VII. I
beau • hemin: de orte que, pi i.>i\
j'étai i peu prè i le maître «1<- lui er )<?
. olonté ' te ;idr<
à plus d'une un. Cependant d dessein •
5 qu'il s'aperçût de la d e la Lui rendre
sible: mais, quoique indolent dan- le calme, il (''ait dans ses jeux, et se d< i peu de moi, que j'eus tout
peines du monde à lui faire apercevoir que je 1<- trichais. Enfin j'en vins à bout malgré >(>n étourderie; il m'en fr 10 reproches. Je lui dis: i De quoi vous pis lans
un don que je veux bien faire, ne suis-je DOS maître de mes conditions? Qui vous force à courir? vous ai-je promis de
faire les lices égales? n'ave/-vous pas le choix ? Prenez la plus courte, on ne vous en empêche point. Comment ne [5 voyez-vous pas que c'est vous que je favorise, et que l'iné
lité dont vous murmurez est tout à votre avantage si vou^ savez vous en prévaloir? » Cela était clair; il le comprit, et, pour choisir, il fallut y regarder de plus près. D'abord on voulut compter les pas; mais la mesure des pas d'un
20 enfant est lente et fautive; de plus, je m'avisai de multiplier les courses dans un même jour; et alors, l'amusement devenant une espèce de passion, l'on avait regret de perdre à mesurer les lices le temps destiné à les parcourir. La vivacité de l'enfance s'accommode mal de ces lenteurs: on s'exerça
25 donc à mieux voir, à mieux estimer une distance à la vue. Alors j'eus peu de peine à étendre et nourrir ce goût. Enfin quelques mois d'épreuves et d'erreurs corrigées lui formèrent tellement le compas visuel, que, quand je lui mettais par la pensée un gâteau sur quelque objet éloigné, il avait le coup
30 d'ceil presque aussi sûr que la chaîne d'un arpenteur.
Comme la vue est de tous les sens celui dont on peut le moins séparer les jugements de l'esprit, il faut beaucoup de temps pour apprendre à voir
Emile à Douze Ans
Sa figure, son port, sa contenance, annoncent l'assurance et le contentement; la santé brille sur son visage; ses pas affermis lui donnent un ait de vigueur; son teint, délicat encore sans être fade, n'a rien d'une mollesse efféminée; Tair et le soleil y ont déjà mis l'empreinte honorable de son sexe; 5 ses muscles, encore arrondis, commencent à marquer quelques traits d'une physionomie naissante; ses yeux, que le feu du sentiment n'anime point encore, ont au moins toute leur sérénité native; de longs chagrins ne les ont point obscurcis, des pleurs sans fin n'ont point sillonné ses joues. 10 Voyez dans ses mouvements prompts, mais sûrs, la vivacité de son âge, la fermeté de l'indépendance, l'expérience des exercices multipliés. Il a l'air ouvert et libre, mais non pas insolent ni vain; son visage, qu'on n'a pas collé sur des livres, ne tombe pas sur son estomac: on n'a pas besoin de lui dire: 15 Levez la tète; la honte ni la crainte ne la lui firent jamais baisser
N'attendez pas de lui des propos agréables, ni qu'il vous dise ce que je lui aurai dicté; n'en attendez que la vérité naïve et simple, sans ornement, sans apprêt, sans vanité. 20 Il vous dira le mal qu'il a fait ou celui qu'il pense, tout aussi librement que le bien, sans s'embarrasser en aucune sorte de l'effet que fera sur vous ce qu'il aura dit; il usera de la parole dans toute la simplicité de sa première institution
Ses idées sont bornées, mais nettes; s'il ne sait rien par 25 cœur, il sait beaucoup par expérience; s'il lit moins bien qu'un autre enfant dans nos livres, il lit mieux dans celui de la nature; son esprit n'est pas dans sa langue, mais dans sa tête; il a moins de mémoire que de jugement; il ne sait parler qu'un langage, mais il entend ce qu'il dit; et, s'il ne 3a dit pas si bien que les autres disent, en revanche il fait mieux qu'ils ne font
Qu'il s'occupe ou qu'il s'amuse, l'un et l'autre est égal pour
24& VU m «i •
lui; « upations, il n'y ent p
il met ."i tout ce <!,liI »';ii! un intérêt qui fait rii une liberté qui plaît, en mont:
rit et la sphère de sea oonnai 5 »p« ta4 le d m npei ta. le i barman! et do
un joli enfant, l'œil vif cl gai, l'air !;i ph\-
Bionomie ouverte et riante, hin tant, le
plus sérieu i profondément occupé des plu-» frivoles
amusements?
10 Voulez-vous à présent le juger par comparaison? M avec d'autres enfants, et laissez-k faire. Voua verrez bk lequel est le plu- vraiment formé, lequd approche le mieux de la perfection de leur âge. Parmi les enfants de la ville, nul tt'est plus adroit que lui, mais il est plus fort qu'aucun
15 autre. Parmi de jeunes paysans, D île en force et
passe en adresse. Dans tout ce qui est à portée de l'enfance, il juge, il raisonne, il prévoit mieux qu'eux tous. I question d'agir, de courir, de sauter, d'ébranler des cor: d'enlever des masses, d'estimer des distances, d'inventer
20 des jeux, d'emporter des prix? On dirait que la nature a ses ordres, tant il sait aisément plier toute chose à volonté-. Il est fait pour guider, pour gouverner ses égaux: le talent, l'expérience, lui tiennent lieu de droit et d'autorité. Donnez-lui l'habit et le nom qu'il vous plaira, peu importe.
25 il primera partout, il deviendra partout le chef des aur ils sentiront toujours sa supériorité sur eux: sans vouloir commander il sera le maître, sans croire obéir ils obéiront.
Il est parvenu à la maturité de l'enfance, il a vécu de la vie d'un enfant, il n'a point acheté sa perfection aux dépens
30 de son bonheur; au contraire, ils ont concouru l'un à l'autre. En acquérant toute la raison de son âge, il a été heureux et libre autant que sa constitution lui permettait de l'être. Si la fatale faux vient moissonner en lui la fleur de nos espérances, nous n'aurons point à pleurer à la fois sa vie et sa mort.
1$ nous n'aigrirons point nos douleurs du souvenir de celles que
nous lui aurons causées; nous nous dirons: Au moins il a joui de son enfance; nous ne lui avons rien fait perdre de ce que la nature lui avait donné.
Le grand inconvénient de cette première éducation est qu'elle n'est sensible qu'aux hommes clairvoyants, et que, 5 dans un enfant élevé avec tant de soin, des yeux vulgaires ne voient qu'un polisson.
Le moment est venu maintenant pour l'enfant « sain, vigoureux, bien formé pour son âge » d'entrer en rapport avec le monde. Dans le Troisième âge, il entrera en rapport avec le monde phy- 10 sique, ou la nature; dans le Quatrième âge, avec le monde moral (des êtres pensants et sentants) ou la Société, et avec Dieu.
Le Troisième Âge (De la Raison)
(De douze ans à quinze ou seize ans)
« A 12 ou 13 ans, les forces de l'enfant se développent bien plus rapidement que ses besoins . . . Voici donc le temps des travaux, des instructions et des études; et remarquez que ce n'est pas moi 15 qui fais arbitrairement ce choix, c'est la nature elle-même qui l'indique. »