‹ Vie et matièreChapitre 7 sur 7 · LA MATIÈRE MINÉUALB ET LA MATIERE ANIMÉE · texte numérisé non relu

LA MATIÈRE MINÉUALB ET LA MATIERE ANIMÉE

assez habile pour les réparer et les empêcher cL périr.

Malgré la Science la plis profonde et les instruments les plus perfectionnés ou les plus délica'j, l'homme ne saurait rendre une seule feuille à la branche, une fleur à sa tige, une patte à Tinsecte, une plume à l'oiseau.

La vie et la mort.

Méritent-ils d'être pris au sérieux les matérialistes assez audacieux pour afflrmor que la Scienjo sera, un jour, à même de fabriquer des nerfs, de ■ tissus musculaires complets, des pieds, des mains des têtes avec leurs yeux, leurs oreilles, leur cervea . et leur cervelet, comme elle nous donne actuelLment des locomotives, des téléphones et des cinématographes ?

Parviendra-t elle jamais à construire un corps humain, en chair et en os, avec son ensemble d^ veines et d artères, et tous ses organes si nombreux et si divers ?

Pourra-t-elle jamais le faire seulement aussi parfait que le cadavre d'un homme quand il vient d'expirer, et qu'il va être la proie du tombeau?

Jusqu'à présent, elle n'a pas même su arrêter la décomposition, ou si elle y réussit pour quelques heures, ce n'est qu'en le mutilant, en lui arrachant certaines parties et en minéralisant les autres.

Mais, enfin, la Science fût-elle jamais en mesure de construire uu cadavre de toutes pièces, il lui res-

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tcrait encora le phii dilTicile à réalisor : il lui faudrait infuser la vie dans ce cadavre!...

Four Cela, elle ne devrait pas seulement lui co:nmuniquer quelques commotions transitoires et violentes, comme sont les contractions musculaires produites par le courant d'une pile électrique. Elle devrait le faire agir par mouvements propres, personnels, spantanés, indépendants de toute cause extérieure, et, enfin, intelligents ou instinctifs, comme on les constate chez l'homme ou chez les animaux.

Le jour oii la Science opérerait ce prodige, elle serait assez puissante pour ressusciter les morts.

Ce jour-là, les hommes deviendraient immortels.

Si l'on pouvait, en effet, rendre alors la vie à un cadavre, ou la donner à un corps qui ne l'aurait jamais eue, pourquoi n'aurait-on pas le moyen delà conserver à un être qui la posséderait déjà? Ce serait évidemment plus facile.

Quels que soient les progrès accomplis jusqu'ici, on nous accordera, si l'on est sincère, que le jour où la mort sera ^cientifîqllenlent détruite sur la terre, n'est pas encore près de luire.

Depuis longtemps on meurt ici-ba?; pendant longtemps encore, hélas! on sera condanné à mourir.

Nos aïeux ont vécu, et ils sont morts ; nous marchons nous-mêmes sur le chemin do la tombe, et nos descendants, jusqu'à la plus lointaine génération, ne naîtront que pour mourir.

Non ! le jour où la Science détruira la mort, ne luira jamais en et monde. Nous en avons pour garant la parole du Créateur nous indiquant, dans le

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trépas inévitable, la peine du péché, stipendium piocati mors, et nous assurant que la résurrection est l'œuvre du sauveur et de Lui seul. Ego sum resurrectio et vita .'...

Cette parole est, sans doute, non avenue pour les matérialistes; mais c'est une de ces paroles qui ne passent point, et dont ils sont contraints de voir euxmêmes la constante réalisation jusqu'à la fin des temps.

Pour la démontrer fausse, ils nont qu'un moyen : ressusciter les morts, ou conférer aux vivants le privilège de l'immortalité.

C'est un peu difficile, nous en convenons; mais ce serait la seule preuve expérimentale vraiment concluante de l'existence dans la matière d'une force inconsciente et aveugle, analogue au magnétisme et à l'électricité, mais cause adéquate de la vie.

Sous ce rapport, comme sous bien d'autres, noas attendons avec calme les futures conquêtes de la Science : l'avenir proclamera qu'on avait tort de les escompter, â l'avance, en faveur de l'incrédulilé.

Conclusion.

En résumé, dans la matière, nous ne le nions pas, il y a une certaine activité, mais elle n'est point la vie, pas plus que l'affinité élective des atomes n'est le libre arbitre.

Dans lêtre vivant, les forces physico«chimiques

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agissent concurremment avec la force vitale; mais elles sont d'un autre ordre.

Jamais elles ne suffiront à expliquer les faits delà conscience et le? phénomènes de la volonté, de l'intelligence ou de l'instinct, de la mémoire et du sentiment.

Elles constituent avec la vie deux genres entièrement distincts et complètement irréductible l'un à l'autre : entre les deux e-^t un abîme, et cet abîme est trop large et trop profond pour être jamais franclii.

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