‹ Vie et œuvresChapitre 15 sur 265 · Mgr de Rossillon de Bernex · texte numérisé non relu

Mgr de Rossillon de Bernex

fier ne refusera pas de vous en donner une expédition authentique. Au cas qu'il en fît difficulté, « vous devez, « dit-il, vous pourvoir à Tofficial ou grand vicaire, par « requête, où vous exposerez que vous avez besoin de copie « de ce procès-verbal, pour solliciter à Rome et y mani- (( fesler la sainteté de votre Sœur Marguerite-Marie Ala- « coque. Sur la requête, il ordonnera que copie vous soit « délivrée, en payant salaire au greffier et cela ne soufï're « pas de difficultés. »

Gomme ce procès-verbal est entre nos mains tout cacheté et qu'on ne peut l'ouvrir, nous ne savons comment nous en pourrons avoir une copie en votre ville, s'il y a été porté tout cacheté et qu'il en soit revenu de même. Cependant nous vous supplions, ma chère Mère, de vous informer au greffe comment cela se pourra faire ; car nous demandions à Monseigneur de Soissons s'il fallait un ordre de notre Prélat ou de la Cour de Rome pour ouvrir ce paquet, n'osant l'exposer sur mer sans en avoir du moins une copie authentique, ni même \j envoyer sans ordre. Voilà sa réponse, où je vous avoue, ma chère Mère, que je ne comprends rien; et le Père de Gallifîet attend toujours ma réponse, que je lui ferai dès que j'aurai reçu la vôtre, ma chère Mère. On attend la requête pour la signer, le Père de Rosières lui en ayant écrit, parce que le style de la Cour de Rome est différent : de celui de France.

Nos Mères de Dijon et de Paris ^ voulaient que ces dernières en présentassent une au nom de l'Institut à Messeigneurs les évêques de l'Assemblée du clergé de France, pour les engager à demander eux-mêmes la fête du sacré Cœur universellement dans l'Eglise au Saint-Père. Mais la

1. A cette époque la supérieure du monastère de Dijon était la Mère Madeleine-Séraphine de Thésut-Ragy. Le premier monastère de Paris était gouverné par la Mère Anne-Augustine Bellavoine ; le second monastère par la Mère Thérèse-Angélique de Tourmont, le troisième par la Mère Marie-Louise de Bartillat.

soeur Gréard rayant appris leur a mandé de ne se point presser là-dessus qu'on n'en ait demandé l'avis à Monseigneur de Marseille, parce qu'il se pourrait faire que grand nombre de prélats s'y opposeraient et feraient échouer le dessein qu'[on] a pris à Rome.

Nous avons reçu réponse d'Annecy', qui consent à tout ce qu'on voudra et remet tout à nos sœurs de Paris, ayant la même idée sur le clergé de France, de lui présenter requête. Nous avons vu, ma chère Mère, dans la lettre de ma chère sœur Durye' que vous prétendiez en présenter une à Mgr notre prélat*^ pour obtenir cette illustre fête dans votre ville, vous l'ayant promis dès que vous la lui présenteriez. Il nous a accordé la faveur sous les mêmes conditions, et nous vous prions de nous mettre avec vous, ma chère Mère, et de la demander pour tout le diocèse, ou tout au moins pour Moulins etParay, si vous croyez de ne pouvoir en obtenir devantage.

Nous vous sommes très obligées, ma chère Mère, de ce que vous nous marquez au sujet de la visite. Je crois que les grandes eaux retiennent à Autun Monsieur de Maizière. Nous vous rendons grâces de votre confiance et vous rendrons le retour. Nous souhaiterions bien savoir si c'est un Jésuite qui est votre confesseur ordinaire, ou si vous en avez pris un du clergé.

Nous recevons de tous côtés des lettres de nos Monastères en réponse. A ce moment, je reçois la vôtre toute obligeante, sur l'avis que Monseigneur de Marseille nous donne et que vous avez la bonté de nous faire savoir. Nous

1. La supérieure d'Annecy était alors la Mère Françoise-Madeleine Favrc de Charmette.

2. Sœur Marie-Françoise Durye était professe de la Visitation de Moulins, dont elle devint supérieure en 1744. Elle mourut avant la fin

!e son premier triennat, ayant surtout été remarquable par sa tendre lévotion pour la personne adorable de Notre-Seigneur au saint "îacrement et pour le sacré Cœur.

.3. Mgr Antoine-François Blitersvich de Montcley, évoque d'Autun.

4o VIE ET ŒUVRES DE MARGUERITE-MARIE ALACOQUE"

Talions mander incessamment aux RR. Pères de Galliffet •et de Rosières. Vous avez raison, ma chère Mère, de dire que la Compagnie de Jésus mériterait l'estime du monde entier ; mais il est rare que ce qui est digne de l'être obtienne tous les suffrages.

Je vous remercie de votre attention à tout ce qui concerne notre sainte affaire et j'ai l'honneur d'être dans l'amour sacré, ma très honorée Sœur,

Votre très humble, indigne sœur et servante en N.-S.

S^" Anne-Elizabeth de la Garde, d. 1. V. S. -M.

J'attends de vos chères nouvelles par Pierrefîte, adressées à M. Lempereur vicaire.

Vive -f Jésus

De notre monastère de Paray, ce 1725.

Vos bontés, ma très honorée sœur, nous pénètrent toujours davantage; et toute notre Communauté, à qui nous faisons part de vos lettres, remplies du plus pur esprit de notre chère Visitation, en est charmée aussi bien que nous, et dans une édification qui nous anime et enflamme nos cœurs de cet amour de Tadorable Cœur de Jésus, dont les vôtres sont tous embrasés.

Nous continuons toujours à recevoir les consentements de nos principaux monastères — car de tous, ce serait de gros frais, et comme plusieurs nous ont mandé, il n'en est aucun qui s'y oppose et on peut sûrement les nommer tous en général, sans le demander en particulier.

Nous a t tondons la rénonse du R. Père de GalliUet et nous lui marquerons la dif(iculté que nous avons eue de lui envoyer encore la copie authentique du procès de la vie et mœurs de notre V. Sœur Alacoque. Nous vous rendons mille o^ràces, ma chère Mère, et à Monsieur Tofficial, votre I digne Supérieur ', des soins que vous vous êtes donnés tous deux pour cette sainte affaire. Avant que de vous envoyer le procès cacheté, comme nous l'avons, pour le faire ouvrir à Tofficialité, comme vous nous le marquez, nous voudrions savoir si cela ne nuira en rien à l'espèce de serment que nous avons fait de le garder entre nos mains et ne le faire point sortir d'ici sans un ordre exprès, soit de Rome ou d'Autun par Monseigneur notre Prélat. En second lieu, ce procès est d'environ de deux mains de papier de la grandeur de celui-ci, selon qu'on le peut conjecturer, étant plié et cacheté. Nous craignons que les frais d'une copie du greffier de l'offîcialité, avec le procès-verbal de l'ouverture de ce même procès, ne coûtent excessivement. Vous savez à présent, ma chère Mère, combien l'argent est rare, et à nous, bien plus qu'à votre chère Maison très sûrement ; ainsi, ayez la bonté, ma chère Mère, de vouloir bien vous informer combien pourrait coûter cette copie, avant que nous vous envoyions le procès pour la faire faire. Nous vous le ferons bien tenir par Pierrefîtte. Nous avons eu l'honneur de vous écrire, ma chère Mère, par cette voie avant recevoir votre obligeante et dernière réponse, où nous vous la demandions, surtout sur la fête du sacré Cœur. Si nous avions su qu'il eût fallu le concours des magistrats de cette ville, nous l'aurions obtenu facilement ; mais ce sera pour une autre année, la requête ne serait pas appointée avant la fête ; mais nous ne nous y oublierons pas à l'avenir.

Nos sœurs d'Aurillac et du second monastère de Mar-

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