‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 155 sur 284 · Inédite · texte numérisé non relu

Inédite

2. Cette lettre est sans date, mais diverses circonstances nous permettent de la Gxer approximativement. Il est évident qu'elle est antérieure à la maladie de Mme Alacoque, qui mourut à la fin de septembre 1690, après plus d'un an de maladie. Il faut donc la rapporter à l'année 1689, entre la fête du Sacré-Cœur qui tomba cette année-là le 17 juin, et la fête de la Visitation, 2 juillet. C'est pourquoi nous avons donné la date : fin juin 1689.

nez, d'avoir si bien célébré la fête de cet adorable Cœur. C'est une merveille comme l'on s'y porte partout à le célébrer. Les Révérends Pères Jésuites eurent le saint Sacrement exposé avec le sermon. Nous fîmes aussi de tout notre mieux selon notre petit pouvoir... Et en vérité, mon cher Frère, il me semblait que le jour de cette fête est un jour de salut et de bénédiction éternelle à tous ceux qui l'honorent d'un cœur humble et sincère. Aimons-le donc, ce divin Cœur, et tâchons de nous conformer en tout à lui.

Pour des livres, ils ont si grande presse que je ne sais si nous en pourrons avoir ; nous ferons tout ce que nous pourrons pour contenter votre dévotion, tant en [livres] qu'en images, qui, je crois, coûtent six sols la douzaine et je pense les livres un sol marqué l et ceux où est l'office trois sols. Vous me manderez desquels c'est. Pour des bouquets, j'ai bien du déplaisir que l'on ne vous puisse satisfaire là-dessus ; mais nos sœurs s'occupent tellement à orner notre chapelle du sacré Cœur que nous sommes contraintes d'en refuser à plusieurs personnes, car cela fait qu'on n'en veut plus vendre.

Oui, mon cher Frère, il y aura indulgence plénière aux églises des religieuses de Sainte-Marie le jour de la Visitation de la Sainte Vierge pour tous ceux qui s'y confesseront et communieront.

Pour la fille dont vous nous parlez, nous la prendrons par charité et sur ce que vous nous en dites, mon frère et vous; et pour cela, on en refuse une autre, qui aura pour le moins plus d'une fois autant ; mais ayant représenté l'état où est cette famille, a fait qu'on s'y est résolu, pourvu qu'elle donne ses habits de religion, une croix d'argent de neuf ou dix francs et une fourchette et une cuillère d'argent et un trousseau de linge qui soit raisonnable. Mais, au nom de Dieu, dites-lui bien qu'elle se détermine à bien faire,

1. « Sou marqué, ancienne pièce de cuivre valant quinze deniers » (Littré, Dict.).

afin que vous n'ayez pas le déplaisir de la voir sortir. Vous l'amènerez tout le plus tôt qu'il se pourra, afin qu'on ne se pourvoie pas ailleurs.

Mille saluts et amitiés à ma très aimée sœur, que j'embrasse et aime tendrement dans le sacré Cœur de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Je ne l'oublie pas en sa présence et ce m'est une grande joie du désir que le sacré Cœur lui donne pour l'ornement de sa chapelle. Je la conjure de ne s'y pas épargner et d'en être elle-même, avec mes chères nièces, les sacristaines pour toujours et qu'elle s'estime bien heureuse dans cette peine parce qu'elle lui sera récompensée au centuple. Je la supplie d'agréer un petit livre de la Sainte Vierge que l'on nous a envoyé de Lyon et pour vous, mon très aimé frère, vous me feriez un grand plaisir 1...., enchâsser 2 de ce Vénér 3 Car vous lui avez

de très grandes obligations pour les grâces que vous recelez par son intercession. Mais il n'est pas de cette dévotion comme de celle du sacré Cœur qu'il faut être publique, jtnais l'autre secrète, n'étant pas encore approuvée de la sainte Église. Si vous souhaitez d'avoir ses litanies nous Vous les enverrons ; mais il ne les faut pas communiquer. \h ! mon cher frère, que rendrons-nous au Seigneur pour es grands biens qu'il nous fait, car il ne tiendra pas à lui pie vous ne soyez un saint et que notre famille ne soit sainte !.. mais j'ose dire qu'il le veut et que, de notre part, 1 ne faut rien épargner pour seconder ses desseins; c'est :K>ur cela qu'il nous manifeste la dévotion de son sacré Cœur, qui contient des trésors incompréhensibles, qu'il feut être répandus dans tous les cœurs de bonne volonté, ar c'est un dernier effort de l'amour du [Seigneur] envers

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