SCENE IX
DÉniCOlRT, BLINVILLE.
iiKRiiini RT très-gaieiiienl. — Le notaire est arrivé, le conirat est prêt ; nous allons sourire à la joie douce de ces enfants, et tu partageras avec moi et leur bonheur et leur reconnais.sancc. A propos, as-tu vu ma feiunie ?
m.iNvii LE contrai7it. — Elle sort d'avec moi.
nRRicnc RT. — î\ns jeunes gens lui ont parlé? Elle est instruite ?
HLINMLLE. Oul , cllc sail tOUt.
1)Érii:oi;rï. — Elle a dû marquer sa surprise...
iiLiNviLi.n. — Oh! d'une manière très-prononcée.
DKRICOIRT. — Et sa joie égale la mienne-'
BLINVILLE. — Pas tout ;i fait, mon ami.
iiÉricoirt. — {^ommeiil donc ? nissimiilerait-elle le plaisir que lui fait ce mariage :' Les femmes comme les filles auraient-elles une arricre-iunsée :'
BLINVILLE. — Ta gaieté est souvent trcs-piquantc , mais ce n'est pas en ce moment.
iiKRicoiRr. — Je marie ma fille, je la marie selon son cœur, et je ne serais pas gai !
BLINVILLE. — Elle n'est pas mariée encore : tu n'es pas heureux en projets.
iiÉRicoiRT reprenant le ton férieux. — J'espère que celui-ci ne rcn^ contre aucun obstacle.
BLINVILLE. — Au Contraire, il en est un qui m'effraie et que lu ne pourras lever qu'en déplovant foute ta fermeté.
uÉRicoi RT. — Tu m'effraies à mon tour. Qii'avons-nous donc à craindre ?
BLINVILLE. — Une opposition formelle de la part de ton éiioiise.
DKRicoi;»T surpris. — Cela ne se peut pas.
BJ INVILLE. — Cela est.
iiÉRicoLRT. — Et quelles sont les raisons de celle opposition ?
BiiwiLLï. — Elle refuse d'en donner aucune.
iiKRicoi RT. — Tu vois bien (juc c'est une idaisanleric.
BLINVILLE. — Non, non, rien n'est moins plaisant.
Di-Ricoi RT. — Que dois-je penser de ceci ? Quels peuvent être les motifs de son refus?
BLINVILLE. — Si je parlais à un homme sans caractère, j'emploierais des détours, j'adoucirais des images...
uÉRicoiRT. — J'ai toujours eu la force d'entendre la vérité.
BLINVILLE. — Eh bien, tu renteiidras. Cette confidence me peine, car je vais l'affliger; mai.s je n'écoute que U voix de l'innocence el les lois de l'équité.
uKRicouRT. — Quelque chose que tu aies k m'apprendre, parle; j« suis homme et résigné.
RiiNvii.LE. — Tes enfants ont vu ta femme, ils ont présenté leur» vo'ux, elle les a rejetés; ils ont sup]dié, elle s'est montrée inexorable ; ils l'uni quittée le désespoir dans le cteur, cl sont venus déposer leur ilonleur dans le mien. Je l'ai attaquée ii mon tour avec les forces réunies de l'amitié, de la dclicates>e et du raisonnement; même refus, même silence. Des passions violentes se lieurlaieut et la jetaient dans un désordre effrayant; enfin, des iiinls entrecoupés m'ont donné des soupçons i|ne lu relleiiuu a coiifiriués.
l'KRi' 111 RT. — AcIkvc : quels sont ces sonpcouiiî