HENTZ
P. S. Il y 0 vingt-doux mille Prussiens à r.onserkruck . à sept lieues de nous.
CORRESPONDANCE AVEC TIIIONVILLE. 207
Merlin père à Merlin de Thion ville.
Thionvillp, le 95 aoAl 1-92.
Longwv s'est rendu lâchement. Le régiment d'Angoulème, réuni à des bourgeois, a forcé le commandant de la place à la céder. Les volontaires de la Côte-d'Or se sont signalés ; ils ont tué plus de cinq cents Prussiens. Le camp de Fontoy s'est replié sur celui du maréchal Luckner. Ces deux camps sont aujourd'hui derrière Metz, et tout cela faute dhommes. On dirait que toute la France se lie pour sacrifier Thionville. Nous serons probablement investis dans peu de jours: l'ennemi esta Hayange; il pille déjà à Éblange; il n'y a ici que des recrues. Nous voilà donc abandonnés! M. Luckner dit qu'il ne peut rien contre tant de Prussiens, Autrichiens et émigrés. Le pays est à contribution. Dumouriez ne se remue pas; au reste, il ne peut être d'aucun secours, toutes les communications étant interceptées. Le régiment d'Angoulème a fait serment de ne jamais prendre les armes contre le roi. L'ennemi les a laissés aller. Beaucoup de soldats ont passé devant Thionville et n'ont osé y entrer : nous les aurions exterminés. Nous avons pris notre parti : nous ne nous rendrons pas, et nous ferons sauter la ville. L'Assemblée nationale ne peut, d'après ma lettre, ignorer ce qui se passe, et cependant point d'hommes, point de secours,..
Chr. MERLIN,
Cette lettre, lue par extrait à l'Assemblée législative dans la séance du 29 août, est du père de Merlin de Thionville ; elle donne l'idée d'une énergie peu commune. M. Christophe Merlin, membre du district de Thionville, s'occupait avec une grande activité des intérêts de sa ville. On peut en juger par la lettre suivante que lui adressaient ses collègues à la date du 12 septembre :
« Monsieur, recevez nos remercîments et ceux de nos concitoyens pour les nouvelles que vous nous donnez, et pour les efforts et démarches que vous faites pour procurer des secours à cette ville. Vos collègues, ayant partagé vos sollicitudes, ont part aussi dans le tribut de notre reconnaissance.
» Les desseins bien marqués de l'ennemi n'étant pas de nous assiéger dans les formes, nous n'avons à craindre qu'un bombardement. Selon les apparences, il est très prochain ; car l'ennemi a déjà deux batteries bien établies sur la cùte de Roseberg. Les avis portent qu'il s'en établit une autre à Gassion de quatorze mortiers et de gros canons pour battre à boulets rouges. Rien ne ralentit le courage des citoyens, plus menacés par cette sorte d'attaque que les militaires chargés de la défense de la ville.
«Continuez à nous tenir informés de ce qui se passe et surtout des succès de nos armées,
» Les administrateurs du district de Thionville, Trotya>nk, ScHWEiTzrp,, Sim-
Ml.\f.ER. »
L'activité de M. Merlin père se portait jusque dans le Luxembourg où ses