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LA. MATIÈRE MINÉRALE ET LA MATIÈRE ANIMÉE. 5".J

et ne mettrait dans les grandes pièces que du menu plomb à moineaux?

Que penserait-on d'un général assez imprévoyanf pour confier les opérations les plus importantes aux plus chétifs de ses soldats?

Dans les êtres animés que de fois cette disproportion existe entre la cause et l'effet! Les plus gros ne sont pas les plus puissants, et les plus petits ne sont pas les moins terribles.

Les imperceptibles microbes ne jouent-ils pas dans le monde un rôle beaucoup plus considérable que les baleines et les cachalots, les hippopotames ou les éléphants?

Tel luttera victorieusement contre un lion, et sera infailliblement vaincu par un animalcule à peine virible avec un microscope mille fois grossissant. « On a souvent besoin d'un plus petit que soi »

a dit le poète.

S'il avait vécu à notre époque, il se serait peutêtre exprimé autrement et avec beaucoup plus de vérité :

« On doit craindre souvent ua plus petit que soi. »

Les machines vivantes.

Certains philosophes ont prétendu que les animaux (et les végétaux à plus forte raison) étaient de pures machines.

Il faut l'avouer cependant, ce> machines sont merveilleusement conditionnées. Toutes leurs parties

constituent un ensemble admirable. Chacune d'elles est à sa place, et on serait mal venu de la poser ailleurs.

Puis, quelle harmonie et quelle subordination !... Comme chacune en particulier est bien façonnée pour coopérer à l'œuvre commune!...

Examinez un Carnivore, par exemple.

Obligé de se nourrir de cîiair palpitante, il se trouve fort heureusement armé de toutes pièces pour atteindre ce but.

Non seulement il est pourvu d'un estomac et possède des entrailles aptes à digérer cet aliment spécial, mais ses dents, ses griiTos, son appareil de locomotion, ses yeux, son instinct, le rendent capable de saisir sa proie, de la déchirer, de l'apercevoir de loin, quand elle se dérobe, de la poursuivre et de s'en emparer par la ruse, s'il ne peut y réussir par la force.

Et cela est toujours vrai, que l'animal soit grand ou petit, qu'il soit tigre ou microzoaire.

Il y a la de quoi faire sérieusemant réfléchir les matérialistes au sujet de ces causes finales dont l'existence les gêne tant!

On les entend assez souvent comparer les animaux, non pas seulement à des machines quelconques, mais surtout à des machines à vapeur.

Ea comparaison revêt une apparence plus scientifique; parcant elle leur semble plus vraisemblable et plus apte à persuader les bonnes gens assez candides pour les écouter.

— Voyez-vous? disent-ils; dans Tes tissus des animaux ou des plantes, la Nature condense du carbo-

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De par la respiration et la nutrition. Sur cas molécules hydrocarburées préexistantes elle accumule sans cesse de nouvelles molécules semblables. Puis, elle décompo e ces mêmes molécules; elle les enlevé et les remplace par d'autres : c'est le tourbillon vital.

Cette synthèse et cette analyse perpétuelles s'effectuent sous l'aciion de l'universel et unique moteur : le Soleil, principe de mouvement, foyer de lumière et de chaleur, source inépuisable de vie.

— Ces énormités ont été émises, il n'y a pas longtemps ; et on les répète encore.

Pourtant la différence entre une machine faite de main d'homme et une plante ou un animal n'est-elle pas évidente, si l'on veut seulement prendre la peine d'ouvrir les yeux pour la voir?

Une locomotive, par exemple, est admirablement construite. Le seul agencement de ses parties dénote incontestablement déjà l'existence d'un ouvrier. Gomment n'y pas découvrir, en effet, la réalisation exacte d'un plan où toat a été prévu et calculé à l'avance?

Elle n'a pu se donner l'être : nul ne s'aviserait de l'affirmer. En outre, elle dépend continuellement d'une cause étrangère et supérieure.

Si elle travaille, elle s'use clia^xue jour, sans être capable de compenser ses partes, et de réparer ou de renouveler ses oriianes détériorés.

L'homme doit sans cesse intervenir, pour retoucher refaire et remplacer successivement lés parties en souffrance, ou simplement pour les entretenir.

Quelle merveille si le charbon dont elle se nourrit,

et dans lequel elle puise la force nécessaire pour sa course rapide, pouvait régénérer successivement ses divers organes, et se transformer, suivant les besoins, en roues, essieux, tuyaux de tout genro, pislons,pompes, sifflets d'alarme et soupapes de sûreté !..

Quelle merveille encore, si chacune de ses parties, non seulement se renouvelait à mesure qu'elle s'use, mais croissait aussi, et cela toujours dans les mêmes proportions indispensables au fonctionnement normal et à la régularité de la marche, car la moindre imperfection sous ce rapport l'arrêterait sur la voie!...

Quelle merveille surtout, si elle devenait capable d'agir par mouvements propres, spontanés, volontaires, indépendants de tout moteur différent d'elle, comme les animaux même les plus infimes !...

Quand donc un inventeur de génie nous donnerat-il une locomotive assez bien conçue pour rendre inutiles les chauffeurs et les mécaniciens?...

Probablement ce ne sera pas de sitôt.

Toutes les machines faites par l'homme restent inévitablement sous sa complète dépendance : les ayant construites, il doit lui-même les réparer et les aiouvoir.

Une plante ou un animal sont des machines au- .rement compliquées ; mais, déplus, elles se passent do l'homme pour agir, car elles n'ont pas eu besoin de lui pour exister.

C'est fort heureux pour elles, car sans cela elles n'auraient jamais pris rang parmi les êtres de la création. Aucune industrie humaine ne serait assez puissante pour les produire, comme aucune n'est

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