LETTRE
Vous ne pouviez, ma très aimée sœur, m'engager à une plus étroite union avec Votre Charité qu'en aimant le sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, lequel je ne doute point qu'il n'ait bien agréable le sacrifice que vous lui voulez faire de vous-même, pour être toute à lui, et faire et souffrir tout pour son amour, afin que vous puissiez vivre toute en lui-même, selon son désir, d'une vie de sacrifice, d'abandon et d'amour : de sacrifice de tout ce qui vous est le plus cher et qui vous coûtera le plus ; d'abandon total de vous-même aux soins de son amoureuse conduite, le prenant pour votre conducteur dans la voie du salut ; et vous ne ferez rien que vous ne lui demandiez son secours et sa grâce, laquelle j'espère qu'il vous donnera, autant que vous vous confierez en lui. De plus il nous faut vivre de cette vie d'amour, qui nous unira à lui par celui de notre abjection et anéantissement de nous-même, pour nous con-
Christ ! je vous consacre ma personne et ma vie, mes actions, mes peines et mes souffrances, pour ne plus me servir d'aucune partie de mon être que pour vous aimer, vous honorer et vous glorifier. Voilà quelle est ma volonté ; je veux être tout à vous dune manière irrévocable et faire tout pour votre amour en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui pourrait vous déplaire. «
Puis var. d) comme ci-dessus — e) « auprès de Dieu le Père » — var. f) et g) — - et enfin h).
« Détruisez donc en moi tout ce qui peut vous déplaire ou vous résister, et que votre pur amour s'imprime si avant dans mon cœur que jamais je ne puisse vous oublier, ni être séparé de vous. Je vous conjure par toutes vos bontés que mon nom soit écrit en vous qui êtes le livre de vie, puisque je veux faire consister tout mon bonheur à vivre et à mourir en qualité de votre esclave. Amen. »
former entièrement à ses états de sacrifice, d'abandon et d'amour au très saint Sacrement, où l'amour le tient, là, comme une victime tout abandonnée à être continuellement sacrifiée pour la gloire de son Père et notre salut. Unissezvous donc à lui en tout ce que vous ferez; référez tout à sa gloire ; établissez votre demeure dans cet aimable Cœur de Jésus et vous y trouverez une paix inaltérable et la force d'effectuer tous les bons désirs qu'il vous donne, et de ne point faire de fautes volontaires. Portez-y toutes vos peines et amertumes, car tout ce qui vient de ce sacré Cœur est doux, et il change tout en amour.
Aimons-le donc, ma chère Sœur, de toutes nos forces et puissances, et soyons tout à lui sans réserve, car il veut tout, ou rien. Et après nous être une fois toutes données, ne nous reprenons plus, et il aura soin de nous sanctifier à mesure que nous prendrons celui de le glorifier. C'est pour l'amour de lui, ma très aimée Sœur, que je vous prie de pardonner à cette orgueilleuse et méchante pécheresse la liberté que votre humilité vous fait témoigner désirer, par notre chère sœur Cordier ', que je vous dise simplement ma pensée. La voilà sans façon, suppliant cet adorable Cœur de Jésus vous consommer de son pur amour et de vous accorder ma parfaite conversion, laquelle je vous conjure de tout mon cœur lui demander.
Dieu soit béni, aimé et glorifié !
i. Sœur de La Barge avait exprimé ce désir, dans une lettre à sœur Marie-Anne Cordier.