‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 28 sur 284 · PS · texte numérisé non relu

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[retraite de sa profession, 1672] '

Mon divin Maître me tenait une fidèle compagnie parmi les courses que j'étais obligée de faire incessamment. C'est dans ce temps que je reçus de si grandes grâces, que je n'en avais point encore eu de semblables sur tout ce qu'il \ me fit connaître, particulièrement sur le mystère de sa Passion. Mais je supprime tout, étant trop long à écrire. Je dirai seulement que c'est ce qui m'a donné tant d'amour pour la Croix, que je ne peux vivre sans souffrir, mais souffrir en silence, sans consolation ni soulagement, et mourir avec ce Souverain de mon âme, accablée sous la croix de toutes sortes de souffrances. Les soirs, quoique fort fatiguée et lassée, je jouissais d'une si grande paix que ma seule inquiétude était de ne pas assez aimer mon Dieu. Je passais toute la nuit agitée de ces pensées. Une fois, ne pouvant reposer et voulant changer de situation, mon divin Maître me dit ces paroles : que lorsqu'il portait sa croix, il ne la changeait pas de côté pour se soulager. Ce qui me fit connaître que je ne devais rechercher mes commodités en quoi que ce soit.

Toutes les courses que je faisais pendant le jour ne furent

i. Dans la procédure de 1715, à la 2e séance de reconnaissance des Ecrits, le 27 juillet, la Mère de La Garde « a présenté un cahier de six feuillets des sentiments de la Vénérable Sœur Alacoque et ses résolutions sur l'état de sa profession, la présente copie reconnue véritable et conforme à l'original. » Cette copie n'a pas été retrouvée.

jamais capables d'interrompre l'union que j'avais avec mon Bien-Aimé. Bien au contraire, il augmentait en moi le désir de l'aimer pour munir plus étroitement à lui. J'étais aussi contente les soirs que si j'avais été tout le jour devant le saint Sacrement en oraison.

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