Suarez, De Opère sex dierum, 1. 8, c. 1, n. 4 et
i/i:v(>i.i)TioN l'T l'oiucink \)K i/iiommk 329
r. TcM'i'oiio '. On peut voir d;ins r()uvrag(5 du savant Cardinal, />r Deo crennto. (disp. III, n. 1"'), ou dans cnlui du P. Palmiori, De Deo créante (tlirs. 2.')) I(3S innombrabhis cxtos des SninloH Kcrituros ou des Sainis Pères, sur hisqueis ils fondent l(Mir opinion. S. Augustin lui-môme, si fav(jral)!e c\ l'idée il'une eerlaine évolution, s'(îst eru obligé d'interpréter littéralement la création du corps du premier bomme.
Malgré cet enseignement constant de l'Eglise, certains auteurs catholiques récents ont cru pouvoir soutenir la thèse suivante : « Dans la formation du premier homme, le substratuui destiné à recevoir le précieux trésor de l'Ame immortelle, est Touvrage de Dieu, à la vérité, mais par l'entremise des causes secondes, c'est-à-dire au moyen de l'évolution. » — En d'autres termes, « c'est l'évolution qui par des transformations successives, accomplies dans des animaux, a amené le limon de la terre au point le plus rapproché possible deriuimanité ». — « La formation du corps d'Adam n'est due qu'à l'intervention spéciale de Dieu infusant l'àme raisonnable dans ce substratum animal. »
Cette thèse nous paraît gravement équivoque : aussi at-elle pu être interprétée dans deux sens fort différents.
Dieu s'est-il contenté d'infuser une âme humaine dans un organisme animal déjà façonné par une évolution naturelle et devenu semblable ou à peu près semblable à un organisme humain? — Ou bien, en infusant l'àme humaine, Dieu a-t-il par là même profondément modifié la structure organique de ce substratum animal-, pour l'adapter à une vie supérieure essentiellement différente ?
En d'autres termes, cette opération supranaturelle est-elle à la fois une information, au sens scolastique, et une formation au sens plastique, plasmavit et inspiravit ; — ou bien n'est-elle qu'une information seulement?
Si l'on admet une double opération, de formation plastique des organes et d'information par Tâme, cette évolution du corps animal en corps humain respecte l'intervention supranaturelle de Dieu à la fois pour la formation de l'âme