‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 111 sur 284 · LETTRE' LXV · texte numérisé non relu

LETTRE' LXV

Vive -j- Jésus !

J'espère, ma chère Mère, que puisque vous prenez part à mes intérêts, vous bénirez notre Souverain de la part qu'il m'a faite de sa Croix . Ah ! qu'il fait bon vivre et mourir accablée sous son poids, dans la privation de toute consolation ! C'est " la prétention du pur amour qui ne laisse point de repos à l'àme qui s'est tout abandonnée à son pouvoir.

Je vous envoie les litanies du sacré Cœur de Jésus et le reste qui m'a donné ce qui m'est bien dû 2 qui est l'humiliation b et confusion. Vous comprendrez bien ce que je

a) Ms. 8 : « c'est là, la seule prétention » — b) Mss. 8, 9 et 3 : k et des confusions effroyables. »

1. Nous avons rétabli le texte de cette lettre d'après les Mss. 6, 8, 9, 3 et la trad. ital. qui concordent tous, sauf pour le dernier alinéa : (( Voici ce qu'il m'a donné pour occupation... » qui ne se trouve que dans le Ms. 6 et la trad. ital. — Ce passage est déjà à la fin de la lettre XXXIe ; néanmoins, à cause de l'autorité particulière du Ms. (i et de la trad. ital., nous l'avons laissé subsister ici, dans l'impossibilité où nous sommes de décider s'il appartient à la présente lettre où à la XXXIe. Au reste, il est possible qu'originairement cette lettre n'en ait fait qu'une avec la précédente.

2. La Mère de Soudeilles avait fait imprimer à Moulins, en 1687, un livret de douze pages qui contenait : un court exposé de la dévotion au sacré Cœur, d'après le journal des retraites du P. de La Colombière, une consécration et une amende bonorable au sacré Cœur, les litanies du Cœur de Jésus et les litanies du Cœur de Marie. Dans le court exposé il était question des révélations faites à « une personne de piété ». Les initiés savaient que c'était S1' Marguerite- Marie qui était ainsi désignée : d'où la confusion éprouvée par la Servante de Dieu.

veux dire et dont j'aurais sujet de vous accuser. Mais la volonté de Dieu soit faite, mon cœur" étant indifférent à l'humiliation et à la consolation, ne faisant attention ni réflexion sur cela ; mais il me suffit qu'il se contente par la continuelle destruction de moi-même. Et, n'ai-je pas trop de plaisir, parmi mes amertumes, de voir cette sainte dévotion s'insinuer et se soutenir d'elle-même, malgré les contradictions que Satan y suscite h pour s'y opposer ? Il régnera malgré ses ennemis et se rendra c le maître des cœurs qu'il veut posséder ; car c'est la principale fin de cette dévotion de convertir les âmes à son amour.

Voici ce qu'il m'a donné pour occupation : « La Croix est ma gloire, l'amour m'y conduit, l'amour me possède, l'amour me suffît. » Je vous prie de brûler mes lettres quand vous les avez lues et qu'elles ne soient vues que de vous. Je ne sais si je me trompe en tout ce que je vous dis ; je prie le Seigneur vous le faire connaître. Etc.

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