La Mère Péronne-Rosalie Greyfié
n'aimer que par son pur amour, n'agir et pâtir que dans ses saintes intentions, en le laissant faire, en nous et de nous, selon son bon plaisir. Je ne m'aperçois pas que je me rends bien importune proche de vous, mais cela n'arrivera pas souvent, et puis il me semble que tout est pardonnable à un cœur qui vous aime autant que le mien chétif le fait dans celui de notre aimable Jésus, dans l'amour duquel je nous souhaite toutes consommées.
Je ne peux m'empêcher de croire que l'envie dont je me suis sentie pressée de vous envoyer ce sacré Cœur, venait de ce qu'il a désir d'établir son empire dans votre communauté, et son règne d'amour dans nos cœurs. Ceux, ma chère Mère, qui sont [dansj la couronne d'épines qui environne cet aimable Cœur, sont ceux qui l'aiment et le suivent par les souffrances ; et ceux qui sont dans les lacs d'amour sont ceux qui l'aiment de l'amour de jouissance 1.
1. Une semblable image avait été aussi envoyée à la Mère de Saumaiso, comme on l'a vu précédemment.
Des deux que la Bienheureuse adressait le 15 septembre à la Mère de Soudeilles, une seule s'est conservée jusqu'à nos jours : c'est le monastère de Nevers, héritier des traditions et des pieux trésors de celui de Moulins, qui la possède ainsi que la petite consécration dont il est parlé. Nous ne transcrirons pas ici cette dernière pièce, parce qu'on la trouvera reproduite dans la lettre qui va suivie.
« Cette image précieuse à tant de titres, disent nos chères sœurs « de Nevers, est peinte en miniature sur une feuille de vélin, elle « forme un rond dont le diamètre est de treize centimètres; les <( marges ont été coupées. Au centre est le sacré Cœur entouré de « huit jets de flammes, percé de trois clous autour desquels jail- « lissent aussi des flammes, et surmonté d'une croix. La plaie •< béante de ce divin Cœur, découpée horizontalement, laisse échap- « per des gouttes de sang et d'eau dont le mélange forme, du côté « gauche, un nuage sanglant. On lit au milieu de la plaie le mol
('./tarifas écrit en lettres d'or. Autour de cet aimable Cœur, règne u une première couronne de nœuds entrelacés, anciennement appe- « lés lacs d'amour, et autour de celle-ci, une autre couronne d'épines
332 VIE ET Œl'VRES DE MARGUERITE-MARIE ALACOQUE
Notre très honorée Mère ' vous présente ses respects.
Suscription : « Pour ma très chèrement aimée Mère de Moulins. »