LA FAMILLE ET LE PAYS DE LA IMEMIEIUEUSE
question du Terreau ». Dans ce travail, M. Gucherat prenait à partie M. Hou^aud cjui en son Histoire de la B^^ Marguerite- Marie publiée en 1874 (1 vol. in-8'\ Paris, Poussiel^ue) avait nettement soutenu la thèse de Lhautecour. Il le réfutait, sinon viclorieusenient, du nioins avec des apparences de raison, d'autant qu'il relevait dans l'exposé de M. Bougaud quelques erreurs assez grossières, lesquelles d'ailleurs n'infirmaient aucunement l'affirmation de cet historien distingué concernant Lhautecour.
Outre le témoignage des Contemporaines et la déposition de M. Guilloux, M. Gucherat apportait en preuve la déposition de deux religieuses de la Visitation, lors de la procédure apostolique de 1830. De plus, il alléguait plusieurs adresses de lettres récemment découvertes, ainsi libellées : « à Monsieur Alacoque, juge du Terreau au Terreau ». En résumé, la thèse de M. Gucherat était que M. Glande Alacoque, notaire royal à Lhautecour avait quitté sa maison de Lhautecour, à la suite d'nn incendie, et s'était fixé au Terreau. G'est là que Marguerite avait vu le jour.
Gette conclusion d'un historien sérieux qui avait passé la plus grande partie de sa vie à Paray et voué son travail aux recherches historiques ne pouvait manquer de faire impression sur le public. Aussi bien, plusieurs des auteurs qui écrivirent, depuis lors, sur la Bienheureuse adoptèrent son opinion. Le R. P. Daniel lui-même, dans sa 4^ édition publiée en 1874, prit parti pour le Terreau, tout en faisant des réserves.
Gependant, sur place, à Verosvres et lieux voisins, on cherchait, on fouillait les archives, les terriers, les minutes des notaires, si bien qu'en 1879, M. l'abbé Paul Muguet, curé de Beaubery, publiait une thèse opposée à celle de M. Gucherat, sous ce titre : « Lhautecour, ou la vérité sur le lieu précis de la naissance de la B"*" Marguerite-Marie Alacoque, en la paroisse de Verosvres. » (Mûcon, Protat, in-8'^ defJOp.).
Du travail de M. Muguet, il résulte très clairement que M. Claude Alacoque, notaire royal et juge de la seigneurie du Terreau, demeurait aux Janots, hameau de Lhautecour. Des actes authentiques se rapportant aux années qui ont immédiatement précédé ou suivi la naissance de Marguerite ne laissent aucun doute sur ce point. Par conséquent, notre Bienheureuse est née au domicile de son père, aux Janots de Lhautecour. D'ailleurs, M. Muguet a prouvé surabon^ damment que M. Claude Alacoque n'a jamais habité le Terreau. Que l'on lui ait adressé quelques lettres au Terreau, il n'y a rien de bien surprenant à cela, puisqu'il était juge du Terreau. D'ailleurs, d'autres correspondants écrivaient * a Juge du Terreau à Lhautecour ». Et même, après la date de sa mort, on trouve des actes authentiques qui le qualifient : « vivant notaire royal à Lhavitecour, »
Quant aux preuves contraires il est aisé d'en montrer la faiblesse :
1^ Les Contemporaines, témoins irrécusables de tout ce qui se rapporte à la vie religieuse de leur B'^*^ sœur, sont peu compétentes pour les faits qui concernent la naissance de Marguerite. On n'a pas de peine à préférer à leur témoignage celui de Chrysostome.
2^ M. Guilloux étant seul à affirmer, 174 ans après l'événement, un fait contraire à la tradition^ il faut conclure qu'il s'est trompé ou même qu'il y a eu erreur du secrétaire qui a enregistré sa déposition.
3*^ Le témoignage des deux religieuses qui ont déposé, en 1830, en faveur du Terreau, est annulé par celui de quatre autres sœurs qui ont tenu pour Lhautecour, d'autant que l'une des deux déposantes déclare le savoir pour l'avoir lu dans un Mémoire.
4** Les suscriptions de quelques adresses de lettres ne peuvent prévaloir contre les actes authentiques dressés par les contemporains K