‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 114 sur 284 · A SON FRÈRE, CURÉ DU BOIS-SA1NTE-MARIE · texte numérisé non relu

A SON FRÈRE, CURÉ DU BOIS-SA1NTE-MARIE

Vive -j- Jésus !

[Vers le mois d'avril 1687 1 j.

Je prie l'adorable Cœur de Jésus, mon très cher frère, d'établir à jamais dans les nôtres son règne d'amour et de paix. Vous me faites confusion de vous intéresser comme vous faites à ma santé, qui est si inutile à la gloire de Dieu, auquel ma vie, jusqu'à présent, a été si injurieuse, que je mets au nombre des plus grandes miséricordes qu'il exerce sur mon âme celle qu'il me fait de me faire souffrir ici-bas en terre, en me donnant quelque conformité à sa vie souffrante, par le mérite de laquelle j'espère acquitter quelque chose de cette grosse dette que j'ai encourue par mes péchés, si vous m'aidez toujours du secours de vos saints sacrifices, sur lesquels je fais grand fond. Continuez-moi donc cette charité, car c'est où est fondée toute mon espérance, vous assurant que je ne vous y oublie pas lorsque j'ai le bonheur d'y assister, et j'ai bien remercié le sacré Cœur de Notre- Seigneur Jésus-Christ des grâces qu'il vous fait, le suppliant vous les continuer, et vous faire celle d'y correspondre fidèlement, et persévérer constamment dans les saints désirs qu'il vous donne de l'aimer et glorifier, en le faisant connaître. Vous ne pouvez me faire un plus sensible plaisir, dans la pensée que j'ai que vous ne pouvez rien faire de plus salutaire à votre chère âme, pour laquelle j'avoue

I. Celle lettre se rattache évidemment à celle du mois de mais, dans laquelle la Bienheureuse faisait allusion à ses soulïYances. Son frère dut s'en informer, comme l'indiquent les premières lignes <|ni répondent sur ce sujet. Elle semble donc naturellement placée vers celte époque ; la lettre suivante pourrait y avoir été jointe.

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que je m'intéresse fortement. Et vous avez raison de dire qu'elle n'est qu'une avec la mienne dans le sacré Cœur. C'est pourquoi je prends la liberté de vous dire si franchement mes pensées, ce que je ne ferais pas si je vous aimais moins.

Vous me donnez une consolation extrême lorsque j'apprends que vous vivez conformément à votre état et vocation, et aux promesses que vous avez faites au Seigneur. Pensez-y souvent, mon cher frère, car il ne faut pas recevoir la grâce en vain, puisqu'il est autant terrible de tomber entre les mains d'un Dieu vivant, comme il est doux de se jeter maintenant entre les bras d'un Dieu mourant pour notre amour, lequel ne cherche qu'à nous faire part de ses miséricordes. Priez-le qu'il les répande sur ma pauvre âme, qui en a un si grand besoin ; mais il nous faut confier en sa bonté, en tâchant de correspondre à ses desseins, etc.

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