‹ Vie et correspondance de Merlin de ThionvilleChapitre 23 sur 56 · CARI{.\ SAINT-CYR · texte numérisé non relu

CARI{.\ SAINT-CYR

Cette lettre et la suivante donnent un aperçu des sentiments qu'avait inspirés à tous ceux qui l'avaient connu l'hcroïque Aubert-Dubayet.

Carra Sainl-Cyr à Merlin de ThionviUe.

Conslanlinoplc, le 22 pluviôse, an 0 de la Rép. (10 fcvr. 98).

Je paie aujourd'hui, mon cher Merlin, un dernier tribut à la mémoire de notre ami le brave Annibal ; et à qui l'adresser mieux qu'il toi, Merlin, qui, en tout temps, lui prodiguas, au risque de tes jours, les soins généreux de la plus sincère amitié?

Tu ne verras dans cet écrit ni réclamation, ni exaltation , à chaque ligne tu y reconnaîtras les vertus, le génie, les traits qui caractérisent avec vérité l'histoire de la vie d' Aubert-Dubayet. Je n'ai pas besoin de l'exprimer le vœu de toute sa famille et de ses amis de Constantinople pour que cette apologie, qui servira de réponse à ses calomniateurs, soit insérée dans tous les journaux possibles. C'est la faible expression de nos sentiments pour cet ancien ami de la patrie. A toi, mon cher Merlin, d'y ajouter ce (jue tu croiras utile ii sa gloire et à sa renommée.

Isolés, abandonnés de Dieu et des hommes, nous no vivons ici que des succès et de la prospérité de la république et du bonheur qui en doit résulter pour le peuple français.

Rappelle-toi. mon cher Merlin, mon empressement ii te servir en loute occasion : je réclame aujourd'hui de toi un retour de procédés que ton cœur me promet d'avance, il s'agit d'une demande que j'ai adressée pour obtenir que l'infortunée veuve d' Aubert-Dubayet soit liquidée le plus tôt possible de tout l'arriéré du traitement ([ui est dû à feu son époux, l'ambassadeur de la république. Parles-en, je t'en prie, au ministre des relations, à Reubell et ;v Barras à ipii j'en écris par ce courrier, pour les intéresser en faveur de cette malheureuse et intéressante femme. Mais c'est de toi, surtout, mon cher Merlin, (pie j'attends ce service précieux |>our l'amitié et le souvenir que je porte à Dubayet.

Je sollicite encore (c'est le mot) pour un ami de Dubayet et le mien, son aide de camp, le citoyen Castra, pour lui obtenir le grade de dief d'escadron ou d'adjudant général. Fais encore dans cotte lirconstance ce que tu

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poiirrus. Je le tiendrai un compte exact, soit dans ce monde, soit dans l'aulre. pour les succès que tu me rendras tant pour la citoyenne Auberl- Dubayel que pour Castra.

Adieu, mon cher Merlin, je te recommande l'écrit ci-joint pour tous les journaux du monde et je te porte dans mon cœur.

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