‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 186 sur 284 · SUR LES DIX LETTRES QUI SUIVENT · texte numérisé non relu

SUR LES DIX LETTRES QUI SUIVENT

Les dix lettres suivantes, sauf la deuxième, qui était déjà connue, comme nous le dirons un peu plus loin, en faisant son histoire, étaient inédites, pour la plus grande partie, jusqu'à ces derniers temps.

Nous disons : pour la plus grande partie, parce que le P. Groiset, dans l'abrégé de la Vie de la Servante de Dieu, qu'il publia, en 1691, à la suite de son ouvrage : La Dévotion au Sacré-Cœur, en avait déjà donné d'importants extraits. On aurait même pu croire qu'il les avait publiées intégralement, si l'on s'en était tenu à ce qu'il a écrit lui-même : « On avait eu d'abord le dessein de ne publier ces lettres qu'en abrégé ; mais on a jugé que ce serait s'opposer au dessein de la Providence que d'en ôter la moindre partie, et qu'enfin la lecture de ces sortes de lettres peut toujours beaucoup servir et n'ennuie jamais '. »

Le P. Croiset ne désigne le destinataire des lettres de la Bienheureuse que par cette périphrase : « Un Père de la Compagnie de Jésus en qui elle avait quelque confiance » ; ce qui a pu permettre de croire que c'était le P. Rolin. Selon la coutume du temps, qui voulait qu'on mît les écrits qu'on publiait « en meilleur français », il a modifié notablement le texte des fragments qu'il a donnés au public.

1. Abbrégé de la Vie d'une religieuse de la Visitation de Sainte- Maaib, de laquelle Dieu s'est servi pour l'établissement de la dévotion an sacré Cœur de Jésus-Christ, décédée en odeur de sainteté, le 11 d'octobre de l'année 1 690. Cet abrégé a 100 pages, il se trouve à la suite de: La Dévotion au Sacré-Coeur, 1 vol. in-18, à Lyon, chez Antoine et Horace Molin, 1691.

La citation ci-dessus est tirée des pp. 61-62 de l'abrégé.

Or, le 25 octobre 1888, le R. P. F. -Victor Vieille mit la main sur un manuscrit couvert en parchemin, portant au dos ce titre : Lettres de Sœur Alacoque, qui avait été acquis récemment par le bibliothécaire de la maison des PP. Jésuites d'Avignon. Ce manuscrit est tout entier écrit de la même main. Il renferme dix lettres de laB. Marguerite-Marie et compte 72 feuillets écrits desdeux côtés, sauf le dernier, soit 143 pages.

Le nom du destinataire manque. C'est le P. Croiset, à n'en pas douter.

Nous avions d'abord hésité à nous ranger à cet avis, sur la foi des Contemporaines qui ont écrit 1 : « Le R. P. Rolin dont nousavons déjà parlé et qui lui avait donné de si saints avis pour sa conduite, en sortant de Paray, lui ordonna de lui écrire les grâcesqu'elle recevrait de son Souverain et les dispositions où elle se trouverait. Ce fut pour obéir à ses ordres qu'elle écrivit ce qui suit. » Et elles reproduisent, à la suite les uns des autres, plusieurs morceaux de lettres, empruntés à l'abrégé de Croiset et qui se retrouvent dans les inédites d'Avignon.

De plus, les Contemporaines racontent que peu d'heures avant sa mort, « ayant fait appeler une de nos sœurs qui avait été sa novice et qu'elle estimait singulièrement pour sa haute vertu, Je vous prie, lui dit-elle, ma chère sœur, d'écrire incessamment au R. P. Rolin pour le prier de brûler mes lettres et de me garder inviolablement le secret que je lui ai souvent demandé. »

Il est vrai que la sœur de Farges, qui est vraisemblablement celle qui reçut la commission de la mourante, déposa en 17l5t sans dire qu'elle avait reçu une commission pour le P. Rolin. Elle rapporta seulement que la Semante de Dieu lui avait dit dans la maladie de sa mort : « Je vous prie, ma chère sœur, de brûler le cahier qui est dans une telle armoire, écrit de ma main, par ordre de mon confesseur, le R. P. Rolin, jésuite ; cî il m'a défendu de le faire moi-même avant qu'il l'eût examiné. C'était la Vie écrite par elle-même. On le voit, dans ce témoi gnage de la sœur de Farges, le P. Rolin est toujours en cause mais pas de la même façon qu'il y a été mis par le récit de Contemporaines. Au reste, il paraît bien que la sœur de Farg

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