‹ Vie et aventures de Pigault-LebrunChapitre 50 sur 379 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

La citoyenne DÉRICOURT seule.

Ah! s'il existe un juste équilibre entre le bien et le mal, quelles doivent être les jouissances de la vertu, puisqu'un moment suffit pour empoisonner la vie la plus heureuse !... Julien est perdu pour moi; mon suppliée commence, et chaque jour le rendra plus insupportable. Un époux menaçant d'un côté, une fille souffrante de l'autre; tous deux m'accusant d'une rigueur qui n'est pas dans mon âme et qui fait leur tourment; leur tendresse, leur estime perdue; l'abandon qui suit le mépris, une fin douloureuse et prochaine, voilà mon sort, et je l'ai voulu!... Ne te plains pas, malheureuse : il fallait penser à tout cela avant de trahir ton devoir, la vertu, ton époux: l'infamie ne t'a poiut effrayée, et tu crains de souffrir!

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