‹ Vie et œuvresChapitre 191 sur 265 · DES HABITANTS DE VEROSVRES CONTRE LA VEUVE ALACOQUE · texte numérisé non relu

DES HABITANTS DE VEROSVRES CONTRE LA VEUVE ALACOQUE

10 mars 1659.

Monsieur,

Je VOUS envoie les présents porteurs, habitants de Verosvres pour vous prier de voir les pièces du procès qu'ils ont avec la veuA^e du feu sieur Lacoque et de faire consulter leur cause par les plus fameux avocats de votre parlement, afin que s'il y a tant soit peu de doute en leur cause ils sortent d'affaire, car leur partie y a été disposée par ordre de M. le baron Després leur maître. Si l'on juge par conseil qu'elle soit indubitable ils suivront leur cause d'appel jusqu'à arrêt définitif; auquel cas vous prendrez garde et observerez qu'au préjudice dudit appel il y a eu sentence par laquelle il a été ordonné, sans préjudice dudit appel, que les habitants ne la cotiseront qu'au pied du rôle qui a causé le procès, qu'est à raison de neuf livres et quelques sols par chacun cent de livres. C'est pourquoi leur partie ne veut pas payer les tailles qu'à la susdite raison. Néanmoins il semble que puisqu'il y a appel de la sentence définitive, que la seconde ne peut retarder le payement de sa cote ordinaire, pour laquelle avoir en cas de contestation ils croient qu'il faudra être encore appelants de cette dernière sentence ou bien bailler requête à la Cour pour la joindre au précédent appel. M. le baron Desprès vous recommande cette affaire et de faire en sorte que les habitants ne plaident témérairement. Si l'on plaide, il leur faudra un compulsoire pour

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avoir paiement de toutes les acquisitions que leur partie a faites depuis le décès de son mari et de celles qui sont depuis le rôle où l'on renvoie le pied de sa cote.

Les présents porteurs vous prieront de leur restituer les pièces qu'ils vous ont remises en l'an 1651, touchant les i^ens de guerre qu'ils ont eus, espérant que puisque messieurs vos élus n'ont rien voulu dire, que ceux du CharoUais leur soulageront de leurs impositions.

Quant à moi je vous prie nous faire participants des nouvelles de votre pays, quoi attendant, après vous avoir baisé humblement les mains, je serai

Monsieur,

Votre très humblement affectionné serviteur,

Deschisal'lx.

à Dompierre, le 10 mars 1659.

Au verso de la première feuille de cette lettre, la note suivante, de la même écriture :

Gomme la paroisse est pauvre, les plus aisés se sont retirés pour aller grangers et seigneurs des lieux voisins et ont fait signifier leur Recedo. C'est pourquoi il vous plaira de leur en faire éclaircir, savoir si un habitant quittant son bien pour être granger dans une autre paroisse pour un peu de. temps y peut porter ses tailles.

A Monsieur Monsieur Bouthier

procureur en parlement à Dijon.

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