‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 132 sur 284 · LETTRE LXXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXIV

A SŒUR F. -31. DE LA BARGE, A MOULINS (L'autographe est au monastère de Paray.)

Vive *j- Jésus !

[Mars ou avril 1688.]

La perte de ces lettres est bien fâcheuse, et notre très honorée Mère ' a eu bien du chagrin du paquet qui s'est perdu par la voie de Bourbon ; pour moi je suis dans le dessein de ne plus écrire que le moins que je pourrai. Et comme je pense que ce saint temps de carême sera passé quand vous recevrez celle-ci, je vous invite à bien tenir notre cœur disposé à recevoir les visites de Notre-Seigneur pendant cette autre quarantaine. Et pour cela il faut tenir tous nos sens en solitude par un saint recueillement intérieur, bannissant toutes réflexions inutiles et retours sur nous-même qui ne servent qu'à nous troubler et retirer notre âme de la paix, sans laquelle elle ne pourra jamais être le sanctuaire du Seigneur, de la main duquel il nous faut recevoir tout ce qui nous arrive, tant les emplois comme tout le reste, sans rien demander ni rien refuser, car il faut vous avouer au sujet des charges, que vous ne sauriez croire combien j'ai senti ma faiblesse en ce rencontre, par mon peu de soumission qui m'a fait jouer bien des personnages pour me défaire de la nôtre, mais en vain. C'est pourquoi il nous faut abandonner, et, par un parfait oubli de nous-même, ne rien vouloir ni désirer et nous trouverons tout en Dieu, qui soit béni !

Maria eoncepta est sine peccato.

La suscription porte : « A ma très chère sœur en Notre- Seigneur\ la sœur F. -M. de la Barge, religieuse au monastère de la Visitation Sle-Marie, à Moulins. »

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