‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 158 sur 284 · LETTRE CV · texte numérisé non relu

LETTRE CV

Après le 12 août 1689 2.

Ma toute chère Mère,

La lecture de la vôtre du 19 juillet m'a causé des transports de joie inexplicables, voyant que vous n'épargnez rien pour contenter ce divin Cœur en ce qu'il vous fait connaître désirer, et même dans les choses où je ne voyais en vous les disant, aucun moyen d'exécution.

ce qui plaît à mon Dieu, c'est l'état où il me met assez souvent par son infinie miséricorde, et d'où je me retire bientôt par mes imperfections et mes infidélités. J'ai besoin de cette profonde humilité d'un regard simple vers Dieu, d'un oubli de tout ce qui n'est pas mon Dieu. Ce sont des grâces que je n'ai pas, et qui me sont absolument nécessaires. Je vous dis tout ceci avec confiance, parce qu'étant persuadé que vous prenez quelque part aux miséricordes que Dieu me fait et qu'il me veut faire, vous redoubliez vos prières pour m'obtenir ce que je n'ai pas.

Je m'abandonne entièrement à sa Providence, sans me mettre en peine que de l'aimer. Je ne sais pas si je serai prêtre au mois de septembre prochain, du moins ce sera dans quelques mois. C'est tout ce que j'espère en ce monde. Je vous en avertirai. Écrivez-moi un peu plus souvent si le bon Dieu le veut. Quoique cette lettre soit extraordinairement longue, je vais ajouter le dessein que j'ai, pour savoir votre sentiment

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