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Circulaire âc yiouWns

Marguerite-Marie Alacoque. — III. 30

elle eut grandi et qu'elle eut beaucoup prié, elle comprit que Dieu ne la destinait pas à cet Ordre et se détermina pour celui de la Visitation.

Cette chère sœur se donna à Dieu avec une ferveur qui ne se ralentit jamais ; ce fut le caractère distinctif de sa vertu. Elle avait pris pour devise ces mots si étendus dans leur brièveté :

(( Rien ne m'arrête ! »

La Mère de Montmorency, son illustre marraine, disait « que sa joie était parfaite, voyant en la personne de cette chère filleule un des plus fermes soutiens de l'observance régulière. »

Tout favorisait son progrès dans la sainteté : « les grâces dont elle avait été prévenue, une vertueuse éducation, un naturel des plus heureux, l'esprit infiniment raisonnable et commode, fort généreux et au-dessus de la bagatelle qui ne l'occupa jamais. » Elle était saintement avide de se mortifier et de soufl'rir. « En lui mettant le voile à la profession, on le lui attacha à la peau, sans qu'elle fît paraître par aucun signe, la douleur qu'elle souffrait, restant ainsi jusqu'au soir ; toute occupée à plaire à son Epoux, elle ne crut pas se devoir permettre la plus petite attention sur elle-même. »

Dès ses premières années de religion, sœur Marie-Félice s'engagea par vœu à faire toujours ce qu'elle connaîtrait de plus parfait et de plus agréable à Notre-Seigneur. Un grand serviteur de Dieu, le R. P. de la Mèche, jésuite, comprenant que cette Ame était capable de quelque chose d'héroïque, lui avait permis de s'enchaîner ainsi aux exigences du divin amour. Jamais ses liens ne l'embarrassèrent — ■ au contraire — depuis qu'elle eut prononcé ce vœu, rien ne lui était dillicile et elle l'observa dans une exactitude parfaite, l'espace de quarante-sept ans, au témoignage du R. P. Vaubert, de la Compagnie de Jésus.

(( L'on peut dire de cette très honorée sœur, dans la

plus exacte vérité, qu'elle ne s'est jamais regardée ellemême, étant uniquement occupée de Dieu et du bien de la religion, au service de laquelle elle s'est consumée, sacrifiant tous ses intérêts sans ménagement. C'était une âme droite, toute à ses supérieures dont elle a été toute sa vie le conseil et le soutien, surtout de notre très honorée Mère Louise-Henriette de Soudeilles, avec laquelle elle a toujours vécu dans une parfaite intelligence et une étroite amitié. »

Xotre-Seigneur se faisait souvent sentir délicieusement à cette àme dégagée d'elle-même et des créatures. Un jour, il lui dit : « Abandonne-toi à moi et me laisse faire ! » — Cette parole porta grâce en elle et la fidélité qu'elle a eue à y répondre a été le fondement de toute sa perfection. Sa confiance répondait à ce grand abandon : elle ne craignait rien tant que de manquer de confiance en Dieu. »

Les lettres que la Bienheureuse lui écrit sont toutes pour la confirmer dans cette voie. Cette précieuse correspondance ne remonte pas au delà de l'année 1688. Ce fut à l'occasion de son élection, après la supériorité de la Mère de Soudeilles, que la Mère Marie-Félice Dubuysson reçut, par l'entremise de la sœur de La Barge, les premiers respects de l'humble Sœur Marguerite-Marie Alacoque. La nouvelle supérieure, saisissant l'à-propos, en profita pour lier des rapports épistolaires avec la Servante de Dieu, qui, dès lors, lui donna une place de choix dans ses affections. La Mère Marie-Félice avait reyu du ciel des talents remarquables pour la conduite des âmes. Notre-Seigneur la gouvernait à son gré, et, par elle, toutes les personnes qu elle dirigeait. Ayant été supérieure ou maîtresse des novices pendant de longues années, il arriva que, sur la fin de sa vie, cette bonne Mère n'avait plus autour d'elle que des religieuses formées de sa main. Plusieurs monastères de 1 Ordre ambitionnaient le bonheur de l'avoir pour supérieure et la demandaient à la maison de Moulins. Mais la

vénérée Mère Louise-Henriette de Soudeilles, qui l'avait toujours regardée comme le trésor de sa Communauté, s'opposa aussi toujours à sa sortie. « Oui, je vous assure « qu'elle est sainte, disait-elle un jour, et plus sainte qu'on « ne peut comprendre ! »

A ce témoignagne d'un si grand poids, s'ajoute celui de toute la Communauté de Moulins qui assure que, pendant les neuf ans du gouvernement de la Mère Marie-Félice, on éprouvait dans le monastère combien il est avantageux d'être sous l'obéissance d'une supérieure qui n'agit que par l'esprit de Dieu et que celles des sœurs anciennes qui avaient connu la vénérable Mère de Chantai trouvaient beaucoup de rapports entre la conduite de cette sainte Fondatrice et celle de la Mère Dubujsson.

Il plut au Seigneur de la mettre à de rudes épreuves les dernières années de sa vie : souffrances de l'âme et du corps vinrent fondre sur elle pour la purifier. Mais, toute perdue dans l'abîme de la volonté de Dieu, elle disait : « Pour ({ moi, je ne veux, ni ne demande, ni ne désire rien que « de faire la volonté de Dieu — il n'y a que cela de bon au « monde ! »

Ce fut le 7 décembre 1715 que la Mère Marie-Félice s'endormit dans la paix du Seigneur. Elle était âgée de soixante-dix-neuf ans, dont soixante-deux de profession.

SOEUR MARIE-GABRIELLE MORANT i

Fille d'un conseiller au présidial de Moulins, elle méprisa dès sa jeunesse une position flatteuse selon le monde, préférant l'humble gloire des servantes de Jésus-Christ, et

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