‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 22 sur 379 · SCÈNE vm · texte numérisé non relu

SCÈNE vm

BLINVILLE, ADÈLE.

ADÈLE avec réserve. — Citoyen , vous quittez ma mère ?

BLiMviLLE. — Oui , citoyenne.

ADÈLE. — Il s'agit d'alTaires importantes?

BLixviLLE, — Très-importantes, eu effet.

ADÈLE. — Qui me sont étrangères?

DMwiLLE. — Qui vous touchent de très-près.

ADÈLE avec timidité. — Blinville, je suis naturellement curieuse.

BLINVILLE. — Et celle curiosité est bien naturelle.

ADÈLE. — Sans doute, puisqu'on s'est occupé de moi.

BLINVILLE. — Je suis bien plus curieux de savoir comment vous prendrez la chose,

ADÈLE. — jVe me faites donc pas languir.

BLiwiLLE. — Je brûle de parler...

ADÈLE. — Et moi de vous entendre.

BLI5MLLE. — Et cependant je siùs d'un embarras...

ADKLK vivement. — Ma mère ne serait -elle pas de l'avis de mon père ?

BLINVILLE. — Au Contraire, ils pensent l'un comme l'autre.

ADÈLE. — El vous pensez comme eux?

BLiN\ iLLE. — xVbsoiument.

ADÈLE. — Je puis donc être tranquille?

DLiNviLLE. — Je voudrais bien pouvoir l'être autant.

ADÈLE. — Blinville , vous me parlez avec une ambiguïté...

ULINMLLE. — Vous u'ètcs pas Irès-claire vous-même.

ADÈLE. — C'est que je suis bien aise de voir venir.

BLINVILLE. — Et moi aussi.

ADÈLE. — Ce n'est pas le moyen de nous entendre.

BLiNvaLE. — J'en conviens.

ADÈLE. — Il faudrait vous prêter un peu.

BLINVILLE. — Je le sens bien.

ADÈLE. — Allons , courage.

BLINVILLE l'exaniinant. — Vos parents ne respirent que pour vous, et ils voudraient vous établir.

ADÈLE. — -AU! on veut me marier.

BLINVILLE. — Ce projet vous effraie?

ADÈLE. — Pas du tout.

BLINVILLE. — Vous l'approuvcz doue?

ADÈLE. — C'est selon.

BLINVILLE. — Comment?

ADÈLE. — Si mes parents me marient pour eux...

iiLiNMLi.E. — Ils en sont incapables.

ADÈLE. — S'ils me marient pour moi...

ULINMLLE. — \ ous y couseulircz?

ADÈLE suuriant. — U faudra se résigner.

m i\v ILLE. — Il serait dur pour votre époux de ne devoir voire main qu'il votre résignation.

ADÈLE acec timidité. — Avant que je m'e\pli<|ue davantage , ditesmoi, Blinville, quel est l'homme qu'on me destine?

DLiwiLLE. — Je le crois estiuiable.

AuÈLK. — Jeune?

BLisviLir. — Oui.

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