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Cf. Wallace, La sélection naturelle, ch IX et X

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et l'homme le plus civilisé. Or, à quoi bon à ce sauvage, à cet homme primitif, un organe cérébral d'une ampleur trois ou quatre fois supérieure à celui de son ancêtre pilhécoïde? A quoi bon des mains si bien adaptées aux travaux délicats, un larynx si bien construit pour Fart musical, etc. ? Il est clair, concluait Wallace, qu'il y a là chez l'homme primitif, un excédent de forces qui ne seront utilisées que plus tard, mais actuellement inutiles, une perfection d'organisme actuellement superflue, et qui partant ne saurait être attribuée à la sélection naturelle.

Au contraire, concluait-il, toutici^, au lieu d'être produit au fur et à mesure des besoins, semble préparé d'avance pour des besoins futurs. La finalité intentionnelle est ici manifeste. Donc c'est Dieu^ c'est son Intelligence directrice qui a dirigé et conduit à sa fin l'action évolutive du corps humain. Il est le fruit, non de la sélection naturelle, mais d'une sélection divine.

Réduite à ces termes, l'hypothèse de la transformation d'un embryon simien en organisme humain, par une intervention supranaturelle de Dieu, ne nous paraît nullement dépasser les limites de la toute-puissance divine. L'hypothèse ne paraît plus impossible, mais comme elle est inutile et comme elle atteint peu le but poursuivi par le système évolutionniste ! Ce système est imaginé, sinon pour se passer de Dieu, du moins pour remplacer ici son action immédiate par l'action des causes secondes, les lois de la nature. Le but n'est donc plus atteint i. En outre, c'est une complication inutile. Au lieu de faire façonner par Dieu, d'une manière miraculeuse, un organisme humain, dans le sein d'un animal inférieur, pour le tuer ensuite et le ressusciter par la substitution d'une âme humaine à une âme animale, n'est-il pas plus simple de supposer que Dieu crée tout d'une pièce le nouvel homme tout entier, corps et âme?

1. Aussi ce système n'a-t-il été reçu ni par les évolutionnistes athées, ni même par les évolutionnistes catholiques, tels que S. Georges Mivart,le P. Zahm et le P. Leroy, qui n'admettent qu'une évolution naturelle, par les seules forces de la nature, assistées par le concours naturel à.Q la Providence. — Cf. Mivart, The Genesis of Species^ 1871, p. 290.

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Telle nous scMiihlc devoir ùivt) la conclusion rigoureuse d'une saine |>liil()so|)lii(\ Non seuleiiienL Tàrne de riioiiirnc, incapables d'une oi'if^ine matérielle, vient dir(;ctein«!nt devs mains de Dicui, mais encore son corps, dont la formation, instanlanéc; ou évolutive, peu importe, a du néccss;iir(îment exiger l'intervention expresse et immédiate du Tout-Puissant. Les deux conjoints, corps et î\me, portent donc l'un et l'autre une empreinte divine, et c'est pour ciila que Dieu a pu les unir, sans aucune mésalliance, dans une union substantielle.

Ce qiCen pense la Sainte Bible ?

Il ne nous reste plus qu'à interroger une autorité supérieure et sans appel, pour trancher définitivement le débat sur l'origine de l'homme. Après avoir écouté la science et la philosophie, écoutons le témoignage de la Sainte Bible.

Après avoir créé les cieux et la terre, et les avoir peuplés de tous les végétaux et animaux qui en sont l'ornement, il semble que la Trinité sainte se recueille et tient conseil, pour la formation de celui qui, par son intelligence et sa ressemblance avec Dieu, doit être le roi de la création.

« Et ait [lUohim) : Faciamus hominem ad imaginem, et simili tudinem nostram : et preesil piscibus maris, et volatilibus cœli, et besliis. universxque terrœ, omnique reptili quod movetur in terra. »

Dieu se détermine donc à créer^ l'homme. Mais au lieu qu'il avait donné l'être aux autres animaux, en commandant aux eaux et à la terre de les produire, il veut que le plus parfait d'entre eux soit formé d'une manière plus parfaite. Il forme donc lui-même le corps de l'homme du limon de la terre, et anime son visage d'un souffle de vie, d'une âme spirituelle et raisonnable ; « et ainsi l'homme devient vivant et animé ».

« Formaviit (plasmavit) igitiir Dominus Deiis hominem de limo terrœ, et inspiravit in faciem ejus spiraculum vitœ et factus est homo in animam vivent em ^ »

1, Genèse, II, (3, 7.

;j^8 études PIIILOSOPIIIQUIIS

L'intervention directe et inwiédiate de Dieu dans la formation et de l'âme et du corps du premier homme, — intervention encore mieux mise en relief dans le récit de la création de la première femme, — est déjà ici nettement marquée et incontestable. .

Quant à la nature de cette intervention, deux choses sont certaines. La première, c'est qu'elle n'est pas une création ex nihilo. Le corps du premier homme n'est pas tiré du néant, mais d'une matière préexistante, quelle qu'en soit la nature, ex limo lerrœ. — La seconde, c'est qu'elle n'est pas un simple concours naturel de la Providence, en vertu duquel toutes les causes secondes agissent dans l'univers et suivant les lois de leur nature ; — il s'agit au contraire ici d'une action divine extraordinaire dépassant la puissance naturelle de toutes les causes secondes. Si nous ne l'appelons pas une action miraculeuse, le mot de miracle étant réservé pour les action , qui dérogent à la nature, et non aux actions qui la constituent,nous devons l'appeler une action supranaturelle i.

C'est donc à bon droit que le Concile de Cologne, tenu en 1860, et approuvé par Rome^ a condamné « comme absolument contraire à l'Ecriture sainte et à la foi, l'opinion de ceux qui n'ont pas honte d'affirmer que l'homme, ne seraitce que par son corps^ est le produit naturel de l'évolution spontanée, d'une nature imparfaite en d'autres natures de plus en plus parfaites, jusqu'à la nature humaine actuelle ^ ». Tel est aussi l'enseignement constant de la tradition et de l'Eglise, que le Cardinal Mazzella, à la suite de Suarez ^ et d'un grand nombre de théologiens, ne craint pas d'appeler une vérité de foi divine, ou tout au moins, touchant à la foi, spectans ad fidem, suivant l'expression adoucie du

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