LETTRE CXX
a son frère le maire
En vérité, mon très cher frère, je ne sais plus que vous épondre, étant si sensiblement touchée moi-même de voir me toutes les prières que notre Communauté, et toutes les )onnes âmes de ma connaissance font incessamment avec noi pour ma chère sœur et pour vous, ne vous ont encore m obtenir seulement un moment de patience. J'en attribue, ivec douleur, la cause à mes péchés. Mais cependant c'est a tout ce que Dieu veut d'elle et de vous que la soumission sa volonté, et la patience pour les porter2 avec douceur ; t non pas vous laisser aller à ces sortes de curiosités qui ie lui plaisent pas, n'étant pas à mon pouvoir de vous satisaire sur ce sujet. Et je pensais vous en avoir dit sufïîsament par les deux précédentes si vous y aviez fait un peu e réflexion, pour vous faire connaître qu'étant' la volonté e Dieu qu'elle souffre ce mal avec patience pour son salut, est en vain que vous y cherchez des remèdes humains,
1. Cette lettre et la suivante sans date dans nos manuscrits ont dû
récéder de fort peu la mort de Mme Alacoque, qui fut malade
iviron treize mois et qui fut inhumée au Bois-Sainte-Marie le 23 sep-
imbre 1690. Après avoir épuisé tous les remèdes, la famille ne
>ya nt plus de ressource que dans les prières de sœur Marguerite-Marie
s réclamait avec d'autant plus d'instances qu'on en avait éprouvé
fficacité dans la guérison de M. Jacques Alacoque, curé du Bois-
inte-Marie. On aurait voulu savoir du moins si la malade guérirait,
si l'épreuve durerait encore longtemps. Avec une fermeté toute
inte, l'humble religieuse répond par cette lettre aux instances et
ix questions qui lui sont adressées. Ces pieux conseils furent com-
is ; ils produisirent sur la malade les consolants résultats exprimés
ins le Mémoire de Chrysostome. (Voir au 1er volume.)