A et B, l. II, Avant-propos
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trouva à la \'isilation le centuple promis. Peu de temps après sa profession, une maladie de lang^ueur sembla lui montrer le terme de sa course. Cet espoir la remplit de joie, car son cœur soupirait après le Bien- Aimé. Cependant les prières de la Communauté furent plus efficaces que les siennes ; et le Seigneur la conserva encore à l'atTection de ses sœurs. Toutes s accordent à dire que c'était une reliijieuse exemplaire, remplie d'ardeur pour sa perfection. t« Mais sa dévotion incomparable a été envers la personne u sacrée de Jésus-Christ. Elle espérait tout de ses bontés^ « elle ne comptait que sur ses mérites infinis, et voulait u tout devoir à ses miséricordes. Etant sujette à de grandes u insomnies, elle passait la meilleure partie de la nuit à « s'entretenir avec lui. » La dévotion au sacré Cœur correspondait trop bien aux attraits de son âme pour qu'elle ne raccueillît pas avec bonheur ; aussi écrivait-elle à la sainte amie de Jésus de vouloir bien la compter au nombre de ses compagnes. La réponse de la Bienheureuse, seule lettre à »on adresse, prouve bien que toutes deux s'étaient comprises : elle ne lui parle que des amabilités et de l'amour le Notre-Seigneur.
Comme à notre Bienheureuse Marguerite, FEsprit-Saint [inspira à sœur Marie-Gabrielle Morant, de faire à la divine fustice une cession entière de ses satisfactions, de ses souffrances et de ses bonnes œuvres, en faveur des âmes du mrgatoire, se soumettant elle-même à brûler à leur place, li Dieu le voulait, jusqu'au jour du jugement. Cette offrande fut-elle acceptée dans toute son étendue, et notre chère sœur dut-elle en subir les rigoureuses conséquences? Il ne nous appartient pas de scruter les décrets divins ; mais il est bien permis d'espérer que les ardeurs de la charité furent un feu purifiant d'où son âme s'élança triomphante vers le lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix.
42« SOEUR FRANÇOISE-LUCRÈCE DE THÉLIS i