‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 19 sur 284 · choisi · texte numérisé non relu

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comme tout lassé, me prosternant à ses pieds avec une grande crainte qui s'était imprimée en moi et n'osant lui rien dire, il me dit : « Voilà l'état où me réduit mon peuple choisi que (1 j'avais destiné pour apaiser ma justice et il me persécute « secrètement. S'il ne s'amende, je les châtierai sévèrement. « Je retirerai mes justes et j'immolerai le reste à ma juste « colère qui s'embrasera contre eux. » Je ne peux dire combien cela me fit souffrir. Je lui présentai son amour souffrant dont un des regards était capable d'apaiser son courroux.

Une autre fois crue je me sentais dans une agonie doulou- 37. Le

, . . " parterre

reuse, mon Seigneur, m honorant de sa visite, me dit : délicieux...

° .... . Marguerite

« Entre, ma fille, dans ce parterre délicieux pour ranimer choisit le

t ■ 1 , • /"i bouquet de

« ton âme languissante, m Je vis que c était son sacré Cœur, myrrhe.

dont la diversité des fleurs était autant aimable que leur

beauté était admirable. Après les avoir considérées, sans

oser les toucher, il me dit : « Tu en peux cueillir à ton

« gré. » Aie jetant à ses pieds : « 0 mon divin amour, je n'en

« veux point d'autres que vous, qui m'êtes un bouquet de

« myrrhe que je veux porter continuellement entre les bras

« de mes affections. — Tu as bien su choisir, me dit-il,

« car toutes les autres fleurs sont passagères et ne peuvent

« longtemps durer en cette vie mortelle sans se flétrir. Il

« n'y a que la myrrhe que tu choisis qui puisse conserver

« sa beauté et son odeur, et cette vie est sa saison : il n'y

« en a point dans l'éternité, elle y change de nom. »

Je ne sais comme une épouse de Jésus crucifié ne peut 38. n |-aut

• 1 /"< • 1 /• • j. 1 '• 1 * bien accueil-

pas aimer la Croix, la luir et la mépriser, puisqu en même nr ia croix.

temps elle fuit Celui qui l'a portée pour notre amour, en

faisant l'objet de ses délices. Nous ne pouvons l'aimer

qu'autant que nous aimons sa Croix. Il me lit connaître qu'autant de fois que je ferais rencontre de la Croix et la mettrais par amour dans mon cœur, autant de fois je le recevrais et ressentirais sa présence dans mon cœur, qu'il accompagne partout, comme étant le vrai caractère de son amour. J'ai eu cette vue après la sainte communion. 39. n.-S. Yiïen ne me paraît plus horrible dans la maison de Dieu

ne veut pas r r ^

qu'elle soit <une religieuse volontaire. Mais, pour un surcroît de

une pierre 1 © L

d'achoppé- Deme Nôtre-Seigneur me commanda de dire à ma supé-

ment pour l ' ©

les autres. rieUre qUe je ne devais avoir de singularités que les soutfrances et qu'il ne voulait point que je fusse une pierre d'achoppement, parce que ceux qui s'y heurteraient se blesseraient très vivement ; elle serait très douloureuse « non à « cause de toi, ajouta cette voix, mais à cause de mon « esprit qui habite en toi >>.

cœur Sdoit (Je Priais Notre-Seigneur que mon cœur ne sortît pas de faTam^du sa présence.) Il me dit un jour, faisant la génuflexion : « Tu sanctuaire. (< t>en vas ^onc sans cœur, car le tien ne sortira plus d'ici ; « je le remplirai d'un baume précieux qui y entretiendra « sans cesse le feu de mon amour. La bonne volonté doit a être la mèche qui ne doit jamais finir. Tout ce que tu « pourras faire et souffrir avec ma grâce, tu le dois mettre « dans mon Cœur pour y être converti en ce baume qui <( doit être l'huile de cette lampe, afin que tout y soit con- « sommé dans le feu de mon amour divin. » Je tâchai de faire ce qu'il m'enseignait. « Ma fille, me dit-il, je prends « tant de plaisir de voir ton cœur, que je veux me mettre <( en sa place et te servir de cœur. » Et cela se fit si sensiblement qu'il ne m'était pas permis d'en douter. Depuis ce temps, sa bonté me donne un si libre accès auprès de sa; grandeur que je ne le peux exprimer. « As-tu perdu au; « change que tu as fait avec moi, me dit Notre-Seigneur, « en me donnant tout ? Aie soin de remplir ta lampe et j'y « allumerai le feu. »

4i. La. ou- J'ai reçu de grands effets de la protection de la Sainte

Vierge. Le jour de sa triomphante Assomption, elle me fit ronne de i al voir une couronne qu'elle s'était faite de toutes ses saintes ge. filles qui s'étaient mises a à sa suite et qu'elle voulait paraître avec cet ornement devant la sainte Trinité. Mais elle me dit qu'elle avait une grande tristesse de ce que, voulant se séparer de la terre, les fleurs dont on avait orné son chef s'y étaient trouvé attachées, ne lui en restant que quinze, dont cinq furent reçues pour épouses de son Fils ; me faisant voir combien il est important qu'une âme religieuse soit détachée de tout et d'elle-même pour faire que sa conversation soit au ciel.

Une autre fois, elle me fit voir le sacré Cœur de Jésus 42. Le sa-

, cre Cœur,

comme une source d'eau vive où il v avait cinq canaux qui sourced'eavj

~ * x vive.

coulaient avec complaisance dans cinq cœurs de 'cette Communauté qu'il avait choisis pour les remplir de cette divine abondance. Il y en avait au-dessous cinq autres qui recevaient beaucoup, mais ils laissaient couler par leur faute* cette eau précieuse. Une autre fois, il m'en fut montré cinq cœurs que ce Cœur amoureux était prêt de rejeter ne les regardant plus qu'avec horreur. Mais, bien loin de souhaiter de savoir qui c'était, je demandais de n'en avoir aucune connaissance. Je ne laissais de verser beaucoup de larmes, disant : « Mon Dieu, il vous est bien « permis de me détruire et de m'anéantir, mais je ne vous « quitterai pas que vous ne m'ayez accordé la conversion « de ces cœurs. » Mais il a fallu bien souffrir avant que cela fût. L'enfer n'est pas plus horrible qu'une âme privée d'amour.

Une fois que j'accompagnais le saint Sacrement que l'on 43 l a

portait à une malade, j'aperçus cette surprenante bonté se s. lui lait 1 . 1 ^ < 1 1 • 1 souffrir % ior

détournant du cote ou on le portait, disant ces paroles a lence dans

celui qui le portait : « Cessez de me forcer : je souffre vio- tie.

a) Ms. 3 : « sous sa protection et à sa suite » — b) Id. : « Je ne sus point qui était si favorisé de celui de Jésus. »

« lence. » Ah ! que j'aurais bien voulu que tous les assistants eussent entendu cette voix pénétrante pour s'en laisser toucher! Elle me fit bien verser des larmes. Se présentant devant moi, il me dit : « Laisse-moi reposer dans ton cœur « pour soulager la violence que j'ai voulu souffrir par mon « amour. »

bipatiouaiau ^n JOUI>' pendant mon oraison, me sentant un grand désir Crucifie- ^e soum:>ir quelque chose pour Dieu, le considérant sur ment. l'arbre de la Croix, il me tenait fortement attachée à lui,

me disant amoureusement : « Reçois, ma fille, la croix que « je te donne et la plante dans ton cœur, l'ayant toujours « devant les yeux et la portant entre tes bras. Les plus « rigoureux tourments qu'elle te fera, seront inconnus et « continuels : une faim sans te rassasier ; une soif sans tt « désaltérer, une ardeur sans rafraîchissement. » Et, nt pouvant comprendre ces paroles, je dis : « Mon Dieu, don- « nez-moi l'intelligence de ce que vous voulez que je fasse. — L'avoir dedans ton cœur, c'est qu'il faut que tout « soit crucifié ; l'avoir devant tes yeux, c'est qu'il faut être (( crucifiée en toute chose ; et la porter entre tes bras, c'est « l'embrasser amoureusement toutes les fois qu'elle se pré- « sente, comme le plus précieux gage de mon amour que « je te peux donner en cette vie. Cette faim continuelle des « souffrances est pour honorer celle que j'avais de souffrir « pour glorifier mon Père éternel. Cette soif sera de moi et « du salut des âmes, en mémoire de celle que j'ai eue sur (( l'arbre de la Croix. »

«-.«'t^^ff Un vendredi, pendant la sainte messe, je me sentais un

pi d l 1 t j U (. ' i. * O t

îîredisSVenn orand désir d'honorer les souffrances de mon Epoux cruciîaPassIonde ^' ^ me ^ amoureusement : qu'il désirait que, tous les x s vendredis, je le vinsse adorer trente-trois fois sur la Croix,

qui est le trône de sa miséricorde, me prosternant humblement à ses pieds, tâchant de m'y tenir dans la même disposition qu'y était la Sainte Vierge au temps de sa Passion, les offrant au Père éternel avec les souffrances de son divin

(Fils, pour lui demander la conversion de tous les cœurs ; endurcis et infidèles qui résistent au mouvement de sa jgràce ; et que ceux qui se voudront rendre fidèles à cette [pratique, il leur sera favorable à la mort.

Une autre fois, il m'enseigna trois dispositions qu'il me 46. S'unir

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