Marie-Christine Melin
2. C'est un billet de petit format, sans suscription. En tête de la première page se trouve la « Petite Consécration » dont le titre même est de la main de la Bienheureuse. Sœur de la Barge a ajouté, en surcharge, au texte, quelques mots empruntés à d'autres autographes de la Bienheureuse, notamment à celui qui fut envoyé à la Mère de Soudeilles.
3. Le monastère de TS'evers possède encore un autre autographe de la même « Petite Consécration » envoyée, comme il est dit dans la lettre précédente, avec des images, le 15 septembre 1686, à la Mère de Soudeilles. Il y a quelques variantes que nous allons donner. Nous en avons seulement introduit deux entre crochets dans le texte ci-dessus.
peines et soutîrances, pour ne plus" vouloir me servir d'aucune partie b [de mon être] que pour c l'honorer, aimer et glorifier. C'est ici ma volonté irrévocable que d'être toute à lui et faire tout pour son amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui lui pourrait déplaire. Je vous prends donc, ô sacré Cœur ! pour l'unique objet de mon amour, le protecteur de ma vie, l'assurance de mon salut, le remède d de ma fragilité, le réparateur de tous les défauts de ma vie et mon asile assuré à l'heure de ma mort. Soyez donc ô Cœur de bonté ! ma justification envers Dieu*-' [le Père] et détournez de moi les traits de sa juste colère. 0 Cœur d'amour' je mets toute ma confiance en vous ; car je crains tout/ de ma malice ; mais j'espère tout de(J votre bonté. Consommez donc en moi tout ce h qui vous peut déplaire ou résister1. Que votre pur amour vous imprime si avant dans mon cœur, que jamais je ne vous puisse oublier, ni être séparée de vous que je conjure par toutes vos bontés que mon nom soit écrit en vous, puisque je veux-/ vivre et mourir en qualité de votre esclave. Ainsi soit-il.
a) « pour ne plus me servii » — b) « de mon être » — c) « l'aimer, honorer et glorifier ». — d) » à mon inconstance» — e) « le Père » — f) « de ma faiblesse » — q) « vos bontés » — ■ h) manque : qui — i) « Et que votre pur amour s'imprime si avant » — j) « faire consister tout mon bonheur de vivre. » (Ici sœur de La Barge a ajouté aux mots : « tout mon bonheur » les quatre mots: « et toute ma gloire », empruntés sans doute à un autre autographe maintenant perdu. |
Nous avons encore deux autres leçons contemporaines de la « petite Consécration » : Tune dans le livret de Dijon imprimé secrètement en 1686 et livré au public en 1689 ; et l'autre dans le livret de Moulins, imprimé en 1687.
Le Livret de Dijon donne le texte envoyé à sœur de La* Barge, sauf trois variantes, savoir b et c comme ci-dessus ; et h : « tout ce qui vous désagrée et qui vous peut résister, et que vous vous imprimiez vous-même si avant. »
Le Livret de Moulins offre des variantes plus considérables ; au début : « Je N. me donne à vous ô sacré Cœur de Jésus-