ACTE 1, SCKNK IX
AiiFt.K. — Aimalilc?
BinMiit. — (l'fsl à vous (le |iniiioiiccr. Aiiici.K. — 11 (Ifiiiciirc?
iii.i>»rLi.E. — Dans ccMc niiiisoii.
ADKUK. — Son nom ?
Bi.iiviir.E. — Ksl-il ni'cpssairc ilc vous le dire? AiiiiK. — IVon, mon ilicr lilinvillc. De <|ii('l poids mon ctriir est soulaijc ! Quoi! mon pire ne eoïKlaiiinora pus un Hinuur... BliNViiiB. — (/"'ost lui qui l'a fait naître.
AiiKLK. — C'est vrai au moins : en li\anl te jeune liunimc prés «le lui ,.
DLi^riLLK. — Il laissait entrevoir ses desseins. ADtLK, — Uliuvillc, je serai done lieurcusei'
BLiNviLis lut hretwnl la muin. — J'ose vous le promettre, m.i clière Adèle.
AntLK. — Je vous dois un aveu : dès longtemps j'avais prévenu le ehoix de mes p.irents...
liiiNVii.rE. — V ous êtes trop hnnnt'te.
AUH.K. — Et si j'avais prévu leur facilité, avec quel empressement je vous aurais iléeouvert mes sentiments secrets!
BLi.wiLLE à part. — Cette jeune personne a des expressions singulières.
AiiKLE. — Mais je craignais que des préjugés mal éteints peut-être... Bt.iNviLLE. — (^)ue dites-vous!' ADtLK. — Je tremlilais ipio le défaut de fortune... BLiwiLLE. — Je ne vous entends plus.
AiiKLE. — ^ ous ne voulez dune pas m'entendre:' BLiNMi.i.E la fisant. — Mais de qui luc parlez-vous? AUKLE viceinent. De ([ui me parle/.-vous vous-même? BLiNMi.i.E oiJK'S un teiniis. — Adèle, vou> aimez Julien? ADÎLE. — LU! qui pourrais-jc aimer que lui? BLI.WILLE. — Il m'en coûte de détruire une erreur qui vous est clière; mais....
AiiiiLE trés-viveiitenl.—Ce n'est pas lui i|uc iiicm père a noiiimé? BLiNviLLE. — >on, Adèle.
AUKLE. — Ail ! mallieurcuse !
BLINVILLE. — iMallieurcusc ! Non, vous ne le sereï pas. On a cru que je pouvais V(mis convenir, on s'est trompé , voili» tout. Julien a votre creur; vos parents sont raisonnables : il aura votre main, je crois pouvoir l'espérer.
AUKLE. — Vous croyez qu'ils consentiront?,,. BLINVILLE. — Ils lie (lésirciit que votre bonheur. AuÈLE. — Mon cher Bliiiville, voudrez-vous bien leur en parler? Bii.wiLLE. — Oui, Adèle, oui , je leur en parlerai. ADÈLE. — Que vous êtes généreux !
BLi.NMLLE. — Pas trop, en vérité : le sacrifice est pénible; mais je sens qu'il est nécessaire.
ADKi.E. — Mettez le comble à vos bontés. Julien souffre , Julien est inquiet...
BLiNMiLE. — Kt Adèle partage sa juste impatience. Voyons, je me flattais tout à l'heure d'ètro votre é))oii\, je me borne maiiilenaiit à l'emploi de confident. Convenons de nos faits : je vais tout siiiijdeinent déclarer à votre père que vous ne m'aimez pas, AUKLE. — C'est bien dur.- BLINVILLE. — .Mais c'est bien vrai.
ADÈLE. — A la bonne heure; mais...
BMxviLi.E reprenant. — Je lui dirai donc que vous ne m'aimez pas, et que j'en suis très-fàché; que vous en aimez un autre, qui justifie votre tendresse par mille bonnes qualités... K'esl-ce pas cela? ADÈLE. — Oui, c'est cela précisément.
BLisviLLE. — Et (juc rUomiue qui plail à sa fille est celui qui lui couvicnt le mieux.
ADELE. — C'est charmant, c'est admirable! BLINVILLE. — ^'est-il pas vrai? Je l'entends, éloignez-vous. ADÈi.E (ait qui'lijue!: pas et retient. — Vous donnerez un certain développement à vos idées.
BLISVILLE. — Oh! je les développerai dans toute leur étendue. ADÈLE même jeu. — Prenez cela d'un peu loin. BLINVILLE. — C'est bien mon intention.
ADÈLE sortant. — Je m'abandonne cnlièreniciit à vous. BLINVILLE. — La mission est originale; niais je la remplis volontiers, et je serais désolé de ne pas réussir.