REMARQUES SUR L « HISTOIRE DE L ACADEMIE
suffi à le ranimer. « A quoi allez-vous vous appliquer maintenant ? écrivait M. de La Bastie, moins de trois mois après l'impression de la Bibliatbéqtu du Ricbekt. Si vous m'en croyiez, vous reviendriez sur ce que vous avez fait sur la Chronologie de nos Rois de la première race; vous rempliriez les lacunes qui sont en quelques endroits: vous donneriez un peu plus d'étendue à d'autres afin de rendre le style moins sec, et vous feriez sur la seconde race ce que vous avez £ût sur la première , ainsi que le titre de votre ouvrage manuscrit semble le promettre suivant la copie que M. le Président Bouhier en a fait faire, et que j'ai lue d'un bout à l'autre. De tout cela il en pourrait résulter un excellent ouvrage pour notre histoire. Je vous le dis sans compliment, et si c'est lï votre goût, je vous y exhorte » (23 nov. 1728).
Le Président Bouhier n'était pas moins pressé ni moins pressant. Il terminait par ces paroles une série de remarques critiques sur la Bibliothèque : a Ces petites observations pourront vous servir pour une seconde édition de la Bibliothèque du Richeletf si vous jugez à propos de la donner, ou pourront trouver place dans quelque autre ouvrage. Je vous exhorte à en entreprendre quelqu'un où vous ayez le champ plus libre, et où vous soyez plus maître de votre imprimeur. Des notes critiques sur les Vies du P. Nicéron feraient grand plaisir au public, en les ajoutant à ces Vies, dont on pourrait faire une seconde édition, à Genève ou ailleurs. On attend aussi de vous ces Éclaircissements sur certains faits que vous vous êtes engagé de donner au public à la fin du troisième tome de vos Remarques sur Moréri, et ce que vous avez ramassé sur le Plagiat littéraire. Comme vous me paraissez encore parfaitement instruit d'une infinité d'anecdotes concernant les disputes qui se sont élevées depuis plus d'un siècle sur les matières de la Grâce, je voudrais que vous travaillassiez à nous en donner une histoire suivie, plus exacte que les pré' cédentes, ou à faire au moins des observations sur quelquesunes de celles qui ont paru. Cela serait non-seulement orès-curieux, mais aussi très-utile pour découvrir et démasquer les artifices du parti, qui parait si peu disposé à se soumettre
REMARQyES SUR l' « HISTOIRE DE L'aCADÊMIE » 227
aux décisions de la Cour de Rome et du plus grand nombre de nos Évèques. Je vous exhorte à ne point laisser perdre les découvenes que vous avez faites sur ce point » (23 mars 1729). — « Les Homonymes m'ont souvent embarrassé en dressant > il y a quelques années, le catalogue de ma Bibliothèque. Cela mériterait bien quelque ouvrage de votre façon » (25 mai 1729).
Entre tant de travaux offerts à son activité, M. Le Clerc ne s'arrêta pour lors à aucun, mais il conçut le dessein de composer des Mémoires de Littérature. H se proposait d'y faire entrer tout ce qui n'avait pu trouver place dans la Bibliothèque duRichelet, et ce qu'il apprendrait par de nouvelles recherches. La notice sur Richelet, en particulier, écartée, comme on l'a dit, par les éditeurs du Dictionnaire, devait y paraître revue et augmentée de traits nouveaux. M. Le Clerc montra « un échantillon » de cet ouvrage au Président Bouhier, pendant le séjour qull fit à Dijon, lors de son voyage à Paris aux vacances de 1729, comme on l'a vu par sa lettre du 11 décembre citée au chapitre II de cette Notice.
Dans ce voyage entrepris pour affaires de famille qui l'empêchèrent de voir quelques savants de ses amis (i), M. Le Qerc acheu plusieurs livres, et entre autres VHistoire de l'Académie, par Tabbé d'Olivet, parue depub peu. S'étant empressé de la lire, il y reconnut bien vite des lacunes et des défauts considérables. Aussi, huit jours après son retour à Lyon, il envoie au confrère et ami de l'abbé d'Olivet une première critique. « J'ai lu, dit-il, ce dernier ouvrage, qui me parait trop peu chargé de personnalités, et j'y ai trouvé diverses inexactitudes. J'y ai aperçu aussi plusieurs omissions considérables dans les catalogues des ouvrages des Académiciens (2). Par exemple, dans l'article de Vaugelas, le dobte abbé a oublié une traduction de cet illustre Académicien,
(x) « J'avais dessein de voir le P. Desmolets et le P. Kicéron, mais je ne ks ai pas vus. Je n'ai vu nul de nos savants. J*ai vu une fois Tabbé Bonardy, mais en briefv (Lettre à Bouhier, du 11 décembre 1729).
(a) Ces reproches tombent encore sur la nouvelle, et d'ailleurs estimable édition de VHistoire de V Académie donnée par M. Livet (Paris, Didier, 1858»
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dont personne y que je sache, n'a fait mention, et que j'ai vue à la Bibliothèque de Saint-Sulpice. C'est une traduction française des sermons espagnols de Fonseca, que Vaugelas publia à Paris en 1615 (i). — « Quoiqu'il ait donné les
2 in-80). II s*est borné, à la fin du second volume (p. 5 13-5 35)» à réunir et coordonner les parties du Catalogue de Tabbé d*01ivet, disséminées dans le corps de Touvrage, mais sans y rien ajouter.
(i) Voilà un ouvrage resté inconnu, non-seulement à tous les Biographes, comme Moréri, Nicéron, Chaudon, Feller, Michaud, Hœfer, mais encore aux plus savants bibliographes , tels que Barbier, Quérard et leurs derniers éditeurs. M. Tabbé Maynard , dans sa notice sur Vaugelas (Bibliographie catJjoUqtte, t. XXIX, p. 252) , dit que les Remarques sur la langue Française sont « le seul ouvrage qu'il ait mis lui-même au jour. » Cependant, en 1734, M. Le Clerc avait déjà révélé au public ce qu'il dit ici au Président Bouhier. Sa remarque a encore aujourd'hui toute la nouveauté et même la vérité qu'elle avait alors, excepté dans la première phrase, qui a cessé d'être exacte depuis que les biographes de Vaugelas, outre ses Remarques, mentionnent aussi sa traduction de Quinte-Curce. — « Tous les écrivains qui ont parlé des ouvrages de Vaugelas depuis sa mort , ont supposé qu'il n'avait jamais publié de son vivant qu'un seul ouvrage, savoir ses Remarques sur la langiu française, volume imprimé in-40 en 1647, et souvent réimprimé depuis. J'en ai vu un autre dont personne, que je sache, n'a fait mention. En voici le titre : Sermons de Fornique sur tous les Evangiles de Caresnte, avec une Parapljrase perpétuelle sur toutes les parties de VÉvangile : traduits de VEspagnol m François. Par C. F. D. V., in-S» de 901 pages, imprimé à Paris en 161 5. 11 n'y a pas lieu de douter que ces quatre lettres majuscules ne marquent Claude Favre de Vaugelas, puisque le Privilège du 26 janvier de la même année 161 5 porte C. F, D, Vaugelas, Les curieux pourront voir ce livre dans la Bibliothèque du Séminaire de Saint-Sulpice ; je l'y ai découvert en 1729. » (Nous adresserons les curieux d'aujourd'hui à la Bibliothèque de la ville de Lyon. Ils y verront l'ouvrage inscrit au catalogue sous le nom même de Vaugelas). « L'Approbation est du 3 janvier, et conséquemmcnt l'ouvrage fut achevé en 16 14. Je ne doute pas que Faret n'eût égard à cet ouurage de Vaugelas, lorsqu'il parlait ainsi à M. de Méziriac, dans une lettre datée de Fontainebleau le 4 mai 1626 : « Vous et M, de Vaugelas VaveT^ desjà faict asseï voir, que pour estre des derniers François, vous ne laisse^^pas de pouvoir enseigner aux autres le vray usage de leur langue, etc. » Je laisse à d'autres à rechercher si Faret n'avait que cet unique ouvrage en vue, et s'il n'en voulait pas marquer encore quelque autre qui serait demeuré aussi inconnu, jusqu'à présent, que ce premier que je tire de l'oubli. Il était inconnu depuis un siècle, nonobstant la grande réputation de l'auteur » {Remarques sur le Dict. de Bayle, art. Vaugelas).
REMARQUES SUR l' « HISTOIRE DE l'aCADÈMIE » 229
titres de plus de cinquante ouvrages de Baudoin, il en a pourtant oublié quatre ou cinq de ma connaissance. Il a aussi donné à d'Arbaud de Porchères les vers mis par-ci par-là dans les Recueils du commencement du xvii^ siècle, qui sont d'Honorat Laugier, aussi sieur de Porchères. Il n'a presque rien su de ce dernier, qui était le doyen des poètes, et même de tous les savants qui fondèrent l'Académie en 1634. Comme mon Histoire nouvelle de l'Académie est dans mes ballots, je ne puis vous marquer ici, Monsieur, les autres petites inexactitudes que j'ai observées dans le livre de votre élégant historien, qui, pour le répéter encore, me paraît trop désossé » (11 décembre 1729).
En étudiant de plus près cet ouvrage , M. Le Clerc y découvrait de nouvelles fautes qu'il relevait dans ses Mémoires de Littérature, auxquels il continuait de travailler. « Il y a, disait-il encore, je ne sais combien d'articles dans ce tome du docte Abbé, qui sont peu corrects. Il a aussi trop peu corrigé M. Pellisson, qui a manqué d'exactitude dans un fort grand nombre de faits. Dans Touvrage dont j'eus l'honneur de vous faire voir quelque chose durant mon séjour à Dijon, j'ai rectifié quantité de ces endroits défectueux du même M. Pellisson. Depuis que j'ai l'édition de M. l'abbé d'Olivet, je m'amuse, quand j'en ai le temps, à y suppléer et à y corriger. Mais comme je me donnerai bien de garde de l'attaquer, je fais ces suppléments et ces corrections sans parler de lui. Je ne veux me brouiller avec qui que ce puisse être » (Lettre à Bouhier, du 28 mars 1730 (i).
Les Mémoires de Littérature ne furent pas donnés au public.
(i) Bouhier répondait le 10 avril suivant : « Vos remarques critiques sur le nouvel historien de notre Académie pourront lui être très-utiles pour une deuxième édition, qui, vraisemblablement, paraîtra quelque jour, quand il poussera son histoire jusqu'à notre temps. Il y a apparence que vous trouverez occasion de placer ces Remarques dans l'ouvrage que vous préparez et que j'attends avec impatience. Je compte bien que vous garderez pour l'auteur attaqué tous les ménagements qu'il mérite. Du reste , comme il lime la vérité, je suis persuadé qu'il vous saura gré de la lui faire connaître poliment , et qu'il en fera usage quand son ouvrage reparaîtra. »
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La partie des remarques sur VHistoire de l'abbé d'Olivet, qm concernait les Académiciens poètes, entra dans les Mémoires pour servir à l'histoire des poètes français, dont nous parlerons bientôt. Mais avant que M. Le Clerc entreprit ce nouveau travail» un autre livre d'Histoire littéraire, composé par un de ses amis, appela son attention et donna lieu à de nouvelles remarques critiques de sa part.
En 1727, le P. De Colonia, de la Compagnie de Jésus, avait fait paraître le premier volume de son Histoire littéraire de la ville de Lyon. A peine le Président Bouhier en est-il informé qu'il s* « imagine », — peut-être n'était-ce qu'un désir, — que M. Le Clerc a fait « sur cet ouvrage une belle quantité de remarques ». La curiosité du Président fut satisfaite par la réponse de M. Le Clerc.
« Le P. De Colonia ne m'a rien communiqué jusqu^d de son travail, sachant bien que je suis peu au fait des premières Antiquités de Lyon qui font presque toute la matière de son premier tome. Il m'a dit quelquefois qu'il me consulterait quand il serait question des écrivains modernes, mais apparemment il sera trop tard. J'entrevois d'ailleurs qu'il n'a pas dessein de s'engager dans tous les devoirs d'un Bibliothécaire, et que, sans se gêner beaucoup, il se contentera de donner de chaque auteur quelques particularités remarquables. Il imprime à peu près à mesure qu'il compose, et c'est ce qui fait que, quelque désir que j'aie que l'ouvrage soit parfait, j'appréhende néanmoins fort d'y être trompé » (23 décembre
1727)- M. Le Clçrc vit ses appréhensions réalisées, et en 1730,
lorsque parut le second volume de VHistoire littéraire de la
ville de Lyon^ il pouvait dire avec vérité : <c U ne remplit
point du tout le titre de Bibliothèque des auteurs Lyonnais (i).
Entre autres, en parlant de l'imprimerie de Lyon, il marque
un ouvrage seulement de 1487 pour le premier livre imprimé
en cette ville. Je suis assuré qu'il y en a plus de cent plus
(i) Histoire îittiraire de la ville de Lyon, avec une Bibliothèque des auteurs Lyonnais sacrés et profanes; Lyon, 1728- 17 30, 2 in-40.
ÊOmON DES (c ÉLÉMENTS DE l'hISTOIRE » 23 1
anciens. Le premier de ma connaissance est la Légende dorée, marquée dans la ^ibl. FF. Prad. C'est un fort gros in-folio que j'ai eu entre les mains et que je voulais acheter, mais le libraire en demandait dix écus. Il fut imprimé chez Buyer, imprimeur et citoyen de Lyon, en 1476 (voy. Echard, tom. I, p. 853). Ce qui me surprend, c'est que le libraire qui voulait me vendre ce livre le porta, par l'avis que je lui en donnai^ au P. De Colonia qui le vit, et auquel je dis quelques jours après que c'était le plus ancien livre en date d'impression de Lyon que je connusse. U n'y a pas de cela plus de cinq à six ans. — Pour ce qui est des auteurs Lyonnais , ils sont traités seulement en gros, et il y a des pages où il y en a cinq ou six, dont chacun aurait pu remplir plusieurs pages. En un mot, ce n'est qu'un simple canevas. Ce qui m'a paru de meilleur, c'est le chapitre qui concerne le Collège de Lyon, depuis que les Jésuites y sont établis » (28 août 1730). — « Vous avez sans doute vu le second volume du P. De Colonia. J'y ai remarqué outre un très-grand nombre d'omissions, beaucoup de petites fautes... J'ai touché légèrement tout ceci au P. De Colonia, mais comme je vis que cela ne lui agréait point, je n'insistai pas. Son ouvrage, au reste, est goûté ici, parce qu'il contient bien des petits faits curieux, et que nombre de gens qui se mettent peu en peine d'être fort amplement informés de ce qui regarde chaque savant en particulier, y trouvent une variété et une multiplicité de petits faits qui les divertissent et les instruisent tout autant qu'ik le souhaitent » (23 décembre 1730).
Selon Barbier et les meilleurs biographes, M. Le Clerc donna en 1729 une nouvelle édition des Éléments de l'histoire composés par l'abbé de Vallemont, dont il eut « l'honneur d'être l'ami » (i), comme celui-ci l'avait été de Sébastien Le Qerc (2). Voici sur quoi l'auteur du Dictionnaire des ouvrages
(i) Bibliothèque du Ricbekt, art. Perachon.
(2) Les Éléments de V Histoire, ou u qu'il faut savoir de Chronologie, de Géographie, de T Histoire universelle, de V Église de Y Ancien Testament, des Monarchies anciennes, de V Église du Nouveau-Testament, des Monarchies nouvelles et de Blason, avant que de lire l'histoire particulière. Avec une suite de
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anonymes fonde son assertion. « Quelques bibliographes, ditil, attribuent à Tabbé Granet les augmentations contenues dans cette édition; ils ont été induits en erreur par \é Second Supplément au Dictionnaire de Moriri, de Tannée 1749, et par le Moréri de 1759, à l'article de Tabbé de Vallemont. L'abbé Desfontaines, dans la Table des matières du Nouvelliste du Parnasse, assure que ces augmentations sont de l'abbé Le Clerc; et je suis d'autant plus porté à le croire, qu'ayant inséré une notice exacte sur la vie et les ouvrages de l'abbé Granet, son collaborateur, dans le tome XXIV des Observations sur lu écrits modernes, il n'a point compris les Éléments de l'histoire parmi les ouvrages réimprimés par les soins de cet abbé » (i). — Les caractères intrinsèques des additions confirment cette opinion de Barbier et de l'abbé Desfontaines. Ainsi, les dates de règnes des Rois de France et les raisonnements sur lesquels elles sont appuyées, sont absolument les mêmes que dans les Remarques chronologiques sur les deux premières races. Il faut en dire autant du jugement porté sur le P. Labbe, lequel est en tout conforme à celui qu'on lit dans la Bibliothèque du Richelet. Les plus considérables des additions faites par M. Le Clerc sont des notices : 1° sur vingt-huit auteurs parmi les plus considérables qui ont écrit l'histoire ecclésiastique (2); et 2° sur cinquante des écrivains de l'histoire de France (3). Elles forment un total d'environ quarante pages. « Parmi ces additions répandues dans tout le cours de l'ouvrage, dit l'abbé Desfontaines, il y en a quelques-unes d'estimables. Mais, dans un
Médailles Impériales, depuis Jules César jusqu'à Hiraclius, Par M, VAhU de Vallemont, Cinquième édition. A Paris, chez Gabriel Martin, Jean-Baptiste Coignard fils, Hippolyte-Louis Guérin, rue Saint-Jacques, 1729, 4 in-12. pages XXX-431, 555, $06, 488. L'Approbation datée de Versailles, le 2 février 1726, signée Hardion, est ainsi conçue : « J*ai lu les Éléments de l'Histoire, etc., et les Additions qui y ont été faites, et j'ai cru qu'on pouvait en permettre l'impression. » Cette date de 1726 semble marquer que les Additions ont été composées bien avant leur publication.
(i) Dictionn» des ouvrages anonymes, 2« édit., tome I, n. 4810. — V. aussi la Biograplne universelle et la Nouvelle Biographie générale, art. Vàlkmont,
(2) Eléments... Liv. III, chap. V, tome II, pages 1 18-137.
(3) Jbid., pages 207-226.
livre destiné principalement à l'instruction des jeunes gens, fallait-il insérer une longue liste de Théologiens Scolastiques et de Casuistes ? L'auteur des additions a totalement renversé les idées de Tabbé de Vallemont sur l'Histoire de France, et s'est éloigné de l'opinion commune. Ces changements ne servent qu'à décréditer un livre déjà estimé » (i). On voit bien que l'écrivain croit ou sait que l'auteur des additions est celui de la Bibliothèque du Richelet. Cependant, sa critique ne paraît pas avoir eu de l'influence sur l'abbé Goujet, car celuici a conservé les additions et les modifications faites par M. Le Clerc dans l'édition qu'il a donnée des Éléments en 1757.
V Avertissement placé à la tête du Supplément du Dictionnaire de Trévoux dit que « le public en est redevable à l'abbé Berthelin, à M. Valdruche, à l'abbé du Masbaret, à l'abbé Le Clerc, Directeur du Séminaire de Saint-Irénée de Lyon, » etc. Barbier et le P. De Backer citent ce passage sans y faire aucune objection (2). Nous n'en voyons qu'une un peu embarrassante, c'est que le Supplément ne parut qu'en 1752, et que M. Le Clerc était mort au milieu de l'année 1736. Mais ce qu'on ne saurait contester, c'est sa collaboration aux Mémoires pour servir à l'histoire des poètes Français.
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