LETTRE XXIX
Vive *J- Jésus!
[Janvier] 1685 •.
Ma chère Mère,
Que nous sommes heureuses de la grâce que le sacré Cœur nous fait de nous employer à le faire connaître et aimer! Il me semble a que je me devais abîmer de confusion et de reconnaissance, lorsque le jour de la fête du bien-aimé de notre cher Bien-Aimé 2, je vins à me ressouvenir que ce fut à tel jour que j'eus* le bonheur incomparable de me reposer sur le sein de ce divin Epoux, dont je suis si indigne, avec ce bien-aimé disciple, et qu'il me donna son Cœur, sa Croix et son amour : son Cœur pour être' ma retraite, mon recours en tous mes besoins et mon ciel
a) Ms. 8 : « Il me semblait que je devais me fondre de reconnaissance et d'amour, le jour de la fête du bien-aimé de notre divin Sauveur, lorsque je vins à me rappeler que ce fut à tel jour que ce divin Epoux me fit la grâce incomparable, et dont je suis si indigne, de me reposer sur son sein adorable avec son bien-aimé disciple et de me donner son Cœur, sa Croix et son amour» — h) Ital. : « La grazia incomprensibile e di cui sono, cosi indegna » — c) Ms. 8 : « mon asile ».
i. Le Ms. 6 donne : 1684 et le Ms. 8 : 1685. A et B dataient cette lettre de janvier 1689. Le mois de janvier est peut-être indiqué, en effet, par la mention de la fête de saint Jean, 27 décembre, comme d'un événement récent, mais l'année 1689 est certainement une erreur dont il faut, croyons-nous, rechercher l'origine dans la forme bizarre que le chiffre 5 affecte dans le Ms. 8. Il y ressemble au chiffre 9. Languet lui-même s'y est trompé.