‹ Vie et œuvresChapitre 17 sur 265 · La Mère Françoise-Bénigne d'Orlyé de Saint-Innocent · texte numérisé non relu

La Mère Françoise-Bénigne d'Orlyé de Saint-Innocent

CAUSE DE BÉATIFICaViON ET DE CANONISATION 51

que nous demandons et qu'il a en orip^inal, n'ayant point de copie de la déposition et le Père de GallifTet nous demande surtout les témoignages de la sainteté de cette Amante du sacré Gceur, donnés par ses supérieures, avecle procès ou la copie authentique du procès de la vie et mœurs, que nous vous avons demandée, ma chère Mère, et qui ne se trouve pas à Moulins.

^'ous pourrez voir ce que Monseigneur de Soissons voudra bien vous adresser pour nous et peut-être avez-[vous] eu autrefois chez vous ce cahier de la Mère Greyfîé, ou du moins sa copie. C'est une très belle chose.

Ce porteur va, je crois, un peu plus loin que Moulins et nous rapporterait bien de vos chères nouvelles à son retour. Si vous aviez, ma chère Mère, quelque charité à faire et que vous voulussiez l'en gratifier, vous feriez une bonne œuvre, n'ayant que ce qu'il gagne à voyager pour ceux qui se l'envoient.

Je serai toujours avec un respectueux attachement, ma très honorée sœur,

Votre très humble, indigne sœur et servante en N.-S.

Sœur Anne-Élizabeth de la Garde Marzac, d. 1. V. S.-M.

Vive -|- Jésus !

De notre monastère de,Paray, ce H juin 1725.

Je ne puis me trop presser, ma très honorée sœur et chère Mère, à vous apprendre que nous avons reçu la requête que le R. Père de Galliffet nous envoie de Rome, de sa composition, à

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ce que je crois. Elle est en latin, mais d'une beauté et d'une élégance, à ce que disent nos Pères Jésuites, qu'ils en sont dans l'admiration. Elle est au nom de l'Institut, mais présentéepar le monastère de Paray , et il y est fait mention de la révélation de Sœur Alacoque, sans la nommer. On y parle aussi des vœux que plusieurs prélats ont faits au sacré Cœur et du fruit que leur piété en a retiré. Tous les principaux monastères y sont nommés, et le reste en g^énéral ; mais on n'y explique point ce que c'est que cette dévotion, ni les objections que l'on fait contre elle ; cela serait trop long^ pour une requête. C'est dans un livre à part, que ce R. Père a composé et qu'il présentera au Pape avec la requête, qu'il explique tout ce que c'est que l'essentiel de la dévotion et il n'y a pas oublié les objections de Monseigneur de Marseille, que nous n'avons pas laissé de lui faire savoir, afin de ne rien oublier pour détruire les faux préjugés qu'on peut avoir à Rome contre cette illustre fête que la plupart du monde chrétien désire de célébrer avec tant d'ardeur.. Vous nous direz, ma chère Mère, comment vous l'avez solennisée et si votre requête a été entérinée à temps; nous serions bien aise d'en avoir une copie, si Messieurs vos Magistrats voulaient bien vous la remettre. Elle servirait de modèle aux nôtres pour en obtenir une pareille grâce pour l'année qui vient. Monseigneur notre digne Prélat nous l'ayant promis. Nous souhaiterions savoir son adresse à Paris, en cas de besoin pendant son séjour, parce que il faudra peut-être nous donner l'honneur d'écrire à Sa Grandeur, si Monsieur de Maizière ne vient pas toujours pour faire la visite, ayant des permissions à lui demander et surtout voulant le ressouvenir de parler à Monsieur le marquis de La Vrillière, pour nous faire avoir la pension de notre petite nouvelle convertie ^, qui se jeta l'année passée céans

1. Cette jeune enfant était M^^^ Viridet. Née à Paray de parents hérétiques, elle eut le bonheur de reconnaître elle-même la fausseté de sa religion et le courage, à l'âge de neuf ans, de se soustraire à sa

et que ses parents ont abandonnée par cette raison. Monsei^ii^neur avait envoyé à ce marquis un Mcnioirc touchant cette jeune enfant, pour lui faire avoir quelque chose; mais il n'en avait point eu de réponse et nous attendions toujours Monsieur de Maizière, pour le prier de l'en ressouvenir en lui écrivant à Paris.

Nous avons vu Monseigneur l'archevêque de Vienne^, qui a rendu à cette Communauté la visite la plus gracieuse •et la plus obligeante, jusqu'à nous presser de lui donner nos lettres, pour éviter les ports, à nos monastères de Lyon ^t de Dauphiné et qu'il les rendrait sûrement. Il donna [mot déchiré] louis d'or de 16 1. à la petite nouvelle convertie, à qui il fit beaucoup de questions et Son Altesse l'exhorta fort à la persévérance et à bien apprendre à travailler pour gagner sa vie, car il sait bien que nous ne sommes en état •de la recevoir religieuse sans dot, comme nous avons fait autrefois quelques-unes de cette religion huguenote.

C'est par un Monsieur de Paris, nommé Mion, dont la mère est de Paray, que nous avons l'honneur de vous écrire; elle aura dans quelques mois celui de vous porter de nos nouvelles à son retour à Paris. Honorez-nous d'un mot de réponse par Pierrefitte, vous ayant écrit deux fois de suite par cette voie, d'autres nous ayant manqué.

Croyez-moi, ma chère Mère, dans l'amour sacré, avec un tendre et respectueux attachement.

Votre très humble, indigne sœur et servante en N.-S.

S"" Anne-E. de La Garde Marzac, d. 1. V. S. -M.

famille pour embrasser la foi catholique. C'est dans ce but qu'elle vint demander un asile au monastère, où sa persévérance et sa ferveur lui méritèrent de recevoir le saint liabit à l'âge de 22 ans, et de faire ensuite profession sous le nom de Catherine-Euphrasie. Elle mourut en 1765, après une vie toute d'abnégation.

1. Son Altesse Mgr le prince Henry-Oswald de la Tour d'Auvergne, archevêque de Vienne, de 1721 à 1745. Il devint cardinal le 17 mars 1745, et mourut le 23 avril 1747.

La Mère de Bellecour [premier monastère] s'appelle [Anne-Eléonore] Degarest, et celle des Chaînes [troisième monastère, Françoise-Marie-Anne] de Rochebonne, à Lyon. A Dijon [Marie-Catherine] Lantin et [Anne-Aimée] de Givry, à Charolles ^

Vive -j- Jésus !

De notre monastère de Paray, ce 8 juillet 1725.

L'on ne peut être plus sensible, ma très honorée sœur, que je la suis à votre indisposition, et j'aurais eu l'honneur de vous en assurer plus tôt, si une fluxion à la tête et sur les dents, qui me causait la fièvre m'eût permis de me satisfaire, en vous témoignant, ma chère Mère, combien je m'intéresse à tout ce qui vous touche et combien votre conservation nous est chère et précieuse. Nous la demandons fort au Seigneur et le supplions qu'il vous rende une santé parfaite. Votre caractère m'a fait un plaisir infini, ma chère Mère, comme une marque que vous commenciez à vous remettre. Je rends mille grâces à ma très honorée sœur votre unique et précieuse Déposée de la peine qu'elle s'était donnée de nous écrire de votre part. Jelapriede m'excuser, si je ne lui en fais pas mes remerciements en particulier, n'étant pas encore bien remise.

Pour ce qui regarde ce qu'elle nous marquait d'envoyer à Moulins le paquet cacheté du procès de la vie et mœurs de notre V. Sœur Alacoque, comme nous attendons une réponse de Rome, du Père de GallilTet, là-dessus, nous ne

1. De nouvelles élections venaient d'être faites dans ces différents monastères.

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prolîlons pas de la bonne occasion de maître Auger pour vous le faire rendre par lui on main propre. Nous aurions bien souhaité, ma chère Mère, savoir à peu près ce que le greffier en pourrait demander, étant, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, d'environ deux mains de papier de la grandeur de cette lettre, la rareté de l'argent ne nous permettant pas d'y mettre beaucoup ; et nous sommes bien éloignées de pouvoir fournir à la dépense de faire venir céans Monsieur l'oflicial, pour y procéder juridiquement. Nous voudrions être en état de le faire ; nous nous ferions un plaisir d'avoir l'honneur de connaître de plus près votre digne Supérieur. Nous n'attendons de longtemps Monsieur de Maizière, nous ayant demandé l'état de notre temporel et se trouvant accablé d'affaires, pour faire la visite du spirituel.

Voilà, ma chère Mère, la requête qu'on a présentée au Saint-Père, traduite en français. Vous savez qu'on ne va pas si vite en Cour de Rome que de demander d'abord la fête du sacré Cœur de Jésus. Il faut commencer par demander l'approbation de l'office et de la messe de ce divin Cœur, avant d'obtenir la dernière grâce ou faveur. Le R. Père de GalliiTet présentera un livre en latin, de sa composition, pour expliquer cette sainte, dévotion et lever tous les obstacles qui la combattent. Ainsi vous voyez qu'il faut aller doucement pour ne pas manquer son coup et que, lorsque Sa Sainteté aura permis l'office et la messe, il accordera plus facilement la fête universelle, lorsqu'on la lui fera demander par plusieurs Couronnes.

Nous ne savons point encore, ma chère Mère, ce que Monsieur de Marseille aura conseillé à nos sœurs de Paris, pour présenter la requête à l'Assemblée du Clergé, selon la pensée de nos sœurs d'Annecy et de Dijon, pour demander cette fête à tous ces prélats dans leur diocèse. Les Mères Gréard, de Rouen \ conduisent tout par leurs bons

1. La Mère Marie-Agnès Gréard, dont il a déjà été parlé, avait une

conseils, étant extrêmement zélées pour cette sainte dévotion, surtout la Déposée, Marie-Agnès. Je ne sais si sa sœur est réélue, ou si elle est supérieure depuis cette Ascension dernière ^.

Conservez-vous, ma chère Mère, et nous croyez, dans [un] attachement respectueux,

Votre très humble, indigne sœur et servante en N.-S.

S*" Anne-Élizabeth de La Garde Marzac, de la V. S^^-Marie.

Je vous supplie de ne pas faire aller plus loin cette requête. Nos Monastères qui n'y sont pas nommés en seraient fâchés ; mais elle a été faite à Rome, avant que nous eussions reçu leurs consentements.

œur qui partageait admirablement sa dévotion et son zèle pour la gloire du sacré Cœur: c'était la Mère Marguerite-Séraphine Gréard, qai gouverna, elle aussi, douze ans le premier monastère de Rouen, de 1719 à 1725 et de 1731 à 1737. Elle mourut le 31 décembre 1741. 1. C'est la Mère Marie-Agnès Gréard qui fut élue supérieure au premier monastère de Rouen à l'Ascension de 1723.

MIRxVCLES ATTRIBUÉS A LA SERVANTE DE DIEU

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