‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 263 sur 284 · Jean, xi, 3 : Parole des sœurs de Lazare à N.-S · texte numérisé non relu

Jean, xi, 3 : Parole des sœurs de Lazare à N.-S

seul soutien de mon âme, ô pain des anges incarné pour mon amour, exposé pour ma rançon et disposé pour ma nourriture ! Venez me rassasier abondamment ! Venez me soutenir fortement ! Venez me faire croître hautement ! Venez me faire vivre de vous et en vous, mais efficacement, ô mon unique vie et tout mon bien !

Si un corps [était] privé de son âme, comment l'appellerait-il, comme la chercherait-il? Ai-je si peu de sentiment de vous et de moi, que je ne sache pas ce que je suis sans vous ? Venez, ô mon Dieu et mon tout ; venez animer encore une fois mon âme, languissante après Celui qui fait tout l'ornement de sa beauté, et le principe de ses mouvements et la source de sa vie.

Absorbez, je vous en conjure, ô Jésus mon unique amour, toutes mes pensées, et retirez mon cœur de tout ce qui est sous le ciel, par la force de votre amour, plus ardent que le feu et plus doux que le miel. Faites que je meure de l'amour de votre amour, comnie vous êtes mort de l'amour de mon amour. Ah ! Seigneur, blessez-le tellement ce cœur qui est à vous, et le transpercez si fort de toute part, qu'il ne puisse plus rien contenir de terrestre et d'humain.

VIII i

O amoureux Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! 0 Cœur qui blessez les cœurs plus durs que la pierre, qui

1. Dans le petit Livret de l'Hôpital, les trois morceaux que nous mettons ici, sous les nos VIII, IX et X, font suite, sans aucune séparation, à la prière précédente. C'était assez l'habitude, à cette époque, de mettre, bout à bout, des fragments qui n'avaient pas de rapport les uns avec les autres.

Dans le cas présent, les trois morceaux que nous séparons se rapportent au sacré Cœur, tandis que la prière précédente renferme une suite d'aspirations a la sainte communion. Au reste, le Ms. 6, Langue t et Vital, s'accordent pour faire finir la prière n° VII comme

PRIÈRES COMPOSÉES PAR LA BIENHEUREUSE 78i>

échauffez les esprits plus froids que la glace, et attendrisse/ les entrailles plus impénétrables que le diamant! Blesser donc, ô mon aimable Sauveur, mon cœur par vos sacrées plaies, et enivrez mon âme de votre sang, en sorte que, de quel côté que je me tourne, je ne puisse rien voir que mon divin Crucifié, et que tout ce que je regarderai me paraisse teint de votre sang. O mon bon Jésus, faites que mon cœur ne se repose point qu'il ne vous ait trouvé, vous qui êtes son centre, et son amour et sa félicité.

Mon aimable Jésus, par la sacrée plaie de votre Cœur, pardonnez-moi tous les péchés que j'ai commis par malice ou par des intentions impures. Mettez mon mauvais cœur dans le vôtre, qui est tout divin, afin qu'étant continuellement sous votre protection et direction, je persévère constamment à faire le bien et à fuir le mal jusqu'au dernier soupir de ma vie ' .

nous l'avons fait ci-dessus. — A, p. 483, et B, p. 545, reproduisent ce morceau et les deux suivants selon le Livret de l'Hôpital, à la suite de la prière n° VII. — Ms. 14, 1" Livret, contient le n° VIII, sous le titre : « Oraison aux cinq plaies de Jésus ». La prière y commence ainsi : « O Jésus-Christ, ô plaies qui brisez les poitrines plus dures que la pierre... » La suite y est identique à la prière ci-dessus, seulement il y a des invocations aux quatre autres plaies avant d'arriver à celle du sacré Cœur.

1. Le morceau qui précède est évidemment inspiré par la prière suivante de saint Bonaventure :

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