le Phèdre de Burmann. Avec ces deux éditions, un homme de bon goût sera à même pour en donner une excellente.

» Si j'abuse de votre complaisance en gardant vos manuscrits trop longtemps , n'hésitez pas un moment à me le dire. Permettez-moi en même temps de vous demander des nouvelles de votre Histoire des Papes, J*ai l'honneur d'être avec le plus sincère dévouement, etc. »

a Dijon, 28 décembre 1727, — Je ne me suis pas pressé de répondre à votre lettre du 25 novembre, parce que deux ou trois jours avant que je la reçusse , j'avais écrit au R. P. Folard pour lui donner avis que les deux livres étaient enfin arrivés , et que je ne doutais pas qu'il ne vous eût tiré d'inquiétude Id-dessus. Je vous suis très-redevable de la bonté avec laquelle vous vous êtes porté de me faire ce plaisir. Puisque notre ami a bien voulu avancer le prix d'un de ces livres, je compte qu'il voudra bien avancer encore le prix de l'autre , mais je n'ose plus lui écrire : Me vest^ia terrent omnia in adversum speciantia, nuUa retrorsum (Horat. EpistoL Jib. I, 7^). Je serais au désespoir si je lui avais déplu par quelque endroit. Si j'ai eu ce malheur, faites-moi la grâce, Monsieur, de me faire savoir en quoi. Si ma faute est réparable , je n'oublierai rien pour la réparer.

» Lorsque je vous écrivis au sujet de la vieille ferraille baptisée Asa'a, je supposai que vous aviez vu le sanctuaire où ces précieuses reliques se gardent. Il a été un temps où la qualité de nouveau venu vous y aurait donné entrée. Au reste, j'ai été charmé de lire ce que vous ajoutez, qu'avec moi vous en useriez sans réserve. Je vous supplie de conserver ces sentiments , et de les suivre dans la pratique. Je vous donne sur cela un bel exemple.

» J'ai lu à M. le Président Bouhier l'endroit de votre lettre qui concerne l'édition d'Hérodote à laquelle M. de La Barre travaille. Comme il ne connaît pas ce savant , il m'a chargé de vous demander quelques éclaircissements sur cela.

» On me parla dernièrement d'un jeune ecclésiastique qui devait aller d votre Séminaire. S'il part , il vous portera les papiers que vous m'avez fait la grâce de me communiquer. Je voudrais que vous n'eussiez pas la Vie de Philander par M. de .La Mare, parce que j'aurais le plaisir de vous en envoyer un exemplaire que j'ai trouvé dans le chaos de nos brochures, que j'ai fait transporter dans une chambre préparée exprès pour les loger. J'ai déjà commencé à ks mettre en ordre ; mais l'occupation est un peu froide pour la saison. Le petit ouvrage du P. Laubrussel ne m'échappera pas.

» Le p. Desmolets a fait imprimer la lettre de l'abbé Boisot écrite à

M. Pellisson. Elle est dans la première partie da quatrième volome. Je voudrais que vous la vissiez. Vous me direz si j'ai bien £iit de procurer l'édition de cette pièce (i).

» J'ai le déplaisir de n'avoir pu trouver de souscripteurs pour le nouveau Polybe. Nos curieux ne se soudent pas fort de toutes les excursions militaires; de plus, ils trouvent le livre bien cher, les tomes bien petits, le caractère usé ; il y a je ne sais quoi qui les choque dans la manière de souscrire et de recevoir les tomes. Enfin ce qui les rebute, c'est qu'ils ont appris que M. le Chevalier Folard semble avoir abandonné son Polybe pour travailler à l'augmentation du Dictionnaire de la Bible. On n*aime pas à se charger d'un volume dans l'incertitude si les autres viendront. Il faudrait ne proposer ces sortes d'ouvrages que dans le temps qu'ils sont achevés et en état d'être livrés à l'imprimeur.

» L'on a écrit de Lyon à M. Bouhier que vous travaillez i V Histoire des Papes, C'est ce qu'il me dit dernièrement.

» Je finis en vous souhaitant une bonne et heureuse année. Je la souhaite telle à notre ami le cher P. Follard , et suis avec le plus sincère dévouement, etc. »

Sans date, mais sâretnent des pretniers jours du mois de janvier IJ28, — « Pour ne pas trop enfier le paquet , je ne vous renvoie pas encore votre Traité de la Grâce. Le séjour qu'il fera ici tournera à mon profit. J'attendrai une autre occasion. Vous m'avez permi de garder i. la préface contre le sieur Germain (2); 2. la Dissertation sur le Symbole Quicumçue; 3. les Remarques sur le Décret de Gélose, dont je vous remercie doublement. J'ai fait transcrire la Dissertation sur le Concile d'Antioche. M. le Président Bouhier a fait transcrire les notes sur les Rois. Il est d'avis, aussi bien que moi , que vous devez ramasser toutes vos remarques et donner un Mélange d'Histoire et de Critique. Je ne puis vous exprimer à quel point je vous

(i) Continuation des Mémoires de Littérature et d'Histoire; Paris, 1727, tom. IV, i« partie, p. 26-167 : « Lettre de M. Jean-Baptiste Boisot, abbé commendataire de Saint-Vincent de Besançon, à M. Pellisson contenant un projet de la Vie du Cardinal de Granvelle qu'il avait dessein d'écrire, et un état des Mémoires et papiers de ce Cardinal qu'il avait rassemblés. » — M. Ch. Weiss, dans sa 'Notice préliminaire sur ta collection Granvelle (en tête des ^Papiers d'État du Cardinal de Granvelle, tom. I) dit avoir profité beaucoup de la lettre de l'abbé Boisot, mais il paraît avoir ignoré que le P. Oudin en procura l'édition.

(2) Nous ignorons absolument quel est le sieur Germain dont il est ici parlé, aussi bien que la nature et Tobjet de cette Préfau dont l'existence nous est révélée par cette lettre du P. Oudin.

CORRESPONDANCE DtJ P. OUOnï tjt

sois redevable pour la complaisance que vous avez de me communiquer tant de belles et bonnes cboses.

9 Je voudrais que vous eussiez le loisir de mettre au net votre explication du 9« chapitre aux Romains (i). Si les choses n'avaient pcnnt changé id, je voos aurais demandé permission d'en faire usage. Void en quoi. Il y a l^us d*un an qtie Ton m'engagea à prendre soin de l'édition d'un Commentaire sur les Actes et toutes les Épftres des Aptoes , par le P. Etienne Thiroax, celui dont le nom paraît à la tète des notes du P. Lescalofner sur les Psaumes, imprimées à Lyon. Comme le Commentaire n'avait rien de supportable que de très-courtes scolies diaées par le même P. Lescalopier, mon prédécesseur bien médiat , je pris le parti de re£ûre l'ouvrage. J'en étais déjà à la moitié des Actes, lorsque celui qui fournissait aux £rais de l'impression, averti par moi-même que j'effiiçais tout ce qui était du P. Thiroux, parce qu'il ne valait rien , rompit le marché £ût avec l'imprimeur. Si le marché eût tenu , mon dessein était de vous demander votre agrément et de traduire votre E>isseruti<m en l'abrégeant par<i par-li, et en cet état, quand elle aurait passé sous vos jreux , la mettre i la suite du Commentaire sur l'Épftre aux Romains (2).

» J'ai encore un autre endroit où je pourrais en procurer la lecture au public. Il y a quelque temps que j'ai croqué une Dissertation critique sur les systèmes de doctrine. Quoique je ne les considère qu'en général , et que je ne parle des systèmes particuliers qu'm obliqua, par manière d'exemples, etc., j'y pourraûs £sdre entrer votre (travail) comme i moi communiqué par un ami. Je le trouve si bon , que je voudrais le voir entre les mains de tout le monde, et je me sais bon gré d'y avoir trouvé les prindpes sur lesquels j'avais fondé l'année d'auparavant ce que je dictai sur les endroits difficiles de cette Épttre.

9 Tandis que j'y suis, je vais vous détailler le projet de l'ouvrage croqué, afin que vous me fiassiez le plaisir de m'en dire votre sentiment. Jusqu'id, je partage ma Dissertation en neuf paragraphes : 10 la nature ; a» l'origine ; 30 l'usage; 40 l'abus; 50 l'autorité; &> l'approbation; 70 les inconvénients; 80 les remèdes aux inconvénients ; 90 la décadence des systèmes. Je dis que cet ouvrage est déjà croqué, parce que j'ai li-dessus une Dissêrution latine que j'ai dictée en classe il y a quelques années, et divers matérieux épars,

(i) Voilà encore un écrit que nous n'avons pu retrouver et qui nous est connu seulement par cette lettre.

(2) En 1745 , le P. Oudin fit paraître : Epistola 'Beati Pauli Apostoli ad Romams, explicaia par Franciscum Odinum, Socidatis Jesu preshyterum; Parisiis, Borddet, 1745 9 in-12 de 272 pages. U ne parait pas y avoir fait usage du travail de M. Le Clerc.

172 CORRESPONDANCE DU P. OUDIM

notes , extraits , réflexions. Ainsi , je suis i même pour profiter de tout ce que vous aurez le loisir de me dire. Je dis loisir, car je suis sûr de b bonne volonté de votre part.

» Votre dévolut aura son effet , et j'y tiendrai b main. Quoique je n*aie pas trouvé b brochure du P. Laubrussel déuchée, heureusement je Tai trouvée dans un petit recueil relié, mais non encore inscrit ; je vous Tenvoie. Tout ce qui est dans ce recueil est déjà dans d*autres pareillement reliés.

» J*ai retrouvé un exemplaire de mon Mémoire sur le Bref aux Dominicains (i), et je Tai mis dans le paquet. Les Jansénistes d*ici se flattent qu'un Jacolnn Fbmand m'a répondu et qu'ils ont b réponse ; mais quoique j'aie pu faire, je n'ai pu b voir. Ainsi, je leur ai déclaré que je ne les croyais pas sur ce Êiit. La Me de Phibnder est aussi dans le paquet.

» Vous ne nous avez pas appris qui est M. de La Barre, l'entrepreneur d'Hérodote?

9 Le Bénédiain auteur des deux in-40 sur la Religion des Gaulois vous est-il connu ? (2) Il y a dans cet ouvxage bien des choses qui pourront servir à M. de La Bastie pour l'ouvrage qu'il médite.

» Dans un li\Te intitulé : AntiquitaUs selecta septentrionaksetCeUicée, audore ]6b. Georgio Keyskr, socieiaiis Régime Londinensis socio; Honnovene, 1720; il y a , page 369 , Dissertaiio de mulieribus fatidids vtUrum Celiarum. pai ce livre, qui m'a été envoyé de Strasbourg, parce que je ramasse tout ce que je puis trouver qui concerne les Celtes. Si M. de La Bastie veut rechercher les Antiquités Celtiques, il faut qu*il commence par apprendre b langue des Celtes, qui n'est ni le bas Breton, comme le veut le P. Pezron, ni aucune langue connue, mais qui subsiste dans toutes les langues que nous connais* sons, même dans le Latin et dans le Grec, et surtout dans les langues septentrionales. Mais pour l'y trouver, il faut savoir manier b baguette.

» J'ai trouvé depuis quelques jours im li\Te que de ma vie je n'avais pu voir, c'est Anacréon avec les scolies grecques du fameux abbé de b Trappe. Bien des gens m'avaient assuré que ce livre n'avait pas une existence réelle. Item il est imprimé et très-bien imprimé (3).

9 J'ai reçu tout récemment de Paris les Dissertations chronologiques du P. Etienne Souciet contre le système de M. Newton. L'ouvrage m'a paru bon , mais bien abstrait.

(i) Mémoire instructif sur Je Bref de N, S. P. Je Pape 'Benoît XIII, qui com* menu par ces mots : « Demissas preces. » Dijon, 172$, in-40.

(2) « L'auteur de VAncientte religion des Gaules est un Gascon nommé Jacques Manin » (Lettre de D. Liron à M. Le Clerc du 18 janvier 1728).

(3) Voir sur ce livre : Histoire, de VAbhè de Poncé et de sa réforme, par Ai. YAlhé Dubois; Paris, 1866, tome I, pages 23^2$.

» UHorace du P. Sanadon m*est venu en même temps. J*ai eu le plaisir d*y voir à la fin de la Préface, page xxix, un petit éloge de notre ami, le cher P. Folard , à l'occasion d'une conjecture sur le troisième et le quatrième vers de TArt poétique. Le P. Sanadon n'a rien dit du P. Folard que celui-ci ne mérite, et au-delà. Cependant sa conjecture, entre nous, ne vaut rien. La phrase peut s'entendre sans cette conjecture, et je ne conçois pas comment notre ami peut se persuader qu'Horace ait voulu donner un coup de dent à Homère , dans un ouvrage où le poète grec est loué conune un écrivain qui nil molUur inepU, Mais les grands savants font comme le Préteur : ils dédaignent de s*abaisser aux petites réfie^^ions (i).

» J'ai l'honneur d'être parfaitement votre très-humble et très-obéissant serviteur. — Oudin. »

Nous citerons plus loin deux autres lettres inédites du P. Oudin à M. Le Clerc, écrites en 1732 et 1734. Dans cet intervalle cependant, de janvier 1728 à juillet 1732, si leur correspondance fut moins active, elle ne fut pas entièrement interrompue. M. Le Clerc écrivit certainement au commencement de 1729, à propos de sa bibliothèque du Ricbdct. Il dut le faire aussi en 173 1 à l'occasion que nous allons dire.

La sixième Congrégation générale de la Compagnie de Jésus, réunie au mois de novembre 1730, ayant porté un Décret destiné à faciliter la continuation de la Bibliothèque des écrivains de cette Société, le P. François Retz, son Général, eut recours au P. Oudin, qui avait une vraie vocation de bibliographe (2). Ce choix lui fut notifié dans les premiers mois de Tannée 173 1 (3). Le 13 a\Til de cette même année,

(i) Voici le texte du P. Sanadon : c Le P. Folard, Jésuite distingué dans la république des Lettres, m'a proposé une conjecture sur les quatre premiers vers de l'Art poétique, dont je crois devoir faire part au public. Il est persuadé que , dans le dernier vers , Horace a eu en vue la description de la Sirène telle qu'elle est dans Homère , et que le poète latin a voulu donner un petit coup de dent au poète grec. Il prend ut du troisième vers pour vdut, sicut; il change (Usinât en dtsinit, et il soupçonne que desinat nous est venu de quelque copiste ignorant qui s'est imaginé que ut signifiait ici éb sorte que, et gouvernait le subjonctif. »

(2) Etudes religieuse:.., par des Pères de la Compagnie de Jésus; Février 1870, page 291. Article du P. V. de Buck.

(I) Et non 1733, comme le disent à tort la Tiograpliie universelle de Micbaud (art. Oudin) et QjLiérard (La Frattu littéraire, art. Oudin).

174 CORRESPONDANCE DU P. OUDIH

en effet, le Président Bouhier annonçait à M. Le Clerc cette muvellt littéraire, et réclamait son concours pour cet immense travail. « U n'y a ici, dit-il, aucune nouveauté littéraire dont je puisse vous régaler, si ce n'est que notre ami, le P. Oudin, va devenir le successeur d'Alegambe et de Sotwel. U en a la commission de son Général, et il l'a acceptée. Ainsi vous voilà engagé à lui fournir tout ce que vous saurez des écrivains de la Société. U va refondre ses deux précurseurs, et ajouter ce qui s^est fait depuis eux. Je crois que cette nouvelle ne vous affligera pas. Il se propose de finir cela avant la fin du second siècle de la Société, qui touche à l'an 1740. Dieu veuille que nous puissions voir cet ouvrage achevé » (i) !

M. Le Clerc contribua-t-il, et dans quelles proportions, au travail du P. Oudin? Nous l'ignorons. Cependant, le 26 juin 173 1, il disait au Président Bouhier : « Je n'ai pu encore trouver le temps d'écrire, comme je veux le faire, au P. Oudin par rapport à sa Bibliothèque des écrivains de sa Compagnie ». Ces paroles permettent de penser que M. le Clerc avait à communiquer plus d'un document utile. Ses lettres au P. Oudin pourraient seules nous donner la certitude; mais existent-elles encore, et où sont-elles?

(i) L'article déjà cité du P. de Buck fait connaître le résulut et le sort des recherches du P. Oudin. Il était réservé à notre siècle de voir enfin réalisé le vœu du Président Bouhier. La bibliothèque des Écrivains de la Corn-pagnit de Jésus, par les PP. Augustin et AIoïs de Backer, et Ch. Sommervogel , est sans contredit un chef-d'œuvre de Bibliographie, et le plus beau monument élevé à la gloire de Tillustre Compagnie. On ne peut se dispenser d'en lire l'histoire si intéressante et si bien racontée par le P. van Tricht dans l'ouvrage qui a pour titre : La 'BiblioUjèque des Écrivains de la Compas gnie de Jésus et le P. Augustin de 'Backer, Louvain, Charles Fonteyn '; 1876, in-80 de 298 pages.

COKSULTATION SUR LES « IKCOMMUMICAKTS » I75

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