‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 271 sur 284 · Acte d'amour au sacré Coeur · texte numérisé non relu

Acte d'amour au sacré Coeur

0 très amoureux Cœur de mon unique amour, Jésus ! ne pouvant vous aimer, honorer et glorifier selon l'étendue du désir que vous m'en donnez, j'invite le ciel et la terre de le faire pour moi ; et je m'unis à ces ardents Séraphins pour vous aimer. 0 Cœur tout brûlant d'amour, que n'enflammez-vous le ciel et la terre de vos plus pures flammes, pour en consommer tout ce qu'ils enserrent, afin que toutes

sède de ce morceau une copie autographe de la main de la Bienheureuse Marguerite-Marie. Ce fait rendait le fragment très respectable, d'autant que la Bienheureuse, en le copiant, y avait mis sa marque par quelques variantes. Nous nous sommes empressé de le reprendre après avoir vu le fac-similé de l'autographe de Venise.

les créatures ne respirent que votre amour ! Faites-moi ou mourir ou souffrir, ou du moins changez-moi tout en cœur pour vous aimer, en me consommant dans vos plus vives ardeurs. 0 feu divin, o flammes toutes pures du Cœur de mon unique amour, Jésus ! brûlez-moi sans pitié, consommez-moi sans résistance. Hélas ! pourquoi m'épargnez-vous ? puisque je ne mérite que le feu et que je ne suis propre qu'à brûler. O amour du ciel et de la terre, venez, venez tout dans mon cœur pour me réduire en cendres ! O feu dévorant de la Divinité, venez, venez fondre sur moi ! Brûlezmoi, consommez-moi au milieu de vos plus vives flammes, qui font vivre ceux qui y meurent. Ainsi soit-il.

Oraison d'amour au sacré Cœur.]

O Cœur embrasé et vivant d'amour ! ô sanctuaire de la Divinité, temple de la majesté souveraine, autel de la divine charité, Cœur qui brûlez d'amour et pour Dieu et pour moi, je vous adore, je vous aime, je me fonds d'amour et de respect devant vous! Je m'unis à vos saintes dispositions ; je veux, oui je veux et brûler de vos feux et vivre de votre vie. Que j'ai de joie de vous voir heureux et content ! Que je prends pan à vos grâces, à vos douleurs et à votre gloire, et que de bon cœur je voudrais mourir et souffrir, plutôt que de vous déplaire ! O mon cœur, il ne faut plus agir que par les mouvements du Cœur sacré de Jésus ; il faut expirer en silence devant lui à tout ce qui est humain et naturel.

O Cœur divin, je m'unis à vous et me perds en vous. Je ne veux plus vivre que de vous, par vous et pour vous. Ainsi tout mon emploi sera de demeurer en silence et en respect, anéantie devant vous comme une lampe ardente qui se consomme devant le saint Sacrement. Aimer, souffrir et mourir ! Amen.

Oraison [d'adoration au saint Sacrement].

Jésus-Christ, mon Seigneur et mon Dieu, que je crois véritablement et réellement présent au très saint Sacrement de l'autel, recevez cet acte dune adoration très profonde pour suppléer au désir que j'aurais de vous y adorer sans cesse, et en action de grâces des sentiments d'amour que votre sacré Cœur y a pour moi. Je ne saurais mieux les reconnaître qu'en vous offrant tous les actes d'adoration, de résignation, de patience et d'amour que ce même Cœur a faits pendant sa vie mortelle, et qu'il fait encore et fera éternellement dans le ciel, afin de vous aimer, vous louer et adorer dignement par lui-même autant qu'il me sera possible. Je m'unis à cette offrande divine que vous faites à votre divin Père; et je vous consacre tout mon être, vous priant de détruire en moi le péché et de ne pas permettre que je sois séparée de vous éternellement. Amen.

Petite consécration au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

(L'autographe est à la Visitation de Nevers 1.)

Je N.. N.. me donne et consacre au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ma personne et ma vie, mes actions, peines et souffrances, pour ne plus vouloir me servir d'aucune partie de mon être que pour l'honorer, aimer

1. Cette consécration a déjà été reproduite, en tête de la lettre 54e — Bonnardel — A, p. 98 — B, p. 135 à la suite d'une lettre à Sœur de la Barge. — Elle se trouvait déjà dans le petit Livret de la Sr Joly, publié à Dijon en 1686 et 1689 et dans celui de la Mère de Soudeille, publié à Moulins en 1687.

et glorifier. C'est ici ma volonté irrévocable que d'être toute à lui et faire tout pour son amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui lui pourrait déplaire. Je vous prends donc, ô sacré Cœur ! pour l'unique objet de mon amour, le protecteur de ma vie, l'assurance de mon salut, le remède de ma fragilité et à mon inconstance, le réparateur de tous les défauts de ma vie et mon asile assuré à l'heure de ma mort. Soyez donc, ô Cœur de bonté ! ma justification envers Dieu le Père, et détournez de moi les traits de sa juste colère, ô Cœur d'amour ! je mets toute ma confiance en vous, car je crains tout de ma malice et de ma faiblesse, mais j'espère tout de votre bonté. Consommez donc en moi tout ce qui vous peut déplaire ou résister. Que votre pur amour vous imprime si avant dans mon cœur que jamais je ne vous puisse oublier, ni être séparée de vous que je conjure, par toutes vos bontés, que mon nom soit écrit en vous, puisque je veux faire consister tout mon bonheur et toute ma gloire à vivre et mourir en qualité de votre esclave.

Prières au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

(Les autographes de cette prière et de la suivante sont au monastère de la Visitation d'Autun.)

2 C'est du profond abîme de mon néant que je me prosterne devant vous, ô très sacré, divin et adorable Cœur de

Page 1