DU DOMAINE DE LHAUTECOUR APPARTENANT A M^'^ JEAN ALACOQUE
29 octobre 1638
Par devant le notaire royal soussigné et présents les témoins en bas nommés, a comparu en personne M''^ Jean Alacoque, prêtre, sachant etc., à titre de grangeage baille^ délivre et remet avec promesse de maintenir et garantir à Biaise Ternille et Catherine Morin sa femme, gens de labeur d'Arthus, paroisse de Beaubery, ledit Ternille présent et recevant pour lui et ladite Morin, sa femme absente ,^ qu'il promet faire ratifier aux présentes toutes et quantefois que requis en sera, à peine de tous dépens, dommages et intérêts, et ce pour temps et terme de quatre ans consécutifs et quatre perceptions, qui en commenceront à la prochaine fête S^-Martin d'hiver prochaine venant et à tel jour Unissant, son meix et domaine de Lhautecour consistant tant en bâtiments, prés, terres, bois qu'autres choses, pour par lesdits mariés Ternille, bien et dûment labourer les. terres et cultiver les héritages dudit domaine, iceux ensemencer de bons et sufiîsants essements qui se fourniront par moitié entre les parties ; et les fruits qui en proviendront se partageront en la terre ou en la grange, en gerbes ou au boisseau, au choix dudit l^ailleur. Quant aux fruits des arbres ils se partageront au panier sous les arbres ; tous lesquels grains et fruits lesdits preneurs seront tenus amasser ou faire amasser à leurs frais, moyennant quoi ils lèveront tous les ans sur la taupière commune des parties deux bichets seigle pour affermer un homme pour aider à
LA FAMILLE KT LE PAYS DE LA lUEMIEUREUSE TiiO
lever losdits fruits. Comme encore prendront tous les ans trente sols pour la prinse du bétail, tant sur l'un que sur 1 autre, pour le forgeage ; et où il n'y aurait aucune prinse ^era ledit sieur curé tenu leur payer par an quinze sols. Seront tenus lesdits preneurs bien et dûment faucher les
foins et les rendre bien secs, tous les ans, dans les ' ;
bien et dûment sercler les froments, essaigner les prés, curer les raies anciennes et en faire de nouvelles si besoin fait, plessir - les haies vives et serper et arracher les superflus ; gluer les pailles seigles pour l'entretiennement de la couverture des bâtiments, amasser les voilions*^ et perches nécessaires pour lesdits couverts, lesquels couverts seront faits aux frais dudit sieur curé en, par lesdits preneurs, servant les couvreurs; planteront tous les ans lesdits preneurs, dans lesdits héritages dudit domaine, six sauvageons prêts à enter, charroiront tous les ans du bois pour le chauffage dudit bailleur, en la maison où il résidera ; lui feront tous les ans deux charrois pour aller quérir du vin, soit au lieu de sainte Cécile ou ailleurs où il plaira audit sieur curé, comme aussi en feront deux pour eux, soit pour charrier <lu vin ou autre chose qu'ils trouveront à leur profit particulier. Seront tenus garder lesdits preneur audit bailleur tous les ans demi douzaine chefs '* soit brebis ou moutons, •où ils ne prendront aucune chose; payeront audit sieur curé, tous les ans, pour la pitance, six douzaines d'œufs de poule, quatre douzaines fromages, et bailleront la moitié du beurre, audit bailleur, qu'ils pourront avoir pendant ledit grangeage et à tous les vendredis, bailleront tous les ans à la S^-Martin six chapons, comme encore s'est réservé ledit