Ici s'arrête la première page de la feuille aulographe
mais prendre avec agrément tout ce qu'il vous présentera, soit doux ou amer, puisque c'est le même amour qui vous présente l'un et l'autre pour vous sanctifier à son gré. Supportez doucement les petites contradictions qui vous viennent de la part du prochain et son humeur contraire à la vôtre, sans lui témoigner vos ressentiments, car cela est contraire au sacré Cœur de Notre-Seigneur.
Et pour votre oraison, si vous voulez vous en tenir à ce que je vous en ai dit, vous demeurerez dans cette disposition que vous me marquez dans votre écrit, paisible et tranquille, en simplifiant votre esprit par ce seul acte d'abandon à la volonté de Dieu, demeurant ainsi en sa douce présence, comme une servante inutile, sans vouloir vous violenter à faire des actes, sinon de temps en temps et lorsque il vous les suggérera, ne vous mettant point en peine des suggestions de votre amour-propre, qui vous dit que vous perdez le temps, ne faisant rien. Ne l'écoutez pas, mais jetez votre pensée au Seigneur'.
Faites, ma chère sœur, que votre principal soin soit de vous quitter vous-même et toutes les réflexions d'amourpropre qui font un grand obstacle au dessein de Dieu sur vous. Abîmez toutes vos misères dans la miséricorde de l'aimable Cœur de Jésus et ne pensez plus que à l'aimer en vous oubliant de vous-même ; et puis laissez-le faire tout ce qu il voudra en vous de vous et pour vous.
Voilà, ma chère amie, ce qui m'est venu en pensée pour vous dire, espérant en la grâce de ce divin Cœur que, si vous êtes fidèle à le pratiquer, il vous fera sentir les effets de sa libéralité, c'est-à-dire si vous vous confiez pleinement en son amoureuse bonté, à laquelle je vous supplie recommander la plus indigne de toutes les pécheresses, afin qu'il me donne le vrai esprit de pénitence et la grâce d'y vivre et mourir. Ne doutez pas que je ne vous aime dans ce sacré