‹ Vie et œuvres (volume 2)Chapitre 43 sur 284 · LETTRE VI · texte numérisé non relu

LETTRE VI

Vive -J- Jésus !

Ma très honorée Mère,

Ce m'est une douce consolation de recevoir de vos nouvelles, bien qu'il me semble être indifférente pour les mtres. Mais vous êtes toujours ma bonne mère, pour laquelle le Seigneur me donne ce que je ne peux exprimer, ,ît non plus que vous oublier devant Dieu, que je supplie vouloir consommer en nous tous ses desseins. Et qu'il en ;oit de même de Mme de N***, qui est parmi nous à présent )our être religieuse, par l'ardent désir qu'elle a d'accomolir la volonté de Dieu. Je la recommande à vos saintes trières, avec le R. Père de La Colombière, dont vous nous lemandez des nouvelles. Sa santé n'est pas encore rétablie, :omme il le marque à M"lc de L***, car pour moi je n'en ai toint reçu de lettre. Ce n'est pas que je ne me sois donné

l'honneur de lui écrire, mais il n'a pas jugé à propos de me faire réponse. Mais de quelle manière qu'il en use, je suis toujours contente, parce que je sais que nous ne voulons que la volonté de Dieu, auquel il est très soumis. Voilà ce que je vous en peux dire pour le présent1.

Pour les communions, je ferai par obéissance ce que Votre Charité souhaite ; et je voudrais pouvoir vous témoigner la part que je prends en tout ce qui vous regarde, pour les intérêts du Seigneur, que je sais vous être chers par-dessus tout le reste.

Je laisse prendre la consolation aux autres de vous mander les nouvelles, car pour moi je ne le sais pas faire, mais priez le Seigneur qu'il me rende digne d'accomplir en tout sa volonté, et que nous le puissions aimer par-dessus tout. C'est dans cet amour que je suis toute à vous2.

1. Revenu en France au commencement de 1679, le Père de La Colombière avait vu, non sans regret, la palme du martyre lui échapper des mains. Mais par une mort lente et journalière, le confesseur de la foi acheva de composer sa couronne de gloire; il ne fit plus que languir jusqu'en 1682. Pendant les trois années qui précédèrent sa mort, ses supérieurs lui confièrent, à Lyon, un emploi compatible avec l'épuisement de ses forces : la conduite spirituelle des jeunes scholastiques de la Compagnie. C'est de cette résidence qu'il écrivait de temps en temps à quelques-unes de ses fdles spirituelles de Paray.

2. A et B ajoutaient ici les deux alinéas ci-dessous. Le premier se trouve dans les Mss. 3, 6, 8 et 9, au travers d'autres lettres. Le second se trouve, à la suite, dans le Ms. 8 et il sera reproduit à peu près dans les mêmes termes à la fin de la lettre LXXXVII.

(( Je vous dirai que le jour de l'Ascension [30 mai], étant allée au chœur avant midi, Notre-Seigneur me parut dans une lumière ardente, me disant ces paroles : « J'ai choisi ton âme pour m'être un « ciel de repos sur la terre; et ton cœur sera un trône de délice à « mon divin amour. » Comme vous voyez, il continue toujours sesj miséricordes à son indigne esclave. »

« Ne vous étonnez point, ma chère Mère, de toutes les contradictions que vous rencontrerez pour établir le règne de cet aimable Cœur. Je le prie de toute l'affection du mien que vous ne désistiez point de votre sainte entreprise; car les difficultés sont une marque plus assurée que la chose est de Dieu et qu'il en doit être beaucoup glorifié. C'est dans son saint amour que je suis tout à vous. »

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