‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 66 sur 83 · TKAITK DU PLAGIAT LITTERAIRE · texte numérisé non relu

TKAITK DU PLAGIAT LITTERAIRE

ouvrage. « Monsieur, voilà le Jubilé passé (i); il s'agit de faire quelque chose; vous l'avez promis, et vous êtes honnête homme. Vous avez une infinité de belles et bonnes remarques. Il faut que vous les mettiez en ordre, et que vous fassiez un ouvrage également utile et curieux, qui marche tout seul, et qui ne soit point attaché à l'ouvrage d'un autre » (8 septembre 1734).

Jusqu'ici, en effet, de tous les livres publiés par M. Le Clerc, aucun n'avait une existence propre et indépendante : tous étaient « attachés d aux épais et nombreux in-folios de Moréri, de Bayle et de Richelet. Cependant M. Le Clerc avait depuis longtemps commencé un travail qui répondait, ce semble, aux vues du P. Oudin. Cet ouvrage « également utile et curieux », qui devait « marcher tout seul », et, plus que les autres, contribuer à la renommée de M. Le Clerc, avait pour titre : Traité du Plagiat littéraire (2).

A quelle occasion en avait-il conçu le dessein? Il va luimême nous le dire. « Lorsque le P. Méri entreprit sa Biblioihêqm du Berry, il se trouva fort embarrassé au sujet du docte

(i) Le Jubilé accordé à TÉglise Primatiale de Saint-Jean de Lyon pour toutes les années où la Fête-Dieu concourt avec la Fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, le 24 juin. M. Fyot de Vaugimois, Supérieur du Séminaire , composa , à cette occasion , le Catéchisme cité dans sa Notice, Voir encore sur ce Jubilé, outre V Instruction du P. De G)lonia (Lyon, 1734, in- 12), un article très-intéressant du P. Régnault, Jésuite, dans les Études Religieuses (V« série, t. IX, p. 67-77). Le Journal manuscrit de Lyon contient aussi d*autres détails inédits fort curieux et d'un piquant intérêt.

(2) Le plagiaire était proprement celui qui achetait ou vendait comme esclave une personne qu'il savait être d'une condition libre. Ceux qui se rendaient coupables de ce crime étaient condamnés au fouet , plagis damnahofttur. De là le mot de plagiaires , qui, par extension, signifia plus tard les voleurs d'enfants , et en général des voleurs d'hommes , et , par métaphore, ceux qui pillent ou s'attribuent les ouvrages d'autrui. Schwartz donne du Plagiat littéraire la définition suivante, dont il développe chaque terme : Vsus acprojessio senteittiarum alitnarum peculiarium et ignotiorum, càm farum oui inveniionem, aut artificiosam expolitionem , aut utramque simul, nobis malt' tiosé tribuimus vel saUem trihuere videmur ( Jo. Conradi Schwartz , De Plagia JJtUrario liber unus. Lipsias, 1706, in-S», p. 8 et seq. Cap. L De origine et usu verborum Plagii et Plagiarii).

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