LETTRE LXVI
A LA MERE DE SAUMAISE, A Dl.MO,
Vive -j- Jésus !
Voilà, ma chère Mère, l'argent et le crayon que ce bon Père nous a renvoyé avec un déplaisir sensible de n'avoir pu achevei- l'œuvre. Mais Dieu, qui fait tout pour le mieux. fera que l'image en sera mieux faite, car ce dessin dont il
a Al-s. '.* et 3 : « se sentant indifférent » — /; Ms. 8 : « de toute part » — c Mss. S, 9, A et Uni. : le maître et le possesseur de nos cœurs. »
nous a envoyé le crayon n'est pas joli ni à mon gré. C'est pourquoi vous m'obligerez infiniment de le changer, suivant l'idée que Notre-Seigneur vous donnera, le tout étant laissé à votre jugement. Persévérez, ma bonne Mère, dans votre zèle à faire honorer ce sacré Cœur, vous et toutes ces bonnes âmes dont vous me parlez qui s'y intéressent, pour lesquelles je vous parlerai à la première occasion, ne pouvant à présent vous rien dire sur ce sujet, sinon qu'elles sont bien heureuses, et vous aussi, d'être employées à une si glorieuse entreprise, dans laquelle il ne faut point s'étonner des contradictions, qui sont une des marques les plus infaillibles que Dieu en sera glorifié par le règne du sacré Cœur de son divin Fils. Une autre fois j'en dirai davantage '. Dieu soit béni !
1. On sait que sœur Jeanne-Madeleine Joly, encore qu'elle n'eût aucune habitude du dessin, s'appliqua par obéissance à tracer une autre esquisse qui répondit mieux à la pensée de la Bienheureuse. Elle y réussit parfaitement. On aurait envoyé cette image nouvelle à Marguerite-Marie qui en aurait remercié l'auteur par le billet suivant, qui est la lettre LXII de B, mais qui ne se retrouve dans aucun de nos recueils manuscrits anciens et modernes. — Au reste, on trouvera dans la lettre 80 les remerciements authentiques de la Servante de Dieu au sujet de l'image de la sœur Joly :