Acte d'amour et de contrition parfaite
Humblement prosternée devant vous, ô sacré Cœur de Jésus, je vous adore, je vous loue, je vous bénis et je vous aime de toutes les forces et de tout l'amour dont mon cœur est capable ; mais étendez sa capacité et augmentez mon amour, afin que je vous aime davantage, et que cet amour me rende pour jamais tout à vous. C'est la grâce que je vous demande pour moi et pour tous les cœurs capables de vous
aimer, et particulièrement pour le mien rebelle, endurci, infidèle, qui depuis si longtemps abuse de vos grâces, vous résiste et ne fait que vous offenser. Je mène une vie si lâche à votre saint service, que, sans l'excès de votre miséricorde, il y a longtemps que vous m'auriez vomie et rejetée comme un objet d'horreur et d'abomination, qui ne mérite que de souffrir éternellement toutes les rigueurs de votre juste colère. Mais je vous conjure, ô sacré Cœur de mon adorable Jésus, faites que par cette ardente charité qui vous a consommé sur l'arbre de la Croix, comme une victime d'amour et de souffrance, et qui vous tiendra en cette qualité sur nos autels jusqu'à la consommation des siècles, de m'accorder à moi, pauvre misérable pécheresse, le pardon de tous les péchés que j'ai commis par ingratitude, oubli et infidélité et autres injures que je vous ai faites, dont je me repens de tout mon cœur. Je vous en demande pardon avec toute la douleur et le regret dont je suis capable, protestant que je voudrais pouvoir répandre tout mon sang par tous les tourments imaginables, pour satisfaire à votre divine justice et réparer tous les outrages que je vous ai faits, acceptant par avance toutes les peines dont il vous plaira me châtier en cette vie, à la réserve d'être abandonnée à moi-même et au péché, et, par ce moyen, être privée de votre amour. O divin et tout aimable Cœur, ne me condamnez pas à un si horrible tourment que de ne vous pas aimer ! Que plutôt toutes les peines de l'enfer viennent me tourmenter, que d'être un seul moment sans vous aimer. O divin Cœur, source d'amour et de bonté, comment vous pourriez-vous oublier de vos miséricordes, pour condamner à une éternelle privation de votre amour un cœur qui ne veut plus vivre que pour vous aimer, et ne respirer et n'aspirer qu'à cet amour dans le temps et l'éternité ?
Ecoutez donc, ô tout aimable Cœur de mon Seigneur Jésus-Christ, la demande que je vous fais et la requête que je vous présente en ma faveur, indigne chétive pécheresse
que je suis, en vous demandant ma véritable conversion. Je déteste le passé avec tant d'horreur, que je choisirais plutôt d'être abîmée dans l'enfer que d'y retourner à l'avenir ; et si vous voulez me condamner aux flammes, que ce soit sans réserve dans celles de votre pur amour. Abîmezmoi dans cette ardente fournaise, pour punition de toutes mes perfidies. Et quand l'excès de vos bontés vous inciterait à me faire encore quelque grâce, je ne vous en demande point d'autre que ce doux supplice d'amour. Mais faites, je vous en conjure, que je m'y consomme pour y être transformée en vous. Et pour vous venger de ce que je ne vous ai pas aimé, pour m'être aimée désordonnément moi-même, percez et transpercez mille et mille fois mon cœur ingrat du trait de votre pur amour, en sorte qu'il ne puisse plus rien contenir de terrestre et d'humain, mais la seule plénitude de votre pur amour, qui ne me laisse plus d'autre liberté que de vous aimer en souffrant et accomplissant en tout votre sainte volonté. Voilà les grâces que je vous demande, ô sacré et tout aimable Cœur, et vous conjure m'accorder et à tous les cœurs capables de vous aimer, pour lesquels je vous demande de vivre et de mourir dans ce même amour. Amen.
Union à Jésus immolé '.
O mon doux Jésus, l'unique amour de mon cœur, le
TEXTE DU P. GUILLORE
O victime la plus cruelle de l'inhumanité des bour-
1. Comme on le voit, ce morceau est emprunté au P. Guilloré, t. II, p. 437, des Conférences spirituelles pour bien aimer Jésus, à Paris, chez Etienne Michallet, premier imprimeur du Roy, MDCLXXXIX. Il était déjà dans une édition de 1683. Nous l'avions retranché, lorsque nous avons appris que la Visitation de Venise pos-
doux supplice de mon âme, et le martyre agréable de ma chair et de mon corps, toute la grâce que je vous demande pour honorer votre état d'hostie au saint Sacrement, c'est que je vive et que je meure victime de votre sacré Cœur, par un amer dégmit de tout ce qui n'est point vous ; victime de votre sainte âme par toutes les ang-oisses dont la mienne est capable; victime de votre corps, par l'éloignement de tout ce qui peut satisfaire le mien, comme par la haine d'une chair criminelle et maudite.
reaux ! Jésus, l'unique amour de mon cœur, le doux supplice de mon âme et le martyre agréable de ma chair et de mon corps, toute la grâce que je vous demande pour honorer votre divin état de victime, c'est que je vive et que je meure victime de votre Cœur par un amer dég-oût de tout ce qui est au monde et qui n'est point vous, victime de votre âme par toutes les angoisses et les délaissements dont la mienne est capable ; et victime de votre corps par l'éloignement de tout ce qui peut satisfaire le mien, comme par la haine d'une chair criminelle et maudite.