‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 177 sur 284 · ces maux · texte numérisé non relu

ces maux

i90 VIE ET ŒUVRES DE MARGUERITE-MARIE ALACOQUE

lesquels n'y serviront de rien ; car, qui peut aller contre la volonté de Dieu, laquelle s'accomplira toujours, bon gré, mal gré que nous en ayons. Et pour le dire tout en un mot c'est que cette pauvre malade a dans son mal son salut renfermé, et elle en est comme l'arbitre pour en bien ou mal user, sans qu'elle doive s'informer s'il doit durer peu ou long-temps, laissant cela dans les secrets de Dieu, auquel il faut qu'elle fasse un sacrifice de sa vie, pour la lui rendre quand il lui plaira. C'est à quoi je l'exhorte de tout mon cœur, la larme à l'œil, puisque lui ayant donné cette maladie comme une marque de son amour qui la veut sauver, aussi ne lui pourrait-il point donner de plus grande marque de sa juste colère que de la guérir ; parce que, lorsqu'il s'agit du salut, il faut tout faire et tout souffrir, tout sacrifier et tout abandonner.

Voilà, mon cher frère, tout ce que la vive douleur et la part que je prends à votre sensible affection me permet de vous dire. Pour des prières il me semble n'en pouvoir faire davantage, et même des communions. Encore présentement je communie dix vendredis de suite à son intention. Notre très honorée Mère ! a fait faire des prières et des neuvaines à la Sainte Vierge et [à] notre saint Fondateur. Elle vous salue, et prend beaucoup de part à votre juste douleur.

Pour moi je ne peux vous exprimer la surprise où je suis de votre peu de soumission et de patience. Gela me fait mourir toute vive. Vouez-la encore à saint François de Sales, et y faites dire neuf messes, pour lui obtenir la patience et le détachement des choses de la terre. Et pour cela qu'elle se souvienne que la dernière fois que je la vis, elle me dit de demander à Dieu qu'il la mît en l'état de faire son salut à quelque prix que ce fût. Or maintenant il n'est plus temps de s'en rétracter. Enfin, mon cher frère, encore que Dieu

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