‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 36 sur 379 · L'ORPHELIN · texte numérisé non relu

L'ORPHELIN

iiiiwjLi.K. — Les passions sont terribles, leurs ravages inattendus et rajudes, et la femme la plus saye n'a pas toujours des forces sulUaanlcs à irtir opposer.

iniRicoiRT s'thriant. — Ma femme s'est manqué ! BUNviiLs. — Ta femme a cumliattu longtemps; ses remords attestent...

«Emcm RT. — Kl que m'iinportiiit ses coiiilials et ses remords ! DLisviLi.E. — Ces mots (|iii m'ont frappé vont l'uer ton opinion et t'e\pli(pier la eoniliiitc île Ion épouse : « Cv .hiliiii ipie j'aime len- » drement el qui veiil épouser Adèle... ce Julien sans (|iii je ne peux '• vivre... mon éiiou\ (pie je n'ose envisager... son ami devant qui je • suis tremlilante... "

nmnoi rt. — Julien est l'amanl de ma femme, el il prétend ii ma fille !

nr.ijivni.i;. — Julien est pur.

i)KRn:orRT. — Ah ! si je pcuivais le croire ! BLi>vii.i.E. — Je te réponds de lui.

iiKRiioi RT. — >la tille sera donc heureuse, et mon imprudente épouse pleurera seule sa folie.

BLn\ii.iK. — (Jui , qu'Adèle soit lieiircuse; tu dois le vouloir et l'ordonner. Alais sa mère te devient-elle étranjjèrc ? Une erreur dont elle cçmit lui ôte-t-cUe ses droiU a ta pitié i" L'abandonneras-tu ii ses peines ?

BKRicoiRr. — Non, mon ami ; je sais trop combien nous sommes faibles, et combien nous avons tous besoin d'iiiduli;ence. Si je n'ai h lui reprocher (pie l'erreur d'un moment, si elh- peut entendre encore lO lan|;a(;e du devoir et de la vertu, si j'ai conservé quelque ascendant sur son àmc, je la ferai rougir, je la ramènerai, et je lui rendrai son éjioux.

Page 1